LIVRE I
vrérent avee esteès. Après des irionphet dificile» meot eonqttis, ces fiers répoblieaiBS faisaieat étran* gler dans les prisons mamerlines les rois vaincus ei leurs familles. Il fallait se sentir échappé d'un grand pérîi pour en venir à une telle vengeance. Tant de Iftcheté n'était qu'un tiommage. On a trop jugé des relations de Rome avec les rois par lea sévices <fii'AntiONse exerça sur les Tétrartfiies éd Judée. Un empereur» un proconsul les décapitait» lea emprisonnait, les mettait en croix au gré de éon ca^ price, et leurs filles jetées dans le lit des affiraneh»» soulevaient les imprécationsdeRomeylorsqu'àcette ignoble co«icbe».eUes voulaient substituer iefmbmat ÀMguMtal. Mais lesDrusilIe, les Bérénice, n'avaient aucun caractère dynastique. Sortie des sables de l'Arabie, la famille deftHérodiades avait été substituée par les Romains eux-mêmes anx Asmonéens». rtîs et grands'prètres de la Judée. D'ailleurs» l'es*prit monarebique était» nous l'avons vu» tropétran* ger à la législation de Moïse pour que Rome craignit de s'aliéner le peuple juif en toucbant à ses rois. Ce n'est pas à la royauté que le génie liébraîque avait confié sa croyance et son espoir. Pour les Juifs, comme pour les Romains , un Hérode ou un Agrippa n'était guère qu'un fiscal de l'em*pire. Il ne faut point essayer de ternir la gloire de Rome, c'est une des propriétés du genre humain. Rome détruisit ces royautés grandes om petites qui
seuvenl l'avaient jelé daos de morlelke transes; etie tira raison non seulement des faibles rots d' A* diabène ou de Gomagènes , elle devint non sealement maîtresse du bibliophile Attaleou de Prusias son affranehi volontaire, mai^ elle vainquit Jugartfaa, Mithridaie , même les Séleacides de Syrie , et les Lagides d'Egypte, ces descendants d'un soldat d'Alexai^dre; toutefois, une femme , une reine tint Rome en échec et la fit trembler.
Gléopàtre a laissé dans les imaginations une trace éblouissante et profonde. La vieille aristocratie hahsait en elle l'alliée de César et d'Antoine , ou peut** être l'appui et l'instrument d'une révolution dans les idées; mais cette haine politique n'altérait point le renom de la belle Ptolémaide. La reine (elle n'avait pas d'autre nom à Rome , et Cicéron, son ennemi mortel, la désigne toujours ainsi), la^reineétait l'admiration, l'étonnement, le charme et quelquefois la terreur du monde romain. Dans ce siècle si fécond en grands hommes et en grands spectacles» tout parlait des richesses, des amours et des talents de Cléopâtre. Pour la multitude, ce n'était pas une créature vivante et terrestre , c'était un être mystérieux , quelque chose qui tenait du bon et du mauvais génie, une magicienne, une enchanteresse, une Gircé. Ses palais aussi vastes que les pyramides tombeaux de vingt dynasties , ses festins que Je jour voyait naître et finir, les trésors