‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 78 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

des ducs y des ministres» enfin la hiérarchie moderne.

Dans celle disposition politique, non seulement Dioclétien protégea les chrétiens» mais il leur ac* corda sa confiance entière. On les irit à la tâte de ses palais, de ses ministres» de ses domaines particuliers* Toutes les affiiires étaient entre les mains chrétiennes de Dorothée et de Gorgonius. Prlsca femme de l'empereur, Valérie sa fiUe, professaient, quoique timidement, le christianisme; Dioclétien ne l'avait pas adopté, mais tout porte à croire que ses intelligences avec les chrétiens furent poussées très loin ; je n'en voudrais pas d'autre preuve que sa haine contre. le manichéisme» qui ne pouvait affecter un paten. Cependant, la persécution la plus horrible lui fut arrachée par ses co*régents. 11 ne faut point la croire, avec Voltaire et Gibbon, inférieure en victimes à l'évaluation des auteurs ecclésiastiques; mais, dans une colère dont Tac* cent révèle une déception , dans le mépris dont les chrétiens accablent Dioclétien, dans les flétrissures qu'ils lui impriment, dans je ne sais quoi d'amèrement ironique qui se mêle à leur anathème, dans le soin évident qu'ils ont pris de détruire, d'anéantir tous les actes , tous les témoignages favorables à l'empereur (1), on reconnaît aisément une indi*

(1) Daos les eiemplaires manascnls d'Ammien-Marcellin ftarl' 19

gnalion qui ne 8'adre8se|pas à un ennemi seulement) mais à un traître.

S'il y eut trahison » Dioclétten ne larda pas à Texpier : son irône, sa femille» son prétendu repos de Salone, sa vie méoie » tout lui fut arraché, aui applaudissements d'une population immense.

Cette dernière épreuve flit terrible , mais triomphante; désormais le Christ était roi. Vainement les mains impures de Galérîus , de Licinius et de Maxence, voulurent rallumer les auteb des dieux, la tolérance était devenue la loi de l'empire et le vœu du monde. Galérius rongé des vers, Licinius rêvant le pouvoir suprême, subirent égatemem cette nécessité : ils la sanctionnèrent par des édits, et Constantin pi'omit, comme eux, de tolérer le christianisme. Le prodige qui amena la conversion de Constantin, la protection céleste dont il fut spécialement honoré, lui donnent une place à part dans l'histoire de l'Eglise ; mais, humainement parlant , il réalisa les plans avortés de Dioclétieo. Il ^t vrai qu*il y porta un courage, une résolution et un bonheur que Dioctétien n'eut jamais.

Au lieu de Nicomédie , ville de plaisance, Constantinople, la clef, la frontière de TEurope et de l'Asie.

venus jusqu'à nous, les feuillets relatifs aux premières auaées de DtocléUeti , se soni u^uvés arrachés.

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