‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 94 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

déjà la dignité, le oalme, la grâce sévère de la famille chréiienDe. £q croyant les faire païens, Longus» ou l'auleur quel qu'il soit de Daphnis, faisait Dyooisiopbane et Gléarisle chrétiens à son insu.

Quoique après Théodose, prince zélé et puissant, ses fils dépourvus de talents personnels^ mais revAlufi du prestige dynastique, n'aient pu complètemeni abattre le paganisme^ son agonie avait commencé et sa mort était certaine. Ce fut le plus grand événement de l'univers ; heureux et juste, it ne s'accomplit pourtant pas à d'unanimes applaudissements ; il coûta aussi des larmes et des larmes amères.

Rien n'égalera jamais le vertige dont, le monde paien enivrait les (£tea humaines; jamais assaut plus^direct) plus victorieuxi ne fut donné à la raison de l'homme. Qu'on se représente réunis sur un seul point, concentrés dans un seul foyer, les arts de la Grèce, le climat de l'Italie et la politique du monde: la triple séduction de la pensée, de l'imagination et des sens.' Certes, un secours divin pouvait seul dissiper de tels prestiges : il fallait on Dieu incarné pour détruire cet enchantement de la chair. Occupées d'intérêts politiques comparativement circonscrits, renfermées pour la plupart dans de très petites villes, sous un ciel pesant et dans Un horizon borné, satisfaites d'une gloire intermittente et de modiques plaisirs , les faibles

géQéraiioos actuelles n'onipomi la mesure de celle fêle immeosé ei sans cesse renouvelée^ Si nos àn^ nalci^ nous Rendent fiers^ si nos plaisirs nous aé(fan* seifli^ si nos richesses nous éUduissent, si qiieh|aes chftleaux , jadis forteresses sourcilleMes, mÎDtenanl asyle de Toisiveté ou de la parcimooie, si des tableaux peu nombreux achetés à grande peine ei à grands frais» de tristes pares tirés au cordeau ou maussadement calqués sur le désordre inimîlabla de la nature, si de rares chef aux courant dans un hippodrome bourgeois , nous semblent d<» biens dignes d'être enviéSi défendus ou regrettés; devoihh nous nous étonner du désespoir de ces hommes qui perdaient tout, après avoir eu Tobéissaiice del!univers pour histoire nationale^ p<iur théâtre le colysée sous le ciel de Rome, pour acteurs l'univers vaincu ! Soyons justes; lorsqu'une religion nouvelie et su* blime vint leur enseigner le mépris et l'abdication de tant de merveilles, ils purent éprouver un sentiment de douleur et de colère» Leur colère fut implacable, atroce, plus criminelle qu'eux-mêmes, s'il est possible d'être plus criminel que cette race grande^ mais odieuse : ils désaitérèreni dans des flots de sang la rage dont ils étaient dévorés; comme le damné de Danle^ ils rongèrent les entrailles et le crâne et le cœur de leurs ennemis ; la vengeance fut proportionnée à la défaite. Mais quelle chute, grand Dieu, et <{uelle perte! De quel air en eifet

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