‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 92 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

uèbres, les guirlandes d'Hymen et jusqu'à ces dieux Lares tant chantés par iespoèteset si chers aux descendants des Arcadiens et des Pélasges. Inutile défense! On le voit par ces ordonnances mêmes : de toutes les empreintes du paganisme celle-là seule demeurait inaltérable. Le Jupiter d'Olympie était lentement descendu de son piédestal de marbre; la virginité de Minerve ne se manifestait plus dans la blancheur symbolique de l'ivoira; tous les dieux du lectisterne gisaient san.s honneur au pied de leur lit de pourpre ; mais la Naïade indigène habitait encore sa source; THamadryadeJocale n'avait point déserté son bois d'olivier. Ni le glaive ni les édits n'avaient pu dissiper le prestige charmant de ce panthéisme rural, immortalisé par Hésiode et par Virgile : TAger Romanus , les vallons de l'Arcadie ou de la Sabine, conservèrent longtemps ces fêtes gracieuses où Pan et Paies, à l'ombre des platanes, au bruit des fontaines murmurantes^ recevaient la brebis marquée de cinabre et la fleur de pur froment. La fiancée, longtemps encore, quitta la maison paternelle au son des flûtes , et, bien avant dans les siècles, la lampe domestique éclaira sous le chaume les dieux pénates exigus comme elle, et comme elle pétris d'argile. Malgré les édits sans nombre, ce riant paysage (les Géorgiques ne s'efiâça que par degrés et disparut lentement devant le soleil du chrislianisme.

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Ecrit dans le quatrième siècle et selon quelques scholiastes cent ans plus tard, le poème de fiapheis et Chloé reproduit sous une Forme idéale sans doute, mais exacte, l'état religieux des campagnes à la dernière époque du culte des dieux. L'aspect général des localités était encore tout coloré de paganisme. En Grèce, en Italie, telle bourgade, telle petite ville, ctàiont déjà chrétiennes, la foule se rendait dans les basiliques transformées en églises ; les pi^ux, les chemins, étaient semés de croix; pourlant, an (onddo bois, au détour d^un angle caché par les chênes verts^ sur le bord du ruisseau ou du lac, on voyait se mirer paisiblement dans Teau la grotte des nymphes, grande et grosse roche ^ ronde par le dehorSf au dedans de laquelle se cachaient quelques statuettes en pierre, de naïades ou de napées, les bras nusy.... les cheveux sans tresses f..i le visage ricntf et la contenance tette comme «t elles eussent MU ensemble (1). Là se rendaient les garçons et les fiUes, ils couronnaient de fleurs les images des nymphes, non plus pai' religion, mais par une sorte d'iDStinct machinal; la douce nîythologie, inséparable de toutes les impressions du plaisir ^ était encore le langage de l'amour; les cœurs demeurèrent longtemps sous la protection de cet enfant jeune et beetUy qui a des ailes , et pour cette cause prend plaishr

à hanter les beautez; qui domine sur les élé-

(1) tongiiSjd'Aniyot.

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