LIVRE
sa Mle^fille, $pn avarioe déshoiiofa sa méoioire ; toui compensé, l'Eglise ne veut fias d'elle. Il en est ainsi de la réputation d'Alexandre. Décrié par Hérodien, vanté par Lampride, il fut certainement un honnête jeune homme, mais le vacillement de sa pensée ébranla les forces de son ame. jll était d'ailleurs subjugué par sa mère. Alezanijire Sévère, par un édit, défendit aux femmes de siéger désormais au sénat; Julia Mammoea n'en fut pas moins régente perpétuelle d'un prince éternel leme^it mineur. Il y avait bien ^u , au commenceqaent du réjgne, un conseil nommé par le séo^at ; quais il ne pat s'installer qu'avec l'approbation, ou, pour mieux dire au choix d^ Mammcoa .et de Kœsa. li étajl d'aHleurs présidé par le grand Ulpien, entièrement dévoué à la mère de l'empereur. Daiks le dessein d'augmenter l'autorité de sa patronne, ce jurisconsulte donna le premier aux impératrices un rang 1^1 , une position politique, semblable à celle de nos reines-épouses* « Ue prince, dit Ulpien, est exempt des lois, mais « non l'Augusta. \m princes lui transmettent ce- « pendant les privilèges do«t ils jouissent eux- « m6mes« >(1) Voilà l'épouse première sujette, la reine. Mais l'emprunt fait à la royauté par le légiste,
(1) a Princeps legibus solutas est : Augusta aulem licet legibus •otaunon esl, Friocipeft umea esdem iUi pri?ilegia iribsont, quse ipsi habeat ?» — Ulp. I, I. 31, D. de legibas.
i52 HISTOIRE DE LA ROYAUTÉ.
asiatique de Rome (il était originaire de Tjr,) n'eut d'autre durée que la vie de sa protectrice.
Julià Mœsa qui avait mis tant d'art i mourir dans son lit, y réussit au bout de ({uatre-vingt-quatre ans; encore quelques années, et elle n'aurait pas atteint ce but. Mammœa, massacrée par les prétoriens, périt avec Alexandre, comme naguère Soëroias avec Héiiogabale. Amsi finit cette dynastie de quatre femmes, car les règnes de Septimc, de Caracalla, d'Héliogabale et d'Alexandre, sont i beaucoup d'égards ceux des quatre Julies. Maintenant, après avoir retracé cette période, il nous reste à demander si tout ici n'appartient pas à la royauté, et si le moindre vestige de l'empire est encore conservé? Domna mêlée aux aflâires de deux grands règnes, Soêmias jugeant publiquement parmi les sénateurs, Mammœa à la tête d'un conseil de régence, riiérédité constamment invoquée comme un droit; tous ces signes n'annoncent-ils pas le progrès de l'idée royale? Mais par un revirement bizarre, tandis que la république impériale tournait à la royauté dynastique, l'Asie afiectait l'empire.
Des rapports nombreux et sympathiques, une attraction secrète, s'étaient établis entre les deux zônes^ surtout depuis l'avènement de Septime-Sévère. Grâce aux quatre femmes, dont l'influencesous ce point de vue n'avait eu ni relâche ni lacune, une protection pleine de munificence s'était étendue sur
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les villes syriennes plus florissantes alors que les cités d'Italie. La bienveillance impériale ne s'arrêtait pas aux limites de la Syrie; elle s'avançait j us* que dans le désert ; elle atteignait les Arabes, et protégeait spécialement la colonie de Paimyre qu'Hadrien avait ornée , peut-être même entièrement rebâtie, dans le goût attique. Jetée au milieu des sables, Paimyre était le boulevart de l'Europe contre les invasions des Perses vainqueurs des Parthes, et redevenus plus redoutables que jamais sous lenr vieux nom tant maudit par la civilisation républicaine des Grecs. Une famille nouvelle, issue selon les uns de la victoire seule^ selon d'autres d'une longue suite d'aïeux, régnait sur les Perses régénérés et tirait de son fondateur le nom de dynastie sassanide. Saper en était alors le chef. Occupés de faire ou de défaire des empereurs au gré d'un prétoire et d'un sénat, également remplis de barbares et d'étrangers , les Romains n'oppo* saient qu'une faible résistance aux Perses, et par un affront dont les annales du monde n'offrent pas un second exemple, Sapor s' étant emparé de Valérien , le traînait à sa suite dans toutes ses marches militaires, lui laissait par dérision la pourpre impériale , et en montant à cheval , se servait du dos prosterné de l'empereur comme d'un marchepied. Telles étaient alors les salur* nales de la royauté asiatique. Abâtardie sur le
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sol natal, elle devait laisser à des rejetons plus sains la gloire d'un triomphe légitime et honorable. L'empire était gouverné par Oallien qui en représentait avec beaucoup d'es^actUude la situation^ les vices et les ressources. Morts pour l'action, incapables 4e la moindre initiative, l'empire et soD maître subsistaient par une grande force d'inertie^ Appuyés sur l'habitude, ballotés ^ans cesse » la même place parle tangage journalier et le train commun des événements, ils étaient pour quelque temps encore à l'abri de la destruction. Gallien édait perdu de débauches, déshonoré par sa lâcheté, mais fin, paresseux, expectant, il vécut immobile dans Rome, tandis qu'au pjed de son tribunal mugissaient les flots de la guerre civile» et que pour re* pousser les invasions extérieures dont tout annonçait l'approche, chacune des provinces ne voulant plus confier le soin de sa défense à un tel homme, se séparait de la métropole à petit bruit, sans trop d'effort, moins par colère que par prévoyance, moins pour se venger que pour se faire un sort à part. Gallien n'y trouva qu'un remède. U défendit aux senteurs de porter les jarmes.
Malgré les paroles stupides et les sentiments bas que l'Histoire attribue à ce malheureux Gallien , il ne faut pa« l'Aiccuser seul de la défection générale. Ce ne fut point le crime d'un homme, mais l'arrêt de la destinée. Cette tendance était ai^cienne; les