‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 80 sur 191 · LIVRE II. i · texte numérisé non relu

LIVRE II. i

poar n*y entendre parler que des querelles d'un patriarche et d'un prêtre. Les contraindre au silence lui sembla simple et facile ; il leur écrivit comme Auguste ou Tibère aurait parlé à deux fiamen ou à deux salions disputant sur un passage obscur des livres sibyllins on sur la façon de consulter les poulets sacrés.

Constantin ne voyait pas au delà , mais il ne tarda pas à approidre qu'il s'agissait d'une matière plus sérieuse; le sigàe de tète olympien qui aurait suffi pour glacer l'orthodoxied'un pontifo de Jupiter, ne produisit qu'une impression légère sur les serviteurs du Christ. Cependant) la brèche ouverte par Farianisme s'élargit rapidement. Une foule d'évèques se déclarèrent pour la nouvelle interprétation du Verbe ; du fond de l'Egypte et de la Syrie, swtit une armée d'hérétiques, et dans la Palestine mèmcy au pied du berceau de N. S., sa divinité fut contestée. L'andaee et l'emportemeiH des Ariens(l ) croissaient tous les jours, les évèques s'armaient contre les évèques, le peuple contre le peuple. De la Thébaïde jusque aux murs d'Alexandrie, l'Egypte n'était que trouble et confusion. A la fin, on ne se borna plus à. nier Dieu, on renversa les statues de l'empereur. Il porta la main. à son menton, et dit : < Je « ne me sens pas blessé; » mais, sous ce mot politique , se cachait une indignation bien vive ou du

(1) Saîm Jean Gbrysostône. Homel. XXI.

moins une grande défiance. Gonsiantin comprit surtout la nécessité de fixer l'unité religieuse et administrative du ehristiaaisme. Après tant de conciles rassemblés par des évéques et des patriarches , il sentit qu'il fallait convoquer le plus grand de tout, le plus illustre, le plus universel au nom de l'empereur souverain pontife. Il convoqua le concile de Nicée et le présida (4).

Les Pères eurent voix consultative ; mais seul Constantin dirigea, rérama^ publia et légalisa l'assemblée. Sans doute , il inclina devant elle sa tAte ornée de perles et de diamants ; une crainte religieuse parut empreinte sur son visage, il baissa les ]reux avec respect et entra dans l'enceinte, d'un pas modeste. DdM>ut, à côté de son siège , il ne s'assit qu'à la demande instante des évéques ; mais ce siège était un trône, et si le concile put agir en toute liberté, cette liberté émanait du prince, c'est à lui qu'elle fut demandée» c'est lui qui l'ac^ corda, c'est lui enfin qui donna la parole aux évéques.

Lorsque le symbole de la foi eut été fixé dans cette mémorable assemblée , lorsque le mot cou* subêianiiel eut dissipé tous les nuages, ce fut Constantin qui publia les actes du synode par uneeîr* cttlaire administrative adressée au corps entier de répiscopat. Il y joignit une lettre destinée spécia-

(t) Voir aux Pièces Josiificatives (B.) , un exlrak de Tilleoiont.

Page 1