‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 69 sur 191 · LIVRE II. i · texte numérisé non relu

LIVRE II. i

L'existence politique des femmes n'était pour-^ taot pas sans précédenls } déjà, sens les derniers régnes , les épouses des consuls avaient été as^ sociées aux marques extérieures de leur dignité; elles participaient au rang et an litre de clarissimes. Maïs cette réfolution sociale, quoique très remarquable et très opposée aux maximes de Tancienne Rome, n'autorisai! iioinl l'attentat de Soêmias. Elle aurait perdu son fils, sMI n'avaii pris «oiB de 96 perdre. Soëmias ajouta le ridicule à l'odieux; elle parodia etle-même son audacieuse entreprise en présidani aussi je ne sais quel sénat de iSemmes qui décidait des préséances et d'autres sujets frivoles. Mossa l'aïeule avait donné d'inutiles avertissements; pleine d'expérience el de jours, elle s'était opposée à beaucoup de failles et surtout à la réferme par le costume. Après avoir essayé d'établir une hiérarchie dynastique » elle sentit qu'a«vec de pareils représentants, elle courait tout au moins le risque de quitter une seconde fois le palais. Pourtant, elle était décidée à y mourir , non par la main des rebelles , mais sur le pulvinar avgustal. Gomm^ elle avait un petit-fils de reehai^, elle eut l'adresse de faire adopter l'enfant ée Mammcsa par celui de Soëmias. Tout porte à crcàne que Moesa ne mit point obstacje à k févotatioa qui détrôna Uéliogabale et sa mère» Elle les laissa massacrer. Sa propre destinée le

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prouve assez ; que lui imporlait d'ailleurs sa fille? L'impassible Mœsa s'assit au foyer , s'enveloppa dans les plis de sa stole et attendit l'évènemeut. Mammoea montra son fils Alexandre au sénat , au prétoire, au peuple, à Rome ressuscitée. Quittant l'habit asiatique et reprenant avec joie ses toges et ses latîclaves, la ville entière la suivît aux jardins de Salluste où Héliogabale et sa mère igno- \ raient le péril et présidaient l'orgie. A cette vue, tout tremble et se disperse, les courtisans, les proxénètes, les philosophes, les matrones lascives, tous cherchent à fuir, les uns demi-nus, les autres couverts d'une pourpre souillée. Mais le glaive les presse, leur sang se mêle aux vins du festin , il trempe les fleurs des couronnes tombées sur l'herbe à l'ombre des grands platanes. Soemias est égorgée; Héliogabale est poursuivi jusqu'au fond d'un cloaque impur. Il y est tué. Mammoea reste immobile devant le carnage. Dans ce jour, le génie de Rome parut vaincre le génie de l'Asie* Ce ne fut pourtant qu'une victoire apparente, Ain temps d'arrêt, une halte (1).

Le monde était alors à une de ces époques de passage et de doute où l'opinion n'est jamais satisfaite, parce qu'elle ne peut être interrogée. Un fractionnement excessif des institutions et des idées rend le devoir impossible et le laisse incoMiu.

Cl) Berod. II.

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