‹ Histoire de la RussieChapitre 15 sur 269 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

voi ou vaisseau marchand , les princes souverain taient dans leurs traités : « Et les marchands ferwu, ^. » commerce librement et sans aucunes entraves. » Dans plusieurs provinces, les habitants ne se contentaient pas de transporter d'une ville à une autre les productions qu'ils recevaient de .l'étranger : ils avaient aussi leurs objets particuliers de commerce. C'était le houblon et le chanvre chez les Novogorodiens, les cuirs chez les habitants de Torjek, h sel chez ceux de Galitch et de la Dvina. En 13G4, les Pskoviens établirent aussi des salines, qu'ils abandonnèrent bientôt après. La principale branche du commerce de l'intérieur était le blé et le poisson : aussi les négociants avaient l'art de profiter, pour s'enrichir, des années stériles dont le peuple avait à souffrir.

» Quoique les Mongols nous eussent, pour ainsi dire, séparés du reste de l'Europe; que les souverains de l'Occident ne contractassent plus aucune alliance avec les nôtres, et qu'à l'exception de l'ambassade d'Innocent à Alexandre Newski et du voyage d'Isidore en Italie, il n'existât aucune relation entre nous et l'Europe; bien qu'en général les annales étrangères ne fassent aucune mention de la Russie; cependant, au moyen des rapports commerciaux établis entre Novogorod et l'Allemagne, les Moscovites connurent bientôt les importantes découvertes européennes, telles que l'invention du papier et de la poudre à canon. Dès le quinzième siècle, nous substituâmes au parchemin le papier acheté aux Allemands; il nous procuraient aussi des munitions et de l'artillerie. Moscou et Galitch avaient des canons pour se défendre; mais comme, dans la description des combats de ce temps, livrés en rase campagne, on ne nous parle que de flèches, de sabres et de piques, il faut présumer

que les canons et les pierricrs n'étaient destinés qu'à défendre les places fortes. Il faut encore ajouter aux arts connus alors en Russie celui de battre monnaie, oublié depuis Iaroslaf le Grand.

» Quelques églises, que l'on voit encore à Moscou et dans quelques autres provinces, sont les seuls monuments qui nous soient restés de l'architecture de cette époque. On lit dans les annales que sainte Olga demeurait déjà dans un palais de pierre , tandis qu'à Moscou il n'y eut, jusqu'au quinzième siècle, d'autres édifices en pierre que les églises et les murs de la ville; les princes et les seigneurs- préféraient les maisons de bois, comme plus favorables à la santé. Les fréquentes révolutions, le désordre qui régnait dans l'État, étaient une autre raison pourempOcher les riches de bâtir des habitations solides; car on voit rarement des édifices stables dans les lieux où la tranquillité de l'ordre social n'est point assurée. En 1433, Euphème, archevêque de Novogorod, se fit construire, par des architectes allemands, un palais en pierre qui avait trente portes, et qui fut embelli de peintures et d'une horloge. "En 1 -449, le métropolitain Jorias s'en construisit un semblable avec une chapelle. Il y avait encore dans l'enceinte de la ville actuelle de Moscou des prairies et des bois; les princes, les boyards, possédaient des moulins des jardins et des maisons de campagne hors des murs de la ville. Le luxe consistait à avoir un grand nombre de domestiques , des habits magnifiques, une maison élevée , des caves remplies de vin et d'hydromel; mais plus encore à fonder des églises, à enrichir de pierres précieuses les châsses des saints. Ayant fait mention des domestiques, nous observerons qu'à l'exemple des princes, les seigneurs, au moment de mourir, affranchissaient toujours leurs esclaves.

Page 1