‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 98 sur 191 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

AII8T0GRATU SOMAINE. — U^E SE TAAR8F0E1IE PEflDANT U DÉGADEHCB DE L'EMPIRE. — ELLE DBVIEHT A6AIGOLB , FISCALE, INDUSTRIELLE. •— CULTE EXCLUSIF DU BIEN-ÊTRE KAYTbllBL. ^llftPBI&DB l'intelligence DtSINTiRESSÉE.— lEPOSSIBiLITÉ DU DÉTOUEMENT. ^ LE LUXE PRITÊ REM- PLACE LE LUXE PUBLIC.

Pour bien connaître l'onganiBation de la papauté sans laquelle l'intelligenoe : de la Royauté chré- Uenne serait, impossible , il. faut savoir oe qu'était devenue Iraristoerflitie romaine «aux quatrième^ cinquième et sixième siècles de noire ère. Les papes

et, en général, tous les évoques d'Occident appartenaient à la classe aristocratique. Cette position ne tarda pas à se modifier dans l'épiscopat secondaire, mais elle demeura inaltérable dans Tépiscopal suprême jusqu'au dixième siècle. Rome, pendant sept cents ans , fut une théocratie féodale , antérieure à la féodalité. C'est un des plus intéressants problèmes de l'histoire, et assurément l'un des plus négligés par les historiens.

L'aristocratie romaine avait survécu à FEmpire. Ce n'est pas que la descendance directe des grandes maisons patriciennes se soit perpétuée sans interi^uption; bien au contraire , vers la fin du régime impérial , il ne restait presque plus rien des anciennes familles : il n'y avait phis que des Mételtus douteux ou des Appius de hasard. Peu comptée sous la république, la maison Proba Anicia était, du cinquièmeausixièmesiècle^lapremièredeRome par l'influence, les honneurs et les richesses. Des races nouvelles s'étaient même élevées au premier rang, mais il n'y eut jamais, ainsi que dans quelques états modernes, destruction systématique et anéantissement complet du patriciat. On n'y vit pas de nobles sans un corps de noblesse. Des greffes récentes avaient ravivé les vieilles souches desséchéoi par le temps, et, quoique l'empire ait essuyé toutes 4es secousses qui finissent par ébranler l'établissemeni le plus solide, il n'a pas eu du moins à compter au nombre

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de ses malheurs l'absence totale d'une aristocratie. Il semblerait pourtant, au premier coup d'œil que, par suite des désastres de la république et de l'humeur violente ou cupide des empereurs , les fortunes patrimoniales auraient dû disparaître avec Tordre et la liberté. Lorsqu'on parcourt la liste interminable des confiscations , des spoliations devenues un état de choses régulier depuis César, on pourrait croire avec Montesquieu (1), à la ruine complète des grands de l'empire; on pourrait comme lui, attribuer cette chute au remplacement des proconsuls par les procurateurs impériaux et surtout à l'anéantissement de la haute clientelle, qui , en échange de la protection qu'elle recevait de l'aristocratie, renrichissait par ses dons et par ses testaments. L'illustre écrivain s'est trompé. Les confiscations , bornées h l'élite des citoyens de Rome , ne s'étendirent aux provinces que tard, et spécialement sous Caracalia. La puissance Tamilie Etrusque des Cécina conserva jusqu'À l'invasion des barbares, un patrimoine antérieur à la fondation de Rome (2). D'ailleurs, les confiscations n'étaient le plus souvent qu'un séquestre. L'institution de la ctientelle, loin d'être abolie, se retrouve

(1) Graiideor des Romains , ch. XIV.

(9) Sidoine Apollinaire parle 1res souvent de lerres possédées à Utie patrimonial par une longue suite de générations. Il' ne parait |>as que cela fût rare dans les provinces , surtout dans les Gaules.

encore dans les témoignages eontempofains. Non seulement Horace , mais Juvéntl, Martialf noas représentent tonjours cette foule deolients postés dès Faurore aux portes des grands, et ces parasites affamés qui assis aux tables patriciennes, y recueillaient plus de sarcasmes que de nourriture. Néanmoins, malgré le sens trop absolu que donne parfois aux assertions de Montesquieu la brièveté de son langage , il a raison de prétendre que le patriciat avait perdu à la fois et le pouvoir de régner et le mojen de s'enrichir. Pour les grands de Rome, la politique devenait onéreuse et n'élait phis lucrative. Toutes les pertes signalées par Montes** quieu, sont incontestables dans un;e certaine mesure; mais le grand publiciste s'abuse entièrement lorsqu'il ajoute : Quoique la source des dépenses fût coupée^ les dépenses subsistaieni toujours ; b train de vie était pris, et on ne pouvaii plus se soutenir que par les faveurs de tempereur. Bien loin d'enrichir les membres de l'aristocratie , les empereurs ft'étaioot proposé; comme plan, comme principe de gouvernement, de les dépouiller tour à tour, en commençant par les plus riches. Ces dépouilles n'engraissaient que les affranchis. Les exceptions, même dans ce genre, établissaient la rigueur du principe; car^ dans le très petit nombre d'hommes et de femmes nobles admis à la participation des largesses impériales , on ne voit que le rebut de leur ordre :

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