‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 61 sur 191 · LIVRE · texte numérisé non relu

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Sémiramis, de Nitocris, se présentaient à leurs yeux, même à Tombre du sanctuaire. Domna se croyait prédestinée. Elle l'était. Un oracle lui prédit qu'elle épouserait un roi (i).

Il y avait alors à Lyon un ancien tribun» clievn-lier romain. Récemment nommé par Marc^Auréle gouverneur de la province, il venait de perdre sa femme; voulant se remarier il consulta la nativité des filles (2). Qu'était-ce que cet horoscope? Mais de quelles folies TAsie n'avait-elle pas déjà inondé Tempire? Les astrologues apprirent au tribun qu'au fond du temple d'Emèse vivait une jeune fille destinée par son étoile à donner la royauté. Cette dot sufiisait au soldat mystique et ambitieux, il demanda la fille du Soleil, et l'obtint. Septime Seyère était le nom du tribun. Peu sûr d'abord même d'avoir eu jamais un père, il parvint aux honneurs par ses propres forces, et trouva dès lors beaucoup de parents à Rome, dans l'ordre Equestre. Ses talents l'avaient recommandé à Marc-Aurèle. A sa belle tournure guerrière, à la sévérité imprimée sur ses grands traits, on l'aurait pris pour nn vrai Romain de Rome ; mais au premier coup d'œil, au premier mot, ses cheveux laineux, sa prononcia-

(1) Spart. Hérod.

(S) « Genituras sponsaram requirebat, îpse quoque Matheseos perflissiiBUS elcuoi audissel esse Syra qUondàm qoae id genitune habereiy ut régi juugeretur, eamdem uxorem petiit Joliam.» Spart, in Severo III.

lion gullurale, son teint cuivré, trahissaient TAfrîcain. Il était de ces hommes qui tiennent à des pays différents, à des mœurs» des langues, des nationalités diverses; un de ces métis propres à gouverner dans des temps de coutumes étrangères et d'idiomes mélangés.

L'Africain et la Syrienne s'entendirent fîicile* ment. Sévère comme Julia inclinait i la magie, à l'astrologie , à toutes les combinaisons dts calculs et des nombres. Capricieux, hyperbolique, il était plein de mystères et de symboles ; mais dans cette tête souveraine, l'imagination régnait à côté de la pensée sans la détrôner. Sévère ne dévia jamais de sa marche politique. Du premier jour an dernier, en face de puissants oompéiiteora comme en fitee de la mort, il fut l'homme de la monarchie et de l'hérédité; non d'une nu>narehîe subreptice, d'une hérédité évasive à la façon de ses prédécesseurs, non par interprétation, par subterfuge, par aggio* mération de magistratures républicaines , mais hautement, le front levé, en théorie comme en pratique, en principe comme en application. C'est là ce qui le distingue de tous les Césars depuis Auguste. Par ses cruautés, par sa tyrannie , par le bras enfin, il n'est que l'un d'entre eux^ par l'idée il en diffère essentiellement. Ce qui n'avait été dans les uns qu'impétuosité brutale et mouvement aveugle, devint en lui une règle, un art,

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