‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 67 sur 191 · LIVRE* II. i · texte numérisé non relu

LIVRE* II. i

blesse de l'on et le sexe des deux autres. L'empereur adolescent assista à la bataille entre son aïeule et sa mère. Voyant les troupes faiblii^ Mœsa et Soëmias se précipitèrent de leur chariot sur les fuyards, et les rallièrent à grands cris. Antonin, beau comme un dieu^ furieux comme un lion, fut lui-même entraîné par une force supérieure ; il se jeta sur les déserteurs et les ramena Pépée dans les reins. L'enfant décida la victoire. Macrin s'enfuit épouvanté, s'enferma dans une chaumière, y fut pris et eut la tôte tranchée par la main des soldats. Son fils Diadumène périt avec lui (i).

Au lieu d'aller droit à Rome, Antonin passa ce premier hiver à Nicomédie. Il ne pouvait se détacher de l'Orient. Prêtre perdu de mœurs , mais toujours prêtre, il se livra sans mystère à ce raffinement de plaisirs, à cette recherche de voluptés, à ce mysticisme de débauche qui, dans toutes les religions, caractérisent l'homme de l'autel infidèle à ses serments. Nous ne descendrons pas au détail trop connu de la vie d'Héliogabale. Sous ce nom, mi -parti de grec et de syrien, qu'il n'a jamais porté mais qu'il faut lui laisser sous sa forme traditionnelle, l'histoire a consacré le type de la dissolution. Ce qui nous appartient, ce qui nous préoccupe dans ce personnage singulier, ce n'est pas l'infamie de sa vie privée ; elle fut eelle des Ceci) Herod. 1. II.

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sâra. D'autres points dans eelte existence , se rapportenl à l'esprit d« temps et à la niarehe des idées ; à cet égards Bélsogabale esl digne d^nn examen très aitentif.

L'importance de son rôle historique ne tient pas i sa personne ; ce n'était qo'un ephébe vicieux» fanatique et méchant. Agé de quinze ans tout au pl\is, esclave de ses passions qui finirent par Tabrutir et par l'éteindre , il n'était point capable d'dâ plan prémédité; mais^ soit dévouement au culte de son dieu, soit instinct, soh docilité à des conseils étrangers, il se proposa la destruction du gouvernement politique et religieux de Rome. A l'empire, il voulut substituer la royauté orientale, aux divi^ nités de l'Italie, l'Elagabaal syrien (1).

Malgré ses crimes et sa perversité, jamais Héliogabale ne persécuta le christianisme.

Dès le premier jour de sa puissance^ il heurta les coutumes romaines. Écrivant aux sénateurs, de Nicomédie où languissait alors sa mollesse, il ne data point son règne du jour de sa proclamation par le senal, mais de la mort de Garacalla,sans tenir compte du gouvernement de fait, celui de Macrin; innovation inouïe dans l'empire, et puisée tout entière

(1) Dans ce récit noas donnerons consuimroent le nom d*Blagaboid k la divhitié syrienne et ceint dPffekogabaU à Pempereur romain.

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