LIVRE I
<« ididmes ; pour traiter un peuple de barbare, ne A demandons pas comment il s'appelle, mais où i en est sa civilisation (1)? »
De toutes les vieilles monarchies asiatiques, il n'en restait guère plus de deux : les rois d'Arménie , vaincus mais encore dignes de quelque respect; ceux des Parthes, puissants et redoutables. Rome, dont les armes ne pouvaient facilement les atteindre^ les dominait quelquefois en leur suscitant des guerres civiles. Les querelles de dynasties étaient fréquentes parmi les Asiatiques; le candidat malheureux recourait à Rome/qu^il déclarait invariablement sa protectrice. C'était presque toujours en respectant les droits dynastiques et en choisissant conformément au génie de l'Asie , dans la famille régnante , jamais hors de celle famille , mais sans s'attacher soit à Tordre de primogéniture, soit à toute autre forme de succession. A la suite d'une guerre malheureuse, les Parthes avaient envoyé à Rome quatre otages du sang royal , et dans une vacance du trône amenée par une révolution de palais, ils prièrent Auguste de leur choisir un maître parmi ces otages. Les Parthes ne pouvaient vivre sans roi et n'en voulaient pas qu'il ne fût du
(1) « Lœi. Si ut Graeci dicunt, omnes aut Graios esse, aut bar-
baifos id nomen moribus dandum est, non lingois
Alqoi ad hoc, de quo agitur, non qiucrimus genlem, ingénia qu»rimiis.» — Loco cilalo, I, 37.
sang des Arsdcides (1). Sans songer à troubler la descendance royale, les princes successeurs d'Auguste essayèrent d'établir alors sur quelques rois d'Asie une suprématie assez semblable à celle des empereurs d'Allemagne sur les grands vassaux. Mais \es dynastes Asiatiques* ne reconnaissaient qu'à regret et d'une manière vague ce droit qui paraît avoir eu pour symbole la remise de l'épée aui mains du prince.
Ces hommages douteux et rendus de mauvaise grâce , n'en étaient pas moins pour les plus fiers empereurs le comble de la gloire. Tiridale vint à Naples puis à Rome, amenant avec lui non seulement ses enfants , mais encore ceux de Vologaese , de Pachorus et de Monobase. Depuis TEilphrate , il fut reçu avec l'étiquette du triomphe; on copia exactement celui de Pompée. La population des villes, magnifiquement parée comme pour une fête, accueillit ce roi par des acclamations joyeuses. Tiridate était sage, prudent et d'un noble extérieur. Sa suite se composait de trois mille cavaliers Partbes, sans compter une foule de Romains qui l'accompagnaient par honneur; il avait un cortège royal. Défrayé de toutes choses , aux dépens de l'empire, qui fournit treize cents écus par jour du^ rant neuf mois que dura sa marche , Tiridate fit tout ce voyage à cheval , aussi bien que sa femme
(1) Flav. Josepli..XVIH, 3.