‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 42 sur 191 · LIVRE l · texte numérisé non relu

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coîflRèe d'une mitre ou liare d'or surmoniée de voiles qui cachaient son visage, conformément aux usages de son pays. Sildt qu'ils furent arrivés en Italie, Méron leur envoya des chars. Lorsque Tiridate fut en présence de l'empereur, on lui ordonna de quitter son épée; il s'y refusa obstinément et se contenta de la fixer au fourreau avec des clous. Cependant il fléchit le genou devant César, joignit les mains et l'appela son seigneur; ce qui lui valut un accueil distingué. Entre autres marques de bienveillance, Néron fit donner à Pouzzole un spectacle de gladiateurs. Un affranchi nommé Patrobius, chargé de ces jeux , s'en acquitta avec tant de magnificence , que durant tout un jour , il n'entra dans Tamphithéâtre que des hommes, des femmes et des enfanls nègres; celte singularité lui fît beaucoup d'honneur. Tiridate tira de l'arc d'un lieu élevé et tua deux taureaux d'un seul coup de flèche. Ces jeuxachevésy Temperour l'amena à Rome, oh il lui imposa le diadème. I^a ville tout entière fut illuminée et ornée de guirlandes , une multitude innombrable était répandue de lous côtés , particulièrement dans le Forum, où l'on voyait tous les Romains vêtus de blanc avec des couronnes de laurier. Cette fête fut appelée la Journée dorée, parce que les voiles tendus sur le théâtre étaient de pourpre semés d'étoiles d'or. Néron conduisit un chariot au milieu du cirque en habit bigarré et

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joua de ia cythare. Le roi en fui si indigné , qu'il biftma hautement Fempereur, et ce qu'il y avait de plus étonnant^ il osa louer Corbulon , ne lui trouvant d'autre défaut que d'avoir un tel mattre.

Rome accoutumée à la vue des roitelets courtisans subalternes des Césars et des affranchis , les laissaient passer sans les honorer d'un regard, mais l'arrivée des grands dynastes d'Asie ou d'Egypte, leur apparition dans le cirque , la vue de costumes variés , une suite nombreuse et brillante , ces satrapeSy ces gardes, armés de carquois et de flèches, l'or, les diamants qui reluisaient de toutes parts, les perles moins rares aux bras des eunuques qu*au cou des Âugusta, surtout l'aspect même du monarque, ce signe royal qu'une longue succession d'ancêtres imprime seule sur le front de Thomme, produisaient sur la foule assemblée une impression peu durable sans doute, mais prompte, rapide et vive. C'était un objet d'envie et de haine pour les Césars, car une comparaison défavorable transformait souvent en parvenus chétifs et ignobles ces faux rois mattres du monde.

Ils sentirent la nécessité de substituer à des dénominations vagues un titre précis el personnel. Forcés de ménager Topinion publique et ne pouvant adopter une qualification entièrement neuve , ils prirent le parti de donner au nom d^Imperator la fixité qui lui avait toujours manqué. Vespasien opéra cette réforme importante et difficile.

Vespasibn agrandit bt fixe le titre impérial. — LE

PMMNOMSlf D'nPBRATOR. — LOI ROYALE. — RÉGORCILIAnON FASftAGiRB DB8 EMPEREURS ET RU SÉNAT. -* TRAIAN ET LES ANTONINS. — TITRE R^IMPÉRATRIGB INCONNU BANS L'ANTIQUITÉ. »LES AUGUSTA. — LEUR CONDITION. —ELLE N'EST QUE RELATIVE ET N'A RIEN DE DÉTERMINÉ. — DIFFÉ- RENCE D'UNE AUOUSTA BT D'UNE REINE. — EXEMPLE TRÈS FOStARIBUR a la chute de l'empire ROMAIN. — l'empirb ÉLECTIF SE TRANSFORME EN ROYAUTÉ HÉRÉDITAIRE. — L'OCCIDENT INCLINE VERS L'ORIENT. — L'ORIBNT YERS L'OC- CIDENT.

Homine nouveau , étranger aux impressions dynastiques , livré sans illusions aux soins les plus vulgaires de la vie positive^ Yespasien chercha dans la force du pouvoir, dans la sûreté de ses moyens , dans la fixité de ses attributions, le prestige qui lui manquait et qu'il ne regrettait pas.

Tant qu'avait duré la famille d'Auguste, soit eu tigne directe , soit par les femmes , c'est à dire jusqu'à Galba, qui parent de Livie n'était pas absolument étranger aux Césars, la dignité et la pui^ sance de la maison régnante avaient suppléé à l'incertitude des lois et au désordre des titres. Les Nérons, ancêtres de Tibère et de Claude; les Domitius, ascendants de Néron; les Sulpitius, nom patronymique de Galba, n'appartenaient pas seulement à la nouvelle Rome , et se retrouvaient à chaque pas dans les fastes de la république; mais lorsqu'on vit Vespasîen faire monier sur le irtee son obsctire maison Flavienne , sortie de la campagne de Nursia et des boulangeries d'Antioche, une précision sévère dut mafiquer le sens des dignités impériales ; il fallu! désoroMis. qu'à dé&ul de demidieux , le peuple honorât dans ses princes , les représentants d'une puissance absolue depuis longtemps, mais connue^ définie, intelligible, en un mot humaine.

Tout en conservant ces noms de puissance tribunitienne ou consulaire, rouages désormais inutiles dans l'exécution des lois^ mais indispensables dans la forme apparente des institutions romaines , Vespasien fit des deux titres d'empereur et d'Auguste le signe particulier du pouvoir souverain, et réserva le nom de César à ses fils^ comme gage de leurs droits héréditaires. Un événement inattendu

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