‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 60 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

grec et de la fiaiDtaigie orientale, s'y attiraient pas aeules une multitude de léj^ouaires et d*esclaTes. Des processions, des cérémonies , des danses , fai* 8aieDt du culte'd'Elagabaal une fâte continuelle. Le grand prfttre, possesseur de terres immenses à l'entour du temple, présidait à titre héréditaire une hiérarchie nombreuse. Son influence supérieure à ses richesses, n'avait pour limites que la su* p^stition asiatique. Bassianus exerçait alors ce sacerdœe; il l'avait probablement reçu de la dynastie des Jambliques et des Sampsicéran (1) , puisque ce nom s'est reproduit encore après lui,

(1) Sampsicârain est le nom de pliuieiirs ofaefs de trîbvs arabes qui régnèrent à Emèse. Le premier vivait plus d'un demisiècle avant l'ère cbrélienne. Strabon lui donne ( Geogr. L. XVI, p. 753) leiitre dephifUnrquê. Ses successeurs furest lanbliqae 1^, Alexandre^ Jamblique II et Sampsicéran II ; ce dernier régnait à Emèse, en Pan 43, sons le règne de Claude. Sa fille Jotapé épousa Aristebule, i^etit-ffis 4l'Hérod<^-le^nmd. Selon la dironîque de Jean Malala, un Iroisième Sampsicéran fut, en Tan 268, grand prêtre de Yénns à Emèse. Il marcha contre Sapor, et, à l'aide de ses BédouinM, Itti fit évacuer la Syrie. Bassianus, placé vers Van iSOy pir csnséfnent entre le aeconS et le trcHSième Sampsicéran, était probablement le petit-fils de l'un et l'ancêtre de l'autre. IKon ignore ou oublie tous ces faits, et, dans sa haine avengle contre les impératrices syriennes, il les dit de basse extraciièn et prétend que Sœnnas , rune^'entre elles > fat esclave. Qnelle apparence que œ fài le l'état d'une nièce d'impératrice, ftlle et venve é^ sénateurs romains ! Peut-être tout cela a-t*il été aliéië par Xipliiiln, l'abréfinlenrdeDlon. Le genl^ d'erreur dans leqnd les Bytanlins tombent le plus sauvent, est de confondre les anciennes mœors impériales avec le oérémonial et les usages qni prévalaient de leur temps. Parce que l'emperenr était entouré

61 qu'après avoir succédé à son père il eut son petit-fils pour successeur. Bassianus avait deux filles ; leurs véritables noms , leurs noms syriens sont inconnus; les médailles impériales les appellent toutes deux Julia, Fatnée surnommée Domna, la seconde Mœsa.

Julia Domna était belle et voluptueuse; une vaste ambition préoccupa dès l'enfance son esprit élevé, ardent et aventureux. Elle était de ces femmes qui arrivent au malheur par Tamour et par la gloire.

Moins entraînée, plus froidement corrompue^ plus prudente, moins vaine surtout, et par consé* quent plus ambitieuse, Moesa ne reculait jamais ; elle savait marquer le but et ; marchait avec une intrépidité patiente. Gouverner jusqu'à la mort le palais des Césars sans obstacle et à peu près sans lacune, telle est la destinée que Mœsa s'était faite. Et pourtant, filles d'un prêtre asiatique, ces deux femmes devaient vivre et mourir au pied de leur divinité de basalte. 11 n'en fut pas ainsi. Malgré l'obscurité de leur fortune , les grandes images de

d'aj^hmcAwy Zosime le montre déjà entouré d'eunuques. Pour lui, le premier siècle devient le troisième, Rome se transforme en Byzance, Claude en Constantius, Narcisse en Eusèbe. Aucun des historiens delà décadence n'est exempt de ce genre d'erreur. Dion CassinSy ainsi qu'on l'a déjà remarqué , fait constamment de Jules César ou d'Auguste des espèces de contonporains de Commode et de Septime Sévère.

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