LIVRE II. i
lement au patriarche (rAlexandde. Cette épttre est un véritable mandement : c'est en son propre nom qu'il rend compte des observations du concile^ se regardant « comme un des évéques présents à l'assemblée (1). » Bien plus, il lança un anathème, une véritable bulle d'interdit : « Constantin c vaiiu]ueur , grand, auguste, aux évoques et aux ff peuples de la Judée : Arius doit être noté d'inPat mie à l'égal de l'impie Dioscore. » Il veut qu' Arius et ses seelateurs soient nommés porphyrieps , que ses livres soient jetés dans les flammes et leurs détenteurs punis de mort.
Ensuite , s^adressant à l'hérésiarque lai-mème , après avoir pris la peine de le railler sur sa doctrine, sur ses écrits et même sur sa figure j après avoir cité la sibylle Erythrée, l'infatigable pontife impérial compare ironiquement le nom d'Arjus à celui d'Ares on Mars, dieu de la guerre, et plein de confiance dans ses propres talents comme controversiste, engage l'hérétique à le venir trouver, l'assurant qu'il le convertirait ou serait converti par lui. Constantin, au troisième siècle, était théologien comme les rois du dix-huitième étaient poètes et philosophes. Enfin , pour couronner son œuvre , il exile Arius, condamne de sa propre autorité les Donaiistes et promulgue en même temps un grand édit pour exhorter ses sujets d'Orient à quitter
(1)« Mequoqae, quamquàin unoex vobis. » Eus. 111, 17, p. 586.
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ridolâlrie (1); mais il déclare quil ne veut contraindre personne , laissant à ses sujets la liberté de conscience (2).
Malgré son titre d'impérator^ Constantin fut véritablement un roi dans toute la force, dans toute rétendue de ce grand nom. Il était de maison souveraine, non seulement par les chimères des généalogistes qui le faisaient descendre des anciens rois de Phrygie, pays de ses ancêtres, mais parce qu'il était neveu et fils d'empereur, arriére- nevea de Claude 11^ le Crothique, fils de Constantin^ surnommé Chlore ou le pâle. Hélène, sa mère, n'était dit-on, qu'une concubine. L'imputation n'est pas avérée, et n'a d'ailleurs , dans les mœurs de cette époque, qu'une importance très secondaire. Constantin vécut en roi , dans toute la plénitude du pouvoir, et s'il n'eût fait un partage del'empireentre ses fils et ses neveux, à l'exclusion de ses frères, il serait mort en roi, comme il avait vécu (3).
Un fait sans exemple et jusqu'à présent sans explication, se rattache au testament de Constantin. Il nomma Roi de Pont Hannibalien (4), fils de
(i) Eas. II, Vit. c. 47, 4S, S6, etc.
(9) Eas. II , Vit. c. 60. Fieury , Hîst. Eocl. LW. X , c. 40.
(8) Saint Augasiin (Cité de Dieu , V, 36) aclièTe le tableau des venus et des succès de Constantin par ces mots : Il a laissé Vempire à ses enfants.
(4) Ses médailles portent :Fl. Hannibaliano. Rbgi. Eckhel, jl , vol. VIII.