LIVRE SEPTIÈME
Pendant que l'impératrice sa mère expirait sur un matelas de sa chambre, entre les transes de son favori et les larmes de son bouffon, le grand-duc Paul, près de passer du mépris à l'empire, disposait tout de concert avec Zoubof et les ministres pour saisir le règne aussitôt qu'il serait vacant. Déjà ses rares familiers, relégués depuis longtemps avec lui à distance de la cour, dans la solitude impériale de Gatchina, accouraient en foule autour de leur nouveau maître au palais, surpris de leur fortune, étonnés du respect des courtisans et des familiers, là où ils n'avaient paru rarement depuis tant d'années qu'au milieu des signes du dédain ou de l'indifférence.
Cependant, si le palais était plein des préparatifs et des agitations du nouveau règne, il était plein aussi d'un deuil décent et de larmes intéressées, mais sincères. Zoubof, pour qui l'impératrice avait été une mère plus qu'une amante , attendrissait la cour d'un désespoir qui justifiait des dons inouïs par des regrets pathétiques. 11