‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 63 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

gènes , rftlcbimie la plus audacieofte peat à peine être comparée au choc des idées , dans cette époque singulière. Partoul le souffle de l'Asie corame le Simoun du désert pulvérisait et balayait la vie romaine. L'armée, le sénat, se rénipKssaient de Syriens; les mœurs de la royauté d'Asie étaient arrivées à un tel degré d^imitation , que Plautîen pour célét>rer les noces de «a fille avec Caracaita^ ei pour fai donner un oortâge digne d'une reine de Babylone , Plautien, un préfet du prétoire , un ministre de l'empereur , fit obAtTer des enfants et même des hommes mariés de condition libre, en un mot des citoyens Romains (I).

Sévère mourut comme il avait vécu : en voL Tous les exemples» toutes les leçons qu'il laissa abondamment à ses fils, furent tirés de la royauté ; il leur fit lire dans Salluste le discours du roi Micipsa conseillant la concorde aux héritiers de sa couronne (2) ; il ne leur parla ni des lois de l'empire ni du sénat qu'il traita même avec mépris, mais il leur montra dans les histoires anciennes et dans les tragédies grecques, comment la désunion des frères est la ruine des maisons royales (3). Désabusé de la vie et non de ses droits, Septime laissa la terre

(t) SpaLTi.

(f) Spâit. in Sev^.

(3) H«i«4. Hb. Ul.

i' ses deux fils pour être partagée également entre eux. Quoique l'idée de la division de Tempire fût encore loin d'avoir pénétré les esprits, quoiqu'elle fût même repoussée avec horreur par le sénat et par les chevaliers, tout y tendait. Sévère l'avait désirée ou du moins prévue : à l'alné, l'Europe; au plus jeune, l'Asie avec Byzance et Ghalcédoine pour frontière , la Proponiide entre les deux. Julia s'y opposa. Le débat fut tranché à la façon des Goths ou des Francs : le meurtre rétablie Funité; le frère, massacré par le frère, tomba dans les bras de leur mère commune. Le sang asiatique se mêlait au sang romain dans les veines du meurtrier. De ce mélange, image prochaine de l'empire^ résultait un choix de tous les mauvais instincts, un éclectisme de tous les vices. Appelé* à sa naissance Bassianus, comme son aieul le grand prêtre du dieu d'Emèse, transformé en Antonin, marqué par les soldats du sobriquet de Garacalla, l'hérilier de Sévère était sans frein comme sans nom. Plus Asiatique cependant que Romain , Garacalla exagérait l'exemple de son père dont il invoqua l'ombre, tant il était invinciblement attiré par les choses occultes. Il se plut aux coutumes et à l'habit des Barbares; il alla jusqu'à rechercher la fille d'Artabane, roi des Parthes, alléguant que la fille d'un monarque était plus digne de son alliance que celle d'un citoyen romain . Artabane, après avoir

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