‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 93 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

maui^ tes esioiUs et swt eenx qm sont dieux comme hiL Si \e rituel de ia théogonie grecque est resté iuséptrable de toutes les. formes de la galanterie, s'il cotMtituait il y a peu de temps encore, ce qu'on appelle poésie et. littérature , si Vénus, Gupidou el les Grâces ont été fêtés dans nos chansons, qu*oti juge de leur empire sur ceux dont la feille encore

ils étaient le culte et la foi. Semailles, moissons, vendangesi tout relevait comme par le passé de Gérés, de Bacchu^ et de Poroone«

Daos cette pastorale exquise, toute la population des bampagnes romaines ou grecques est Qdèlement reproduite. .C'est un mélange singulier des

fleurs idéales de l'imagination et des hideuses réalitée de la vie servile. On y voit le colon, l'esclave, porter un esprit sublil dans un corps robuste, baigué de laborieuses sueurs. L'extrême nonchalance s'allie au travail excessif, une sécurité complète aux périls les plus imminents; Tant que dure la jeunesse et la beautéi l'existence n'est qu'une fêle, par la protection souvent coupable d'un maître ; sotis le plus doux ciel du monde, le berger joue de la flûte le long du jour, accoudé sur les rochers et . . regardant la mer de Sicile. Vienne la vieillesse ou le dégoût du patron ; au loisir succède le labeur, à la flûte Témondoir, à l'indulgence les ergastules et le fouet. La religbn n'est plus une croyance, mais une suite de coutumes puériles et gracieuses^ re-

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nou volées à des époques précises. Le chiislîanisme DO prit pas d^emblée ces létes légères , préoccupées de mille petites divinités riantes et protectrices; il s'y insinua doucement^ comme une clarté sagement ménagée dans des paupières longtemps aveugles et encore débiles.

En consultant le roman, comme peinture de mœurs, on reconnaît dans Daphnis et Chloé des traces sensibles de la période païenne. La passion n'y est pas toujours délicate dans son langage ni naturelle dans son objet. Cependant, si les- vices qui ont déshonoré la Grèce s'y retrouvent dans toute leur laideur, ils ne s'y montrent plus dans leur audace ; ils ne sont plus attribués qu'à des êtres difformes ou ridicules, placés par l'esprit, le cœur et le sang, au dernier degré de l'échelle sociate. La jeunesse imprévoyante et frivole se rit 'encore de ces aberrations, mais ne les partage plus ; Astyle raille Gnathon sans songer à devenir son complice. La révolution opérée dans les mœurs ne se fait encore sentir que par d'imperceptibles nuances, toutefois elle apparaît évidente dans une autre partie du tableau : Gnathon l'esclave est en plein polythéisme ; Astyie, le jeune patron, s'amuse el se divertit encore aux gaietés païennes ; les amours naïves et sensuellesdes deux bergers^ flottent entre les deux croyances, mais Gléariste et Dyonisio* phane, le vieux patricien et l'antique matrone, ont

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