‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 86 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

< lus. ImploroBS le. jpère de la patrie! 0 Rome, « dépouille too antique parure : la pourpre du € triomphe ta couvre, et ta tôte &*élàve fièrement « eeinte de Tor conquis sur Toni? ers ; mais cet « édat sans pareil est obscurci par un nuage fu« « neste^ l'ombre s'étend sur ton diadème , d'é- « paisses mipeurs t'envdoppeot de toutes parts» des € larves hideuses , des speetres livides et bléuAtres

< voltigent eDoore autour de toi. Reme ! lève les « yeux vers^le ciel» «t d'un regard, fliis disparaître € tous ces fantômes (i). » Sans doute le poète diféiien regrette et ne désespéré pas. 11 croit, pMTce que Christ est» selon son admirable exprèsgioD, le remède contre tes tyrans (2). Mais èa victoire quoique certaine, est^ncore loin d'être irnmé* diate. Déjà les Dieux ne gouvernent plus Tomptre, i'encens n'est plus brûlé sur leurs autels que d'une HHÛn parcimonieuse , ils n'eflBrayent plus, mais ils plaisent encore^ Ces fantômes que Prudence revôt d'une forme hideuse et d'une couleur livide , n'avaient point cessé d'être le choeur harm(Hiieax des divinités olympiennes chantées par Virgile à le cour d'Auguste* Ce n'étaient (^us les protecteurs du Capitole» «royanee à jamais détruite^ même dans ceux qui s'efforçaient de la faire revivre; mais pour

(i) Aurd. Prad. Clemen. Lib. prior. p. 409. Edit. Secun. Bal» lhsâd>orgi€dS, 173d.

(S) « TyraMMimiD aediciaa. »

beaucotkp d'esprits culiivés et d*imagiaaUons élevées, ils étaient toujours ies contemporains de For* banité romaine. La victoire du christianisme fol lente; il y avait trop de souvenirs à dompter, trop d'orgueils à faire fléchir, trop déplaisirs à changer en sacrifices. L'aristocratie surtout devait défendre la religion latine, car c'était son apothéose. Sym* maque, l'un de ses membres les plus illustres, alla demander à. Fempereur Yalentinien H le rétablis* sèment des antiques coutumes} et bien qu'il prit peut-être le vœu d'un parti pour la.réclamation d'un CQrp^, il éleva avec conviction et autorité une voix qui fut entendue. En plaidant la cause caduque du polythéisme, il eut moips recours aux figures d'une rhétorique spécieuse et brillante qu'à des argum^ftts d'une valeur incontestable ou du moins d'une éternelle jeunesse, puisqu'ils ont été renouvelés de nos jours, dans un intérêt analogue, quoique assurément plus légitime et plus sacré. Symmaque ne se contenta pas d'introduire Rome ^elle-même, et de lui prêter le secours d'une vaine prosopopée ; il n'en . appela pas seulement à la i:aison : il eut recours à ces calculs, à ces recensements, à ces chiffres . enfin qu'on oppose aujourd'hui à toute les inspirations de l'ame, à . tous les mouvements du cœur. Si les anachronismes de langage étaient permis, même pour éclaircir la pensée, Symmaque écrivit un pamphlet et fit de V économie politique.

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