‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 68 sur 191 · LIVRE · texte numérisé non relu

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dans la méta{Ay8i()iie de la royauié. Au lieu d^uo rapport aux séiiateurs sur la défaite de aon ooqipétileur^ dont aucun Géaar ne s'était eaeore dispensé, Héliogabale leur adressa son portrait. Il s'était (dit peindre revêtu de oe costume asiatique qii'il ne quitta jamw : ni toge séfôrement agrafée^ ni laine teinte en pourpre, ni couronne de laurier} mais une robe de brward à manches pendantes, de l'or, des perles, des diamants serpentant en spt* raie sur tout son corps et ruisselant depuis sa tiare médique jusqu'à ses sandales phrygiennes. Héliogabale j en jeune homme et en jeune homme vulgaire^ commençait la réforme par le costume, c'est à dire par ce qui choque tous les yeèx et blesse les plus grossières intelligences. Le changement de costume peut devenir le complément d'une réforme, mais il la compromet dès qu'il la commence* Ses prédéeesseur s étaient tombés dans la mAme erreur. D^à Commode avait pris le dia^ dème. Sous le règne de Septime Sévère^ Rome présentait un aspect barbare (i). La garde de^em* pereurs avait été prise jusque alors, en Italie, en Espagne , dans les Gaules et renforcée de Germains ou de Macédoniens dent les mœurs ou les traits n'avaient rien de trop étrange. Sévère recruta ailleurs ses prétoriens* Il remplit Rome

(t) Dio. Gm&

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d'une infinité de gens effroyables à la vue el à Todorat , qui tenaient plus de la bête féroce que de rhomme. Garacalla portait l'habit macédonien. A la vérité , il y a loin de l'armure du soU dat à la robe du prêtre, de l'imitation d'Alexandre au culte d'ElagabaaI. Des changements plus corn* plets devaient suivre cette tentative ; mais elle donna l'éveil trop tôt : la haine précéda la docilité. Qéliogabale parut enfin dans Rome, et ses orgies commencèrent.

Une telle conduite devait inspirer .beaucoup d'aversion, mais nulle surprise. Cependant Rome sem- Ij^la faire une découverte; et parla d'un monstre inconnu. Néron, Domitien et Commode lui avaient pourtant appris ce qu'elle pouvait endurer. La nouveauté n'était pas dans les mœurs du César syrien, mais dans son système, car il en avait un, dicté probablement par sa mère Soèmias, la prêtresse du soleil* Il s'agissait. d'établir un gouvernement purement asiatique , sans aucun égard pour les scrupules, les traditions et, ce qui est syiiony me» pour la religion de Rome. Un tel plan , suivi avec habileté , n'était pas impraticable ; l'infamie et l'enfance d'Héliogabale y mirent seuls un obstacle sérieux. Un Auguste oriental n'arrivait pas mal à propos : déjà tout était prêt pour recevoir 4a royauté étrangère. Des Espagnols, des Afrioaios, avaient gouverné ; mais c'était un Trajan , un

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Hadrien ; l'Espagne d'ailleurs comptait comme ancienne proirince romaine. Septime-Sévère était Africain sans doute, mais cheyalier. Maintenant ▼oici un Syrien, un prêtre de la pierre noire d'Emèse qui n'a rien de Romain , qui n'appartient à Rome que par une fiction évidente. Une telle situation demandait un caractère personnel irréprochable avec un mélange de prudence et d^audace. Héliogabale n'avait que des vices et de la foi. I^a sienne était ardente et sincère ; son dévouement à son dieu n'avait ni mesure ni limites. Sa haine de Rome et de ses lois n'était qu'un fanatisme dévot. A ses propres yeux Héliogabale était non un empereur, mais un roi-prôtre , un de ces monarques d'Asie qui portent la tiare à deux titres sacrés. Le peuple le stigmatisait du sobriquet d'Assyrien , de Sardanapale ; ces noms ne pouvaient lui déplaire. Il ne voulait rien des Romains que le pouvoir de les humilier. H appelait les sénateurs des esclaves en toge, il abhorrait cette toge, il voulait surtout détruire les dieux de l'empire et élever snr leurs ruines, son monolithe vainqueur. C^est à ce dieu muet et sourd qu'il offrait les opprobres du nom romain. Le sentiment de tous les empe • reujrs dans cette période, était qu'une révolution religieuse pouvait seule détruire l'aristocratie sénatoriale. Héliogabale entreprit de marier son idole : il choisit d'abord Pallas l'athénienne, puis

H la répudia el fit venir l'Astarié de Garihage. Etaient-oe seulement les jeux d'un fou, maître da monde? Le choix d'une divinité punique n'élait*il pas une insuite plutôt qu'un capriœ? On ne peut douter de la sincérité d'Hétiogabale : Lampride d Dion prétendent qu'il finit par se mutiler. Pftle encore de ses veilles^ couvert des marques de la débauche , il courait se prosterner devant son EisgabaaK Là , entouré de sa mère et des femmei syriennes, il entonnait des chants barbares et posa* sait des cris douloureux (1), senkblaMe à ces prin^ cesses de nos temps modernes» qui passaient d« plaisir k la Retraite et du cloître temporaire à d'inextinguibles amours. Lorsque, revêtu de Téphod , il conduisait processfonnellemonl son diea par les voies romaines » suivi des sénateurs obéissants mais indignés , ses yeux brillaient de toutes les flammes de l'extase. Isolé par la pensée^ quoi>qu'environné de Rome entière , un bonheur céleste semblait le ravir. Ce cuhe intrus, cette exaction mystique, étaient insupportables aux Romains. De tels excès les blessaient de tous les côtés, ils les atteignaientdaniBla majesté de leurs soufvenir^comme dans la droiture de leur raison. L'ordfe de placer Elagabaal à la télé dès. divinités de l'empire adieva de les irriter; mais ce qui mit le comble à leur [indignation , ce fut de voir Soemias assise au sénat.

(I) Dio. Cass.

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