‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 5 sur 191 · PROLÉGOMÈNES. IX · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES. IX

après leur mort. Lears titres égalaient ceux des rois eu mayesté et les surpassaient en douceur : Divine épouse. — * Royale mère. — Souveraine du monde. — Bienfaisante filie, épouse et mère de roi. — Reine très gracieuse. — Epouse du roi qui l'aime. ~ Sainte mère dans la barque d'Isis. On rendit les honneurs divins à Âahmès femme d'Amenoph I^. Une belle statue en bois, conservée au Musée du Louvre» représente celte reine assise sur un trône devant un auteli les insignes de la déesse Attayr couronnent sa tète, elle porte à la main un bouquet de fleurs de lotus, et le tient royalement comme un sceptre. Les fiUesdessouverainsd'Egypte, héritières du royaume, ne communiquaient leur caractère sacré qu'à leurs époux de sang royal. Dans la dix-huitième dynastie, le premier époux d'Araencbé fille de Tuihmis IL fut roi sous le nom de Tuthmis IIL Le second ne porta point ce titre et ne parut dans les monuments que sous le nom et les attributs de sa femme.

Mais qu'allons-nous demander à ces tableaux si souvent inexplicables, à ces sculptures captieuses, aux détours des hiéroglyphes j aux pièges des symboles, lorsque l'énigme que nous cherchons vit éternellement , dans nos livres sacrés, sous des couleurs plus pures et plus brillantes mille fois que tout le vermillon et l'azur d'Ibsamboul ou de KarnakI

Dès vos premières années, n'avez-vous pas vu s'avancer vers le grand fleuve, la noble Sésostride, la fille du Pharaon, au milieu d'une troupe de jeunes femmes? Elle se penche sur un berceau, y trouve un enfant et fait venir sa mère. « Prenez-le et me le nourrissez , dit-elle avec une grâce souveraine, je vous en récompenserai. » Et l'enfant faial à la royauté, grandit auprès de celle qui n'éiait pas encore

X PMLÉaOMiNES.

ëpoute et peai^ire ae fut jamais mère. Oo croit la voiri ^ise de ce coia de verdure ^ de cette Oasis cliarmaiite dans un Océan de sable, y promener ses iiistes pensées jusqu'au jour où, peut*étre bien jeune encore, elle fut portée dans la Vallée des Beines, dernier asyle ouvert par la pieuse Egypte aux vierges, filles des rois»

Leurs fils ou leurs (rares n'étaient pas environnés de moindres homieors. La langue symbolique de TEgypte n*a poîni d'images assez élégantes pour leur belliqueuse adolescence. Les fils des rois nés de la reine, sonjL peints daus le Ramsesseîon au nombre de vingt-tfois. Us portent une pkime, emblème de la victoire; leurs sûMirs les aecompa* gneal, un sistre à la main.

Toutefois , malgré le pouvoir des rois, Tinflaence sacerdotale était grande sur la royauté égyptienne. Elle dégénéra même en un violent antagonisme. La vingtième dynastie s'étant éteinte avec Ramsès Y ; le grand-préire de Thèbes s'empara de la couronne. Cette usurpation ne fut point durable, la caste militaire indignée fiait par en tirer vengeance.

Il y eut donc en Egypte une guerre du saoerdooe et du trône , mais elle fut subséquente à l'ancienne ennstitu^ tion , et lien ne nous pix)uve qu'une lutte analogue l'ait précédée.

Les rois d'Egypte obéissaient de bon gré ù des prescriptions pieuses, objet de leur intime croyance, chères à leurs peuples et à eux-mêmes. Le Sultan, contraint par la foi et par les mœurs, de se rendre, le vendredi, à la mosquée, et de faire des ablutions à des heures prescrites, n'en est pas meins un souverain très absolu. Exclu momentanément de la communion chrétienne, le César bysautin se «enaic à

PitOttCOilÈNBS. II

la porte de fégitse, sans y laisser aa oooroQoe. L^xerctce da pouvoir ne çoosiate pas dans {'abseikoe de loute loi retigiense. X^es rois d*Egypte portaieot ToioDtaireipeDt ee jottg ; ils n'étaienl point ton^jours les esclaves de lenrs pufttrea. Ck>oinient concilier Vidée d'an esdave couronné, avec le nom de Sésostris ?

On 90BS obj^eclera les jugements des rois après le«r mort, mais ce n'était qn'iHie forme du rituel, analogue à ce qu'eet encore parmi noas le refus de sépulture h défont d'oue réconciliation avec r£giise»ou plutôt c'est un procèsverbal de canonisation. Le roi défunt sera-^-fl ou ne sera*t-il pas admis aux honneurs divins? c'était, selon toute ap-* pareuce^ la seule question qu'on se proposât dans cet exaaies. L'esprit grec en a méconnu et travesti le sens intime (1).

Esk Perse, tout est absolu : point de confieion, point de partage; ni limites, ni contrepoids. La royauté brille de sa Jomôèrepropre, elle paraltaeuie, au faite de la pyramide sodaie ; tout est en elle , tout vient d'elle , tout ilécbit devant elle. Le premier bomme et le premier roi. C'est à lui, c'est à ses descendants que l'espèce humaine doit la conservation de la vie. Tout bienfait émane du monarque $ tl couvre les hommes de vêtements, il leur ensei^Mj les re^ mèdes salutaires ; et , ce qui est sans exemple dans les «anales de l'Orient , la division par castes est f ouvrage de 4a volonté royale. Feridoun, l'un des rois primitift de riran , marche de victoire en victoire à la tète des , il terrasse les Dives , génies du mal ; il fait tom-

(1) ManeUion, le Syacelle» lusèbe.— Ghampsllion (p«<ftm). -— Bo* selliDi, I moDumefiiidetr Egitto è dalla Nttbhia. Pisa» iSSSL

Page 1