‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 48 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Une célébrasa pudicité sur les médailles! et ce qui est plus hardi, ce qui est surtout plus remarquable au point de vue monarchique , elle grava sur le bronze et l'or, sa funeste fécondité (i). Lors de ta révolte d^Avidius Cassius, Paustine écrivait à Marc- Aurèle comme aurait pu le faire une reine dans un royaume héréditaire : « Je t'eiihorte fort, si tu ai- <c mes tes enfants, à poursuivre vigoureusement de « telles rébellions ; c'est ainsi que ma mère Faus- « line dans la défection de Celius engagea ton père € Antonin*le-Pieux à garder sa piété pour les siens « d'abord , pour les étrangers ensuite*. En ef- « fet on ne peut appeler pieux un empereur qui ne € pense ni à sa femme ni à ses enfants. Tu vois

a quel est l'âge de notre Commode Ne ménage

« pas ces hommes, qui ne t'ont pas m^énagé et qui « n'auraient épargné ni moi ni les miens s'ils avaient c vaincu. •• Je te ferai savoir par le vieil eunuque Gé- € ciliusen quels termes la femme d'Âvidius Gassi us, t ses fils et son gendre se sont moqués de toi (2). » Malgré la beauté républicaine des réponses de Marc-Aurèle , le progrès des idées dynastiques est

(1) Eekhel. Pan. II, vol. VL Fecund. Auguste. (Une femme eolonrée d'enfants.) A la naissance de sa fille, Néron fit consacrer un temple à la fécondité de Poppée (Tac. An.) , mais il n'avait pas encore imagée d'en faire Fexergue d'une médaille.

(9) a Tamen jam hortor, ut, si amas liberos tuos, istos rebel*

« liones acerrime persequaris Maier mea Faustina, palrem

« tnum Pinm ejusdem in defeciione Celsi sic hortau est, ut pie-

tatem primum circa suos servarel , post circa aliènes, non enim

86 HISTOIRE DE LA ROTAUTi. LIT. 1.

évident , il l'est surtout dans le mot si connu du prince philosophe à Antonius Marcus qui lui conseillait de répudier Faustine. « Si je la renvoyé, « ne faudra-t-il pas lui rendre sa dot(i)?* Le monde devenu la dot d'une femme !... tin empereur qui croit recevoir Tempire non du sénat et du peuple,^ mais des mains d'une épouse!... Larévoliilion dans les idées était accomplie.

Un acte bien remarquable se rattache à la mémoire de Faustine et de sa mère , de même nom et d^ mêmes mœurs qu'elle. Nous ne parlons pas des honneurs divins , ils étaient d'étiquette , mais pêiT une charité jusqu'alors sans exemple^ après la mott de ces princesses, des filles pauvres furent nourries aux frais de l'état sous le nom de Vierges Fùustiniennes (2). Ici ce n'est plus la royauté qui perce , c'est le christianisme qui se fait jour.

a pius est imperator, qui non cogitât uzorem et fiiîos. Gommodas

« fiosier vides Ib qua astate ait «... Noii parcere homiûilMis ,

a quitibi non pepercerunt^ et nec mihi, nec filiûs nostris parce-

ce rent, si viclssent Ad quas rescrit>ani, si tardavero,

« per CaBCflium senem spadokiem , hominem , ut sois , fldelem : « oui verbo mandabo, quid uxor Avidii Gassii, et iilii^ et gêner de « te jactare dicantur. » Yulcatius Gallicanus in Avid. Gass. IX, X.

(1) Si fixorem demitimos, reddamus et dotem. Jolius CapiioUnos in M. Aur. — Dion, par une ignorance qui brouille les époques, rapporte ce mot à Néron, parlant d'Odavie.

(9) Jul. Capit. In M. A. Piiilosoph. et Spanheiin, de Usa Nu* rnism. T. 11^ p. f S9.

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