‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 87 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Dans la spoliation des biens fonds appartenant an collage des prêtres, aux vestales^ enfin à toute l'organisation du sacerdoce païen, il balança en vrai ministre des finances 9 les profits du fisc et les pertes de Tétat. Il trouva les uns légers, les autres incalcttlables ; il attaqua la confiscation des biens de Tordre sacerdotal par cet argument tant de fois répélé depuis : qu'il fallait respecter les donations pîeuaes, parce qu'elles avaient été faites de bonne foi dans un intérêt général (1). L'effet de cette requête fut puissant ; Symmaque était préfet de Rome, il tenait par ses alliances à toute l'aristocratie de la métropole. Une population entière, guidée par des bommes du plus haut rang se groupait, derrière lui. Les temples dans leur imposante magnificence restaient encore debout sur les septcolUnes. Quoique l'autel de la Victoire ne s'é-

(1) « Diclenl tesUmenta securi^ et seîaiit sub principibas non

aTârisstabileasseyqnod scripserini Saciilegio annus

exaniît Qaid taie provinci» perlulerunt, cum religionum

fflinistros honor publicus pasceret? Quando in usum hominum ooncuaan quercas, qnando vulsae sont herbarum radiées , quando alcernos regîonum defectus deseruii £aeenndiU8iniitiia;cùnipo* pulo et virginibus sacris communis essetannona? Commendabat enim tenrarum proventas TÎclus antisiitum : et remedium magis,

qiuun lai^tas erat Oronia regitis^ sed suum

cuique sçnratis : plosque apud vos justitia, quam lieenlia valet, Consulite cerle muniûcenliam vestram, an baec publicaveliteiistiniari, qns in alîos transtnlistis P Semel bonori Urbis delata compendia desinunt esse tribuentium ; et qaodà prineipio I>eneficlttm fuit, usa atque aetaie fit debitum. » Symmach. Relat. in. S. Ambr. Op. T, II. p. 839. (Parisiis, 1690.)

levât plus au milieu du sénats h statue de la déesse iren avait pas été bannie. Le cuite puMic sans être proscrit tombait en désuétude, mais dans Tintérieur des familles, plus d'un foyer, plus d'un portique, se décoraient de limage des ancêtres et des lares, ta famille Anicia, placée k la tête du mouve^ ment chrétien, élevait encore en Al A des autels à son Génie Conservatear (1). A la mêïne époque nous voyons des existences nobles dt calmes parmi les chefs de Taristocralie païenne : tel était Yetius Agorius Pretextatus (2), chargé d'âge et de digni«tés, ancien préfet du prétoire d'Italie, consul désigné, la gloire du patriciat , Tespérance du poly* théisme. Malgré sa religion, il s'était fiiit aimer de tous : l'amour de la paix, une vigilance in&tigable pour la sûreté et l'utilité publique, un beau caractère et une humeur doucement enjouée caractérisaient cet homme illustre. 11 avait assaini Rome, régularisé son architecture domestique, prévenu les incendies en isolant les temples des autres édifices publics ; il avait essayé de fixer les poids et les mesures ; enfin , c'était un homme vertueux et un administrateur excellent. A sa mort, Syiamaque et le sénat obtinredt d'un empereur chrétien la permission d'élever une statiie à ce dwnier

(1) Villeuudii, Mélanges. — C^* A. Beugnot, Pasuûsme. T. II. p. 15.

(9) Macrob. Satura. XXIV.— Symin. Efiu 1 , 3S , 41 , 49,X, S3.

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