‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 44 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

peuple et non à un homme (!)• Cette déception était nécessaire » môme indispensable; mais enfin ce fut une déception. Les formules stoïciennes servirent do voile aux mesures les plus décisives en faveur de la monarchie et de son hérédité. Hadrien commença par la cenlralisatioui nœud de tout pouvoir et surtout du pouvoir d'un seul. La rectitude de son esprit embrassa les masses, l'inquiétude de son caractère ne laissa échapper aucun détail. Le rétablissement de Jérusalem ou d'Athènes, l'étai d'une muraille ou le remblai d'une route de dixième ordre, émanaient également de sa volonté; les règlements intérieurs d'une bourgade étaient commentés ou corrigés de cette main puissante et ferme qui traça Véftii perpétuel ^i substitua la stabilité d'un règne à la mobilité de chaque année. Une loi uniforme remplaça l'édit du préteur, dont la force ne durait qu'un an comme les fonctions de ce magistrat. Marc^Aurèle étendit le bienfait de cet édit aux provinces. Hadrien ne se contentait pas du compte rendu par ses agents publics et secrets; il voyageait sans cesse : empereur-préfet, il ne voulait en croire que ses yeux. Pour achever son oeuvre politique et pour en couronner le faite par les ornements propres à la monarchie, il établit le premier^ à Timitation des rois d'Asie, une domesticité d'honneur, une cour choisie dans les premiers ordres

(1) Spart Hadr.

(le l'État. Jusque alors, les Césars les plus orgueilleux n'avaient composé leur service intime que d'affranchis, tout au plus de chevaliers; encore Tacite nous apprend-il avec indignation que Tibère préposa un homme de l'ordre équestre à l'intendance de ses menus pkàsm (i). On ne sait point quelles furent les charges établies par Ha- <lrien. Aurélius Victor seul nous transmet ce fait, et se borne, selon son usage, à des indications légères, il prétend qu'Hadrien forma sa maison oonfor mémentau cérémonial adopté depuis par Constantin, ce qui n'est guère croyable (2). Ce qu'il y a de certain, c'est que plusieurs titres byzantins, tels que comte des domestiques, sont antérieurs à la translation . de rempire« Dioclétien en fut revêtu avant de prendre la pourpre. Quoi qu'il en soit, après avoir établi la royauté sur ses deux bases natureHes, la concentration du pouvoir et la hiérarchie des offices, Hadrien lui donna une garantie plus essentielle encore. Par une prévision inconnue à ses prédécesseurs, il assura la succession pour deux générations entières ; il ne déclara Antonin-le- Pieux César et héritier de l'empire qu'après loi avoir ordonné d'adopter comme héritiers futurs

(1) Tacit. Hist. II.

(%) « Offida sanèpublica, êtptUoHna necnon militiae, in eaui formam staiuil quae paucis per Gonstantinum immuiaiîs , bodiè persévérant, d Aur. Vict. Epitome in Ml Hadr. XI.

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