‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 64 sur 191 · LIVRE 11. iS · texte numérisé non relu

LIVRE 11. iS

résisté longtemps à sa demande, s'y rendit enfin, et Garacalla proiBta de la confiance du roi pour surprendre et tailler en pièces son armée; mais cette trahison ne fut pas sans doute la pensée première de Garacalla : l'alliance projetée avec les Parthes se rattachait à son plan, car il visait ouvertement à la royauté. Ce qui dans ses prédécesseurs n'avait été que tendance cachée et secret désir, devint alors une politique avouée. Déjà sous Septime-Sévère et même sous Galigula, les Orientaux avaient deviné et favorisé ce penchant ; ils traduisaient volontiers le titre d'imperator, non par AutocraioTj version officiellement adoptée, mais par Basileuêj Roi. Philostrate , dans la dédicace de ses Saphuten à Julia Domna , l'avait traitée de Reine Bmilma^ et c'est vers cette époque que la loi de l'empire fut nommée la loi royale, lex reqia (i). Si Garacalla ne prit point, malgré son audace, le titre de roi sur les médailles romaines, il en autorisa l'em* ploi sur les monnaies grecques; en revanche, dans toutes les parties de son empire , il se fit donner publiquement le surnom de seigneur, Domnus, si soigneusement repoussé par ses prédécesseurs, Galigula et Domitien exceptés. Pour mieux assurer rhérédité de sa couronne, il fit massacrer tout ce qui restait des familles impériales. Il envoya au supplice les fils de Pertinax et une matrone res;>

(1) Voyez plus haui^ p. 72 et 73.

peetée de tous, la fille octogénaire de M are-Aurèle. D'ailleurs, il ne faisafk poiAt myalère de soq hostilité envers le sénat. loipuissaAt & le détruire (ce qui ne fui au pouvoir de personne), il ne lui épargna aucun affront, et témoigna ouvertement ses préftrinces pour la milice* Quelquefois, le aéaat convoqué au palais de l'empereur attendaîi depuis Taurere jusqu'au crépuscule sous l'atrium, mourant de fatigue et debim, voyant passer et repasser devant ses jeux avec une profusion affectée, les viandes homériques et les coupes de Falerne destinées aux prétoriens (1), Dans l'intervalle, Garaealla conduisit i^n char, domptait un cheval ou exerçait sa phalange macédonienne^ formée exactement sur le modèle des armées d* Alexai^dre, son idole et son dieu. Ce qui donne è la fois une grande idée du rang des sénateurs tel qu'il s'était conservé jusqu'alors et de l'abaissement auquel ils venaient de descendre, c'est que Dion achève le tableau de toutes ces insultes par ces mots caraolértstiques : c Enfin 9 il ne nous saluait plus! » L9 persécutioii no- Gompagnait les injures. Je ne parle pas des meurtres, ils étaient de droit commun. Garaealla appliqua rigoureusement une théorie complète d'appaovrissement du sénat* par la niuhiplieité des impdts et dea charges (S). En général, il ruina tout le peuple

(1) Dio. Cass.

(9) Moniesquieu rappelle le desMruGleur du genre buinaîn.

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