‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 88 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

champioB de Rotue païenne* Les vestales lui ren-^^ dirent le môma hommage, que nul n'avait encore reçu de leurs mains vénérables ; la reconnaissance de sa veuve, Topuleate matrone Fabia Aconia Pau* lioa, consacra une statue de marbre à la grande vestale Gornélie. Enfio^ pour. meUre le oomUe à tant d'honneurs qui irritaient saint Jérôme, Tadmirar lion publique décréta l'apothéose de Pretextatus g et plaça parmi les astres de la voie lactée ce grand vieillard aimé des Dienz. En présence. d'une, opi-» nion si vive , les empereurs devaient être remplis d'inceriitude, ils hésitaient ; mais, dans ce moment diffieile, l'Eglise suscita des esprits et des cœurs à ftbri de toute crainte comme de tout ménagement. Ambroise, Prudence ^ s'armèrent contre Symmaque, l'un de toutes les merveilles d'une éloquence divine, l'autre de toute la force d'une poésie déjà jm peu barbare, mais énergique. Les ministres, les côartisans, conseillaient de se rendre au vœu du sénat, dont Symmaque était l'interprète. En pre^ nant ee parti , il y avait même de la popularité à gagner. Pour l'-empereur, l'occasion était sédui*

«mte ; pour saint Ambroise » la circonstance était critique et décisive. Il répondit sur le champ à Symmaque. A des arguments d'un ordre plus élevé, il ajouta que « César devait maintenir ses droits « comme maître de l'empire. Le revenu, confisqué € sur les prêtres idolâtres, ne leur appartenait

€ plus : il était au fisc; on. demandait ^u pruoe^ c non une restitution , mais un don (1)» » Yafen-

tinien entendit la voix de Téffique, il repoussa Symmaque; mais Tempire fut moins dodle que l'empereur. Lorsque Théodose parut dans Rome , Symmaque retint eneore avec son étemelie requête. Le dédain fut le prix de sa persévérance; on lui délendit de parler. Les temples tombèrent alws par la mine et Tineendie. Douxe jours suffirent i peine pour renverser le magnifique sanctuaire de Jupiter olympien ; L'E^pte gémit de la chute defiérapis ; les provinces et la métropole retentirent du bruit de la hache et du marteau. Cependant, on conserva les statues comme des produits du génie grec . et des témoins de la magnificence romaine. Battu en brèche , le culte des dieux fut toléré. La "vieille chasteté des Vestales resta toujours commise i la garde du feu sacré, et loin de l'exercice des grands emplois , le paganisme fut toujours la religion avouée de [dus d'un fonctionnaire de l'empire. Ces ménagements survécurent même à Théodose (3).

(1) a Miror quomodo aliquibus io spem yenerity quod debeas aras dits gentiiïm luo ioataiirare prœoeplO) ad iisq8 quaque sacrifidonm profaDorum prœbere suffltum ; qaod enim jamdudum yel fisoa vel arcae est vindicatam, de tuo magis oooferre videbere, quam de suo reddere. » S. Àmbr. Med. Op. Ep. î7, T. II, p. »24. (Parisiis, Coîgnard, 1690.)

(S) Les consuls , 80US Théodoseï prenaient encore les auspices parrinspectîiyi des poulets sacrés. Edit d'Uonorias. LeBcau, Hist. du Bas-Empire.

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