LIVRE II. i
de TiroDie qui ne fonde ni ne restaure , surtout »'il avait vécu plus longtemps , peut-ôtre eût-il raUié autour de lui^ pour qudque temps du moins, le sénat de Rome^ les clarissimi des villes et les grands propriétaires indécis encore entre les deux religions ; peut-être les classes riches et nobles se seraient*elles prononcées pour un moment, et cet* assentiment eût forcé les suffrages de leur nombreuse dienteile. Julien ne put accomplir son dessdln qui n'était qu'un goûl. Rhéteur , il ne gagna que des rhéteurs ; malgré sa bravoure dans les combats et l'béroîtome de sa mort , il apparaît dans l'histoire comme un intermédiaire entre le monarque et le comédien. Au surplus, Julien lui-môme avail«il édiappé au souffle du christianisme ? ne semblet-il pas plutôt quelque hérétique chrétien^ quelque sectateur de Menés , les yeux fixés sur les astres , interrogeant non pas Jupiter ou Vénus, mais la lutte indécise du bon et du mauvais génie? ^Nous le savons d'ailleurs, d'une manière certaine ; Julien voulut imposer au collège de ses prôtres une* ré-^ forme imitée du christianisme. « Galiléen, tu as vaincu! t dit*il en mourant. Et dans cet aveu *de sa défiûte, dans le cri de désespoir de cette ame Uessée, n'y a-t-il pas plus de christianisme que de hlaaph^e?
Quoi qu'il en soit, le réveil des Dieux ne fut qu'un intermède rapide et frivole; la pensée d'une oppo-
i98 HISTOIRE l>£ LA ROYAUTE.
silioo k régltae naîssaïAe ne parait dans celle leota lira ayorlée , qu'uoeflbri du paganisine puArtle* ment irrité; cependant» loin d'être atntto par la fci nouvelte» il traita eneore tongtempa d'égal à égkl^ et lea deux religions se perlagèrent rOccideat.
Dans le sénat comme dans le reste de l'empiife y les opioions étaient diirîsées« Prudenee^ dans un poème pldn de f^rce et d'éclat, a beau faire treasaiW lir de joie les pères conscrits, € ces brUlanles lumières du mondci ce conseil de vieua Galons ; » en ^n il neas les montre préférant T habit blanc du néophyte à la toge roasaine ; toat en receAnaisBant avec lui dans les églises et près de la fi3ntaine sacrée des Apôtres, les problématiques descendants d'JSvandre et d'£née, les Quintias^ les Olybres, Usb Paultts, et plus grands qu'eux tous , les fil» des Grecques ; nous atunmes encore à chercher dans ritiatoire des troisième et quatrième siècles, oatte unanimité de croyance tant ^ntée parle poèto. Lui- 'même dément d'ailleors ses illusions lorsqu'il dit avec une gravité majestueuse, écho de Luctèce, aa^ cent précurseur de Dante : « J^'avais pensé que cette « ville si longtemps malade du vice de Tidolairie, € avait enfin chassé le poison qui la consumait ; j'a- « vais pensé que la main toute paissante des cm- <c pereurs avait posé un baume immortel sur ceCie i plaie ; mais il n'en est pas ainsi , la peste est re- < venue, elle menace encore les enfants de Roma-