‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 91 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

presque tontes étaient devenues chrétiennes ferventes ; quelques unes en très petit nombre nour^ rissaient les cendres refroidies du paganisme avec une ardeur d'autant plus vive qu'elle était isolée, mais elles formaient une exception ; et tandis que les sénateurs flottaient entre le fanatisme et Tindifférence, leurs femmes étaient décidément néophytes. Elles ne Tétaient pourtant pas toutes ni au même degré ni au même titre ; leur foi également sincère n'était pas toujours également profonde et sérieuse; ces différences de caractère natif ou de culture acquise divisaient Taristocratie en deux partis bien distincts : Tun sévère jusqu'au rigo- - risme, professait la vie cénobitique au milieu du monde , regrettant le martyre refusé désormais, à ses vœux et suppléant à ses délices par des souffrances qu'il s'imposait lui-même; Tautre ne dépouillait la vie romaine que pour en exclure le vice et le crime, alliant d'ailleurs à la ferveur réelle du néophytisme la magnificence et Torgueil du patriciai. C'étaient des veuves illustres, des vierges, des filles de demi-dieux et de héros , issues , grâce aux généalogistes, des Atrides par la ligne paternelle,, des Sctpions et des Gracques par les mères. Ainsi revêtues de tous les prestiges de la mythologie et de toutes les splendeurs de THistoire, elles renonçaient au luxe, aux plaisirs, et ce qui est mille fois plus pénible , aux habitudes de leur caste ; elles consa-

crs^ient aw pauvres d'immenscA Urésora , cao|Miiaal avec joîti dans (a solitude une beauié éelataiiie, wie epuleoce iooowiaeiiaurabte, uoâraoe royab. Bêla* cbées 6ll9S*iiiémea et de leurs a^nveaira d'e»fa— c ^ du eiel d# i^oaie si cher m |Ni&rf€ÎM, si diffieîie à oublier , elles dépouiliaieui Gett» MudMase de eoaur qui avait povrtsiit été iMr pnemiei «pOire. Des femÂes délicaiea, portées jusqu'alops daas^feg litières aur les épaules dea eunuques } dcaroréatufCi amollies et superbea, dont le pied s'était tott|wu» posé sw le manbre ou Tivoire^ eomme les pieds etvins des statues; dea Romaines qui n'avaient jamais vu la ni^r qu'à Oatîe du baut des temMaaa de QMrbre ou dans «ne trirème dorée, deveAses les guerrières du Gbrist» fnétaîeni un naviva^ quittaient leurs aanis, leurs frères ^ leur ioMBeose ielientellei abandonnaient leurs maiacMia; inaeiisibles même aux cris de leurs enfants qui leur tendaient les mains du riyage, elles partaieni jOjyeusea » intnépîUes, touchées >poiirta«l, et levasl les jiaoa au eiel pour ne plus reocoAtrer cequ'^ le« aimaient encore trop«ebéremeai a kur uré. fit 0)à allaieot^l^s? En Syrie, en Egypte, auifoadde quelque Thébaide, en Paleaiîne» sur le moai Sioal, refusant les palais efierte par les prpeoosuls épsAvantés, tant ils étaient Romains, de voir soua la blanobe stole de Coraélie , 'les fiiles des.Scipioas ai deaGraeques sa Uvter aux travaux de femmes es*

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ebvM au pi^d 4' un tombeau d'Asie. Gelte abnéga* lion, celle bumililéeétébréepar saint Jéréme^ était un sujet de plainte , de blâme pour une portion nekift eialtée. Le ehvisltanisme avait aussi son tieràrparti. Les «prêtres, les diaeres, nés à Rome ou 9Êk Italie, paraissaient à la tète de ee que saint Je* rAme^peile les rdâebéset les lièdes, c'est à dire les nadérés. « Eh quoi ? disatent^ils , souifrirons-nous que de faux prêtres^ échappés des cavernes de 8y* fia et d'Egypte tiennent nous enseigner une per* fecUon chimérique, éloignée du véritable esprit de i'EvaBgile 9 SauiHl q«'4ls iroubleni tes familles, qu'ils atracheot les mères aux enfants , 4es filles à iears mères, les matrones à ia patrie , pour les jeter dans les solitudes ultramarines? Les tréaam consulaires ont^its été amassés pour enrichir l'Orient? Dieu ne reçoit-illes prières des hommes qu'au bruit des cataractes ou dans te silence de :1a soliiude? Rome n*esl-eHe pas uft temple digne do lui , et sa puissance est-elle fêtée dans i«s déserta avec plus de grandeur qu'au sommet des sept collines , jadis chargées d'idoles , maintenant plantées de ^oix? Qu'ils repartent tons ces Orienta ux chrétiens de nom, maïs en effet magiciens et astrologues épris de nombres , de symboles, de figure;» mathématiques tracées par une im^ginatiou foniasque, dans des cerveaux échauffé» par la solitude; qu'ils retournent dans leurs fabu-

leuses grottes, et qu'ils laissent à des pasteurs véritables la conduite de nos patriciennes (1). •

Toutes les âmes ne furent pas également desintéressées; Stilicon enlevait les lames d*or du temple de Jupiter Capitolin, et la nobilissime Sérène, sa femmC) princesse du sang impérial, nièce de Théodose , volait dans les sanctuaires les ex-voto de la piété païenne. Entrée dans le temple de la bonne Déesse, elle fit enlever à la statue son riche collier de perles, le mit à son cou et chassa avec outrage une vieille vestale qui lui reprochait son impiété (2). Dans une réaction^ après la mort de Théodose et la chute de Stilicon, le sénat fit étrangler Sérène. Dans toutes les villes, les temples tombaient à la fois sous la spoliation et Tanathème. Il n*en était pas ainsi des campagnes. Là, les croyances étaient des impressions et non des doctrines ; elles tenaient moins du raisonnement que de Thabitude. Plus naïves et plus matérielles que dans les villes, elles étaient plus persistantes (3). Lorsque l'empire ofiiciel presque tout entier s'agenouillait devant la croix , un édit d'Honorius, publié en 396, proscrivait les libations dans les festins , les torches fu-

(I) Raff, in Hyer. passim.

[%) Zosim.V.

(3) Le concile d'Elvire nous apprend (Concillor. T. I, col. 967.) que souvent les maîtres, pour ne pas irriter les esclaves^ n'osaîMt renverser les idoles qui éuient dans leurs champs. A. Beugnot. I>e8Cr.du Pagan., 1,179.

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