‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 70 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Tout devient talon nement, incertitude et mutuels soupçons. Les sénateurs abhorraient l'hérédité ; elle était dans les vœui les plus secrets et les plus chers d'Alexandre; et cependant, ce furent les sénateurs qui Toffrirent, Alexandre qui la refusa. Ainsi en tout temps , lorsque les partis transigent et ajournent la lutte, ils protestent de leur dévouement pour ce même pouvoir qu'ils sont décidés à détruire.

La forme de ce débat entre le jeune Alexandre et le sénat romain est trop curieuse pour ne pas être conservée. L'adoption du nom d'Antonin devenait pour le fils de Mammoea, le signe de l'hérédité. Conformément à la fiction de Sévère , le nouveau prince devait remonter jusqu'à Antonin«le-Pieux. Le sénat le proposa dans une suite d'acclamations ou de litanies, en usage à l'avènement des empereurs. Dès qu'Alexandre fut entré, les pères conscritsl'entourèrent et lui crièrent : t Antonin € Alexandre, les Dieux te protègent I Nous tesup- « plions de prendre le nom d'Antonin. Honore les a bons empereurs en acceptant ce nom : purifie-le; I Héliogabale l'aVait souillé, rends-lui son premier « éclat. Réhabilite l'honneur de ce nom : que les • Antonins s'y reconnaissent. Yenge les outrages c faits à Marc-Aurèle, à Yérus, à Garacalla. Hélio- € gabale seul a été plus détestable que Commode; < il n'a clé ni empereur, ni Antonin, ni citoyen,

€ ni sénateur, ni patricien, ni Romain. Ta es notre «salut et notre délivrance, tu fais aimer la rie. c Vive Alexandre Antonin qui fait chérir Teiis- I tence! Qu'Antonin consacre les temples des < Antonins ! » (1)

L'adoption de ce nom n'était pas moins daos ie goOt que dans l'intérêt d'Alexandre ; elle flattait ses faiblesses ; il rougissait de son origine syrienne et se 6t même fabriquer plus tard une généalogie qui tirait son origine de Mélelitts. Malgré l'usurpation du nom d^ Antonin par Hé* lîogabale , rien ne lui convenait mieiix qu'une fiction si n<àAe. si romaine et déjà tout à fait impériale. H craignit cependant de déplaire au aénat et répondant au vœu intérieur de cette assemblée phis qu'à ses démonstrations publiques , il mit à repousser l'hérédité Antonine la fausse cbalear quWectait le sénat pour ia lui imposer.

Tout était vague et indéterminé : le <^Ue, les lois, les earaetères. Alexandre eut des velléités de <;hrisitanisme ; l'image de lésus-Christ était placée dans son cabiMt à c6té des portraits de Soorate et d'Appollonius de Thyane. Mammœa futelle chrétienne ? On n'en sait rien ; l'Eglise hésite. Mammœa protégea tes chrétiens, elle consulta Origène, ses mœurs étaient irréprochables, mats elle fut dure pour son fils , elle causa ia mort de

(t) Lamprîd. invita Alex. Sev.

Page 1