LIVRE II
romain par raltéralion des monnaies , non seulemeoi dans leur titre et dans leur poids, mais dans leor matière essentielle. En haine de Rome, Garaoalla déifia Ànntbal et remplit Temptre de ses sta« tues. Le fils de Septime Sérère mit la dernière main à la concentration du pouvoir impérial, méditée par tous les Césars et réalisée au moyen de l'uniformité des lois et d'une large extension du droit de cité. Il appela à cette prérogative TEgypte, ee berceao de la royauté, toujours repoussée par les maîtres républicains de Rome. Sous son gou* vernement, pour la première fois on vit un consul égyptien. Enfin, par un édit célèbre, tous les hommes libres furent déclarés citoyens romains (i). Ce plan, eiécuté par Çaracalla appartenait sans doute à Septime Sévère*
Pour détruire à jamais jusqu'à l'idée du (frolf «atré {Jm Mcrum) , qui , ainsi que nous l'avons dit plus haut, ne pouvait appartenir à aucun homme et ne résidait que dans la cité, Garacalla ne se borna point à rendre universel le nom et la préro* gative de citoyen ; il transporta la qualité de «ncrée à des objets personnels et extérieucs« Il fit un pr^0i de ta chambre saerée , un questeur du sacré palais j il en vint même à appliquer cette épithète
(t) «InorbeRomano quisunt, ei consiitaiione Imperaloris Anioninî cives effecti sunt. » Ulpî. fragm. 17 de statu nomiiMim. ^ 9tîUn, 8ldm{f<|r< BltUf unb 9Uûit, ^amhux^ , 1SS5.
aux choses les plus viles pour peu qu'elles appartinssent à sa personne : il y eut alors de l'encre sacrée (Sacrum Incausium) , c'^est à dire de l'encre pourpre 9 la seule qui fût à l'usage de l'empereurt une écurie sacrée {Sacrum Siabubm) et jusqu'au sacré petil chien (Sacer Caniculm) de l'Augusta. Jamais raillerie plus incisive , plus mordante n'avait été appelée au secours d'une révolution politique.
La belle Domna (car elle fut toujours belle), à la fois honorée et maltraitée par Sévère, vit son pouvoir s'accroître et ses douleurs s'aggraver sous le règne de son fils; cependant elle sut apprivoiser parfois cette ame féroce. L'histoire contemponiiiie mettant au nombre des prodiges la i)0ssibilité dV doucir Garacalla, n'a pu l'expliquer que par un crime. La fable incestueuse d'Agrippine et de Néron fut renouvelée contre la veuve de Sévère; mais loute cette partie des annales de Rome est remplie de confusion ; c'est contre l'évidence que Spartien et Eutrope font de Julia la belle-mère de Garacalla. Elle était sa mère, et par conséquent sa victime.
Après la mort de cet indigne fils, elle se retira dans Antioche. Macrin, le nouveau prince, honora son génie et sa fortune éclipsée. Julia n'avait pas pressenti tant d'indulgence. Désespérée de se voir réduite à une condition privée, elle avait déchiré