‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 36 sur 191 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

« Et qui verse en do8 cœurs, avec Tame et le sang; « Et la haine dn nom et le mépris du rang (1). •

Dès qu'on quitte le monde poétique et oratoire , dés qu'on descend de cette vie parée et théâtrale à la vie réelle et nue, on se trouve en face d'un ordre d'idées tout différent. On voit la royauté interdite, mais la mémoire des rois consacrée. Leurs statues sont conservées au Gapitole. Apollon et Junon sont invoqués sous les noms augustes de roi et de reine. €es mêmes noms reparaissent dans les fonctions sa* cerdotales : le roi des sacrifices ou plutôt le roi des choses sacrées occupe dans cette hiérarchie la place immédiate après le souverain pontife; il est quelquefois confondu avec lui , et son habitation s'appelle la maison du roi , Regia. Dans qne ode célèbre , conservée par Stobée , Erinna ou Melinno femme poète, probablement contemporaine des Antonins , donne à la ville éternelle tous les attributs delà royauté.

i Salut , ô Rome, fille de Mars, reioe belliqueuse au diadème d'or, qui habites sur la t^re un magnifique Olympe , un Olympe inviolable!

« A toi seule l'auguste destinée a départi le royal honneur d'un empire inébranlable, afin que, douée

(l)Com. Pompée, lil, 9. — Napoléon avait cependant Wmé Talma d'avoir trop appuyé sur ces vers. Il avait remarqué qne César qui les prononce^ ne parle pas sincèrement; cela est Yrai> mais contradictoire avec son opinion sur le même sujet. I. 4*

d'une force souveraine, lu marches à la tôle des cités (1) ».

Enfin ]es nobles familles qui prétendaient descendis des rois de Rome , loin de dédaigner oo d'éluder cette origine, l'étaient avec complaisance, et, pendant toute la durée de la république , une loi abrogée seulement depuis ))ar la jalousie rivale des empereurs, leur permet de placer sur les médailles à côté de leur effigie , le profil de l'un des antiques rois , leur ancôtre réel ou présumé. En pleine république , la tôte de Numa, ceinte du diadème, est frappée sur les bronxes domestiques des Pisons. A nous Martius parait sur ceux des Serviliens, et les traits réunis des deux rois attestent que Coriolan et toute la race Martienne étaient fiers d'eli descendre (3). La lyre des poètes courtisans s'empresse de chanter ces origines (3). Ce n'est pas avec plus de raison qu'on a représenté les Romains pénétrés de mépris pour les rois étrangers. Si la cruauté et la ruse sont l'expression naturelle du mépris , les Romains s'y li-

(1) Religions de l'antiquité; traduit de l'allemand du docteur Frédéric Creuzer, par J. D. Ouigniaui. T. Il, première partie, p. 6S4. in-S, Paris, 1895.

{%) Spanheim, de usu Num. T. II, p. 18 et 19. (3) «Maecenas atavis édite regibus » Hor Od. 1 1. « Sic ego, sic Clio : Clari monumenla PhUippî Aspicis, undè trahii Marcia casta ^enus ; Mareia sacriioo dedwstum nomen ab Anoo, . in quâ per focies nobiUtale suA. » Ovid. Fastorum VI.

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