‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 77 sur 191 · LIVRE 11. i · texte numérisé non relu

LIVRE 11. i

désordre » il voulut régulariser ranarcbie et remplacer un déchirement par un partage. Dans cette vue» Dioclétien divisa Tétat en quatre parts, gouvernées chacune par deux Augustes et par deux Césars, leurs subordonnés. Ce plan serait l'œuvre de la iblie, s'il n'avait été celui de la nécessité ; mais Rome déjà attaquée de tous côtés par les Barbares, ne pouvait plus le repousser sans sortir de ses muraille»; il fallait donc placer la défense sur ses frontières, et lorsque nous répétons, après Aurclius Victor et les écrivains contemporains, .que ce fut une grande calamité pour les quatre portions détachées, de nourrir une cour et une armée ; nous oublions que telle est la condition de nos états modernes, qu'ils lui doivent leur élasticité, leur force et leur concentration.

La vérité est que Dioclétien devina l'organisation moderne en formant une fédération de quatre royautés, qui après avoir relevé de son ascendant personnel pendant sa vie^ étaient destinées à devenir indépendantes après sa mort. Ce qu'il envisagea surtout, ce qu'il se proposa principalement dans cette révolution administrative^ ce fut la réalisation pleine et entière du pouvoir suprême, et^ comme les formes de la république impériale s'opposaient à un tel essai dans l'enceinte même de la métro-* pôle , il la quitta pour exécuter, le premier, une pensée hardie qui avait souvent traversé l'esprit

ses prédécesseurs : il transporta le siège de Tempire hors de Rome.

L'Asie con?enait à un tel essai. Nicomédie devint la demeure de Dioclëtien. Il en bannit toutes les formes républicaines. L'empereur cessa d*étre le premier des citoyens, et devint un roi asiatique ceint du diadème, couvert de soie et d'or^ gardé au dehors par des ncholm^ an dedans par des eunuques; inaccessible, inabordable, silencieux, sévère, un être plus qu^humain, servi à genoux , en un mot adoré. La multitude populaire, répétée par la multitude des historiens, ne vit dans cette métamorphose qa*un orgueil sans mesure et sans motif. On pouvait pourtant se bornera remarquer avec Eutrope que la royauté avait remplacé Fempire (1).

Une cour nombreuse et, comme nous le disons aujourd'hui » un personnel immense se substituèrent à la société d'amis et de commensaux qui entourait les empereurs. Ce fut une innovation réelle, malgré quelques tentatives analogues d'Hadrien. Approcher le prince devint , comme en Orient, le suprême honneur, le seul honneur. Alors on vit paraître, pour la première fois, un grand chambellan, des officiers du palais, de la chambre, de la maison impériale, des comtes des largesses,

(1^ « DlocIetiaDus Imperio Romano primas régis

consuelidiiiis forroammagis, quam RoinaDaelibertaUsÎDTexii. • Euirop. Brev. IX. i6.

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