‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 83 sur 191 · LIVRE H. 19i · texte numérisé non relu

LIVRE H. 19i

Les masses se reiournèreot alors ioui d'un coup vers les orlhodoxes. Ils avaient pour eux, avant tout, la force de la vérité et Tattrait du malheur ; ils avaient de plus la supériorité du génie, accru, fortifié, mis en lumière par le rôle toujours brillant d'une incessante et juste opposition. Depuis longtemps Arius n'élak plus ; le parli n'avait plus même le secours des Eusèbe, hommes du second ordre, mais habiles dans l'art de gouverner les esprits ; tous ces évéques, tous ces métropolitains, que l'arianisme avait placés sur les principaux sièges, n'étaient en général que des ambitieux vulgaires, soutenus par les eunuques et les concubines du palais, incapables d'indépendance, faute d'écho dans l'opiiiion publique et de point d'appui hors du palais. Nous ne les connaissons il est vrai que par leurs ennemis ; mais eussent-ils été plus dignes de leur fortune, ils n'auraient opposé qu'un ridicule contraste aux noms d'Atbanase^ de Bazile et des deux Grégoire. En outre, devenu religion d'Etat et de cour l'arianisme assuma la responsabilité des règnes longs et désastreux de Constantius et de Valons. La popularité d'un nouvel empereur chrétien devaitévidemment réralter de son hostilité à cette secte. A la fois neuve et usée, la doc^ trine récente était plus facile à détruire que le poly* théisme décrépit^ car elle n'avait encore qu'un fatle et point de racines. Elle se trouvait dans la pire des

conditions. Aux yeux de la majorité, ce n'était pas une religion 9 mais un système philosophique, presque un exercice de dialectique sur un sujet qui n'admet pas ces jeux d'esprit. C'est à ce niveau que les Pères avaient savamment abaissé le dogme régnant.

L'Eglise avait besoin d'une main puissante, d'une main royale qui brisât d'un môme coup l'arianisme en Orient, le polythéisme en Ocddent. Théodose remplit ce double vœu. La secte d'Arius, chancelante et divisée dans le reste de l'empire, dominait toujours à €k>n8taQtînople. La subtilité môme des questions dont elle soulevait l'examen, avait séduit les Byzantins de toutes les classes. L'arianisme était d'autant plus populaire i Gonstantinople, que cette foule d'hérésies dont celte capitale a toujours été le berceau et l'asyle, vivait avec lui dans une paix fraternelle. Seule, Torthodoxie était exclue d'une telle tolérance.

Après la mort de Vaiens, les orthodoxes reprirent l'avantage, mais l'état des esprits ne leur per-* mettait pas la domination; avant de s'emparer des chaires et des temples usurpés par les hérétiques, ils leur en offrirent modestement le partage. C'est ainsi qu'Eulalius, évoque d'Amasée, dans le Pont(1), proposa au pasteur intrus de conserver le

(1) Poichè in virlù delIa legge di Graziano (Socr. 1. 5, c. 4. Sozom. 1. ly c. 9.) ebbero i vescovi esali per la fede oilenoto la iî-

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premier rang » se contentant de la seconde place. Les dissidents, comme tous les partis épntsés, ne comprirent pas que le moment des exigences était passé; peu sûrs encore du succès des catholiques^ ils rejetèrent leurs offres, et par cette conduite impolitique , ils forcèrent leurs adversaires à pousser leur défense jusqu'au triomphe.

A l'avènement de Théodose, il y avait dans Con*stantinople trois évêques : Damophile» arien; Gré^ gpire de Nazianze et le philosophe Maxime, tous

bertà di tornare aile loro chîese» e di meitersi alla testa de'Ioro greggi ; sieoome la maggior parte di essi trovarono le loro sedi oecapate da' vesoovi ariani , affinchè il timoré di perdere la dlgnità Teseovile non rendesse costoro vie più ostinati ed inflessi- Mi neir errore^ o la pertinacia di ritenerla senza legittlmo litolo non fiMsesse saccedere alF ereeia lo scisma, quoi che non meno amayano la paee e l'anità délia Chlesa, ché la purità délia fede, oifersero agi! asurpatori de' loro troni di vivere in pace con essi^ di non eontendere su lor dîritti y e di non ambire sopra di essi il piteato, e di reggere anitamente le loro peoore, purchè animati d^DD medesimo spirito, concorressero a somministrar loro lo stesso pascolod'nna sana ed incorrotta dottrina. Fra questipaci- §d pâstori apedalmente vien commendata la mansuetudine e la modestia dnKolaliOy vescovo di Amasea nel Ponto : il qiiale benchè trovasse la suasede occupata da un vesooyo ariano, cui appcnaubbidivano einquanta persone délia sua setta : uondimeno tolendonnchoaqueste agevolare il ritorno alP unità délia Cbie«iy pregè Tusurpatore del suo trono di tener ne Chiesa il primo postOy e di seco goyemare quel popolo, cedendogli il primato in prenio ddk oonservata ooncordia ; ma coluii ostinato nell' eresia, ricoso nna si yantaggiosa ed onoreyele condizione. Onde giustamente offesi que' pochi, cbe lo seguivanoy lo abbandonarono, e si minirono al gregge del loro legiltimo pastore. » — Gard. Orsi^ XV, M.

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d^ux orthodoxes : le premier, élu par le peuple, le secoDd, par un concile» le troisièiDe, par «me faction. 11 fallut recourir i reinpereur» chef véritable de la i^ligion* Théodoae arrive : l'arjen eat cbaasé, le philosophe disparaît on ne sait comment. L'empereur embrasse Tévéque (1) qui reçoit cet honneur avec une joie tempérée par la crainte. BientOtf àla suite d'un noble entrctUen, le monarque et le patriarche marchent en pompa à Téglise de Sainte-Sophie , occupée encore par les hérétiques* Une troupe armée garde toutes les avenues de l'église , tant le succès de Tévéque catholique est impopulaire à Byxance I Mais cet appareil militaire n^enchalne point la colère de la multitude ; malgré la présence impériale» autour de GrégCHre et de ThéOdose régnent le trouble » le t«multe. Les rues, les places^ les balcons, sont remplis d'hommes, d'enfants, de vieillards, qui poussent des hurlements de rage ou de déses* poir* L'empereur est étonné,. Tévéque abattu} tous deux se croyent dans une ville prise d'assaut; enfin l'empereur passe outre et intronise l'évèque. Gelui<-ci, tremblant, éperdu, à demi mort, se laisse installer. Aussitôt, l'horizon chargé s'éclaircit pour faire place au plus brillant soleil, et la fureur du peuple disparaît avec les nuages, menaçante comme eux, mais ^non moins légère.

(1) Grcg. Nax. Car. I. - Socrat. V, 7. — Sozom. V1I,5.

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