LIVRE
bjmn^a officiels et les épUbalames impériales, mais uo parti païen très fort, subsistait toujours sur les débris des temples. Quoique Tambition jetftt du discrédit sur les autels des dieux , elle eouseillait de méoager eucore leurs adorateurs. Malgré la défaite ignominieuse d'Eugène, le vandale Stilicon qui sous Honorius gouvernait FOccident , erut devoir donner une amnistie aox troupes de ce Julien avorté. Flottant entre deux croyances , ou plutdt entre deu;x succès , il brûlait les livres sibyl* lias, eidans le même temps, pour enlever à la race de Tbéodose Tappui des troupes qu'il voulait rendre favorable à son propre fils, il élevait cet enfant dans Tancien culte ; mais ses efforts furent vains. Tbéodose, au contraire» avec rappui du cbristia* QÎsme, fonda une maison impériale , représentée par une série de générations successives, dont l'éclat, malgré les invasions des barbares, répond, plus qu'aucune autre suite de Césars, à l'ensemble et à la forme d*une dynastie. Ces deux empires, ce monde partagé en ses deux zdnes élémentaires au profit des enfants de Tbéodose: l'un en Orient, l'autre en Occident ; ces deux femmes : Pulcbérie , Piacidie , régentes l'une pour un frère, l'autre pour un fils; Honorius lui-même, si méprisé, si faible sans doute^ mais presque imposant par la durée, par la patience, par l'impossibilité de conjurer tant de maux, qui n'éclaièrent dans toute leur force qu'après lui;
r honneur d'être à proprement parler les derniers Césars de Rome et les premiers des rois Italiens : tout cela dislingue la race de Tbéodose de la foule éphémère qui la précéda et la suivit. La gloire de ce grand prince fut aussi d'avoir introduit franchement le christianisme dans Tempire. Il eut des obstacles à vaincre. La minorité des sénateurs était chrétienne I le reste hésitait indécis ou indiffèrent à la vérité en la redoutant ; mais tandis qu'ils attendaient , plus courageuses, leurs femmes agissaient. Ce furent les dames romaines , les Paula , les Eustochium , les Marcella (i) , qui plus encore que leurs maris ou leurs frères convertirent l'empire à la foi nouvelle ; leurs faibles mains chargées de bagues sénatoriales et de camées héréditaires plantaient la croix sur la rotonde du Panthéon et sur le toit d'or du Gapitole. Malgré les invasions , leuirs richesses étaient immenses , leur luxe prodigieux ; toujours environnées d'une foule d'esclaves, c'est au sein d'une opulence encore intacte, qu'elles choisissaient une pauvreté impossible si elle n'avait pas été volontaire ; elles passaient de leur palais de marbre sous la hutte du pauvre; d'abord par l'inspiration d'une charité céleste , ensuite par une invincible lassitude des richesses et des pompes de l'Univers. Toutes ou
(1) Hyeron.Ep. XXVII, p. «9 el 71. — 1 elXVI, 180 — TilleiQont, l,XII,art.XXXy.