‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 89 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Sous le régne d'Honorius son fils , Généride , barbare et païen , maia brave homoie de guerre ^ d'une probité sans tache^ commandait la garnison de Rome. L'année précédente^ l'empereur avait publié un décret qui déclarait inhabile aux emplois publics tous ceux qui ne faisaient pas profession da christianisme. Généride prit connaissance de la loi, et sur le champ quitta le baudrier. Honorius l'appela et lui demanda le motif de cette retraite. Le guerrier répondit sans balance qu'il avait mieux aimé renoncer à son grade qu'à sa croyance. € La loi n'est pas faite pour toi , lui dit Honorius, « je t'en dispense; quelle que soit ta religion, j'ac- « cepte tes services. » Généride insista. Honorius révoqua le décret. Sans doute, par cet acte de cour descendance ou de faiblesse , il n'honorait pas seulement l'utilité ou le courage d'un homme ; Généride n'était pas seul, et un parti puissant donnait da poids à ses paroles (1).

Par un mélange habile d'égards pour les personnes, et de rigueur pour les choses, Théodose aurait éteint le polythéisme qui , déjà compromis par la chute du tyran Maxime , ne put résister à l'essai maladroit de réaction païenne tentée par Eugène.. C'était un triste imitateur de Julien; rhéteur de métier , comme Julien l'avait été de caractère et d'esprit, il leva l'étendard de la ré- : (i}Zos.y,4S.

volte^ reçat un hmbeâa de pourpre des mains d*Arbogaste et promit aux Romains le rétaMissemest des temples. 11 rencontra Théodose an sommet des Alpes« A la clarté du fou sacré , les simulacres d'Hercule et de Jupiter brillaient dans le camp d*Eugène; le Labarum flottait sur les tentes de Tbéodose. L'empereur et le tyran haranguèrent leurs troupes (i). Le choc fîit terrible, mais le Christ l'emporta sur Hercule , et la mérité sur la rhétorique. Eugène vaincu , pleura aux pieds de Théodose ; il demanda la vie sans l'obtenir. Les foudres de Jupiter forent distribuées aux soldats^ parce qu'elles étaient d'or. Les pères de l'Eglise* les poètes chrétiens , avaient versé i pleines mains sur le paganisme, toutes les fleurs amères d'une ironie oratoire, mais le ridicule en action lui manquait encore. Désormais il ne lui manqua plus rien.

Tant de causes réunies soft préméditées, soit for* tuites, tant d'efforts multipliés^ tant de volontés et de pouvoirs mis au service de la foi nouvelle , suffirent à peine cependant pour détruire l'ancienoe croyance. Bannie de la politique et de la législation, elle se réfugia longtemps dans les mœurs ; non seulement les dieux et les déesses , malgré Fana** thème de Prudence , gardèrent leur rang en poé^e et parurent sous les auspices de Glaudien dans les

(1) August. Civ. D. y. 96 — Theodoret. V. 94.

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