‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 82 sur 191 · LIVRE II. 1S · texte numérisé non relu

LIVRE II. 1S

son frère Dalmace. Pourquoi ce tiire de roi? Elait-ce un essai? une pierre d'attente ? un exemple indirect? Quoi qu'il en soit, une pensée grave et d'une haute portée pouvait seule heurter un préjugé aussi enraciné. Hannibalien fut le premier et le seul romain nommé roi. Il périt avec sa famille et les conseillers les plus intimes de Constantin , dans une émeute généralement imputée à Constantins, fils et successeur du premier empereur chrétien. Ce massacre est resté inexpliqué. Un écrit ré* cent très remarquable (1) l'attribue à une réaction du polythéisme. Cette interprétation n'est peut-être qu'ingénieuse. Les païens en Orient, à Conslantinople surtout, n'avaient ni ce pouvoir, ni cette union, ni cette audace. Dans de pareilles ténèbres, tout est conjecture, et loin de rien affirmer, c'est avec Taccent du doute que nous indiquerons la restauration de la dignité royale dans la personne d'Hannibalien, comme la cause première de la jalousie , de la crainte et du forfait de Constantius.

De son règne à celui de Valons, à part la restauration païenne de Julien, l'Orient tout entier devint arien. Aux chevalets près , l'orthodoxie fut traitée par l'hérésie comme la religion chrétienne l'avait été par le paganisme. Toutes les églises furent fermées aux catholiques ; les ariens occu-

(t) C** Arthar Beognot, Hist. delà Desiraclîon du Paganisme en Occident.

pèreoi les gi-andes chaires ; on proscrivit le symbole de Nicée à l'égal de Tidolâtrie. Les évoques orthodoxes, chassés par Constantin, avaient profité du règne de Julien pour reprendre leurs sièges; et, par un événement plus bizarre encore, ce fut le chrétien Valons qui les en chassa ; tant la guerre civile est plus impitoyable que la guerre étrangère. Un rationalisme hardi ne constitua pas te caractère unique de la secte d'Arius. Son adoption fut l'essai d'une sorte de religion de TÉtat ; une tentative de suprématie anglicane.

Pendant soixante ans, Tarianisme gouverna VOrient ; à son origine^ il avait puisé son importance dans la solennité même de l'arrêt qui l'avait flétri. Nicée avait élé à |a fois sa condamnation et sa gloire. Toutes les forces de la puissance morale et du pouvoir matériel s'étaient réunies contre lui, et certes, dans une telle coalition de ce que les hommes craignent ou révèrent, la victime n'est jamais sans grandeur. Quelque intéi%t s'attacha d'abord à celte cause; c'est ce qui est évident, malgré les récits des auteurs ecclésiastiques. Indépendamment du désir d'affermir son pouvoit*, Gonstantius céda à ce mouvement passager de l'esprit public; mais bientôt l'opprimé devint puissant , et le perse* cuié, selon l'usage, se rendit aisément persécuteur. 11 abusa pendant quarante ans de sa nouvelle position.

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