LIVRE II
Romedut-die aGOiieitlir saseoteiteel quel étoaDe^) ment et quelle douleur ! Voità la Vrtle Ap{>ienne 06 la roue du triomphateur eetà éterDeliement grsH vée} par là, Scipîoo a passé pour rendre g^^acc aux dieux. Yeilà l'aigl^ qui guidait les légions à la Gon-* qoéte du «londe et que tout un peuple saluait au retour: Eh bien I e'est un erime de brûler l'encens devant l'aigle; oacbez ce fil oiseau /renverses fautel ; eu revanche, voilà l'instrument du supplice, . adorez-le. Rien n'est plus grand que ce combat, rien n'est plus touchant que celte victoire ; mais il faut en convenir» rien n'était plus surprenant ni plus inexplicable; rien ne devait être compris pliis malaisément et moins vite. Les solitaires eux-mômes, les aseètes^ les saints, ne s'y accoutumaient point sur le champ.. Les déserts et les oavernes abritaient leurs regrets sans les éteindre* Vainement ils cherchaient les ténèbres pour ne plus voir Rome; elle leur afjparaissait toujours) elle venait à eux condamnée, flétrie, pâle^ mais charmante; elle illuminait leur niiit, elle peuplait leur solitude; elle troublait leurs esprits et faisait tressaillir leurs corps jusque sous le fouet sanglant de la pénitence; iérôme ^ exténué par te jeûne, portait dans la poitrine cette imftge inejtpugnable. Sa chair, il le dit lui-même, n'avait pds attendu la destruction et Rome brûlait endoro en lui. Honteux, il n'approchait de sa cellule qu'à regret, comme si elle pouvait lire dans sa pensée; ir-
rite contre lui-même , il s'enfonçait seul dans le désert. Enfin, Dieu récompensa ses larmes; Jérdme se vit au milieu des chœurs des anges, miraculeux remède! et certes, il ne fallaitrien moins qu'un tel dictame pour une telle blessure , une telle consolation pour un tel amour.
Ce qui prouve l'éclat et le charme de Rome, c'est qu'auprès d'elle^ cette exagératio n n'est point .monstrueuse. L'obélisque placé au milieu dessables parait une plante naturelle de ce sol mystérieux; dans nos villes, sdr nos places publiques, ce n'est qu'une capricieuse et ironique hyperbole. Quoi qu'il en soit , Rome était morte. Ce ne fut ni Constantin ni Théodose que Dieu choisit pour lui ôter la vie politique , mais un prince obs* cur : le jeune Gratien, dont l'existence très courte est placée entre ces deux grands règnes.
Un jour, le collège des pontifes ayant adressé une députation à l'empereur pour lui offrir la robe de grand-prêtre, Gratien la repoussa comme sacrilège, et peu de temps après ce refus, il publia un édit qui renvoyait à Tévêque de Rome C examen des muret prélats, afin que ce ne fiassent pas des juges profanes qui connussent de la religiony mais un pon- Afe de lareligion avec ses collègues. C'était indiquer son successeur au souverain pontificat (i).
Là en effet apparaît pour la première fois, non
(f ) CoDc. T. 3, p. 1003. — Fleury^ Hist. Eccl., XVII, 4f .