‹ Histoire de la RussieChapitre 19 sur 269 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

et Mongols affaiblit encore lesTartares et facilita l'affranchissement des Russes dans leurs possessions méridionales.

Le règne de quarante-trois ans d" l'an III 'Vasiliewieh, commencé à. l'âge de vingt-deux ans en 14G2, affranchit la Russie des Tartares, élargit l'empire au nord, à l'occident, à l'orient, complète l'unité, organise l'armée, aguerrit les Russes. Il cimbat, négocie et traite avec la Suède, la Pologne, la Hongrie; fonde, au lieu d'une féodalité, un empire immense. Une terreur raisonnée asservit à ce prince tous les boyards et tous les princes; il prend le nom antique de tsar, qui ne dérive point de César, comme on l'a écrit, mais qui dérive de l'hébreu et de l'arabe, où ce mot signifie puissance, trône, majesté". Il c >rri j;e le code civil et l'approprie à son temps; il réforme le calendrier comme Jules César; il convoque des onciles nationaux pour régler les doctrines et les disciplines de son clergé. Il déshérite, emprisonne son fils Dimitri, et meurt en laissant un empire au lieu d'une ville à son neveu, et la postérité indécise s'il mérita mieux le surnom de grand que de terrible (1 505).

Les princes de Moscou subjuguèrent ou rattachèrent successivement les principautés de Twer, de Smolcnsk et de Novogorod. La Russie fortifiée semblait au moment de retrouver son indépendance. Les princes de Moscou prennent le titre et le rang d'autocrates de toutes les Russies.

A la mort d'Ivan III, Vasiliewich IV, son successeur (de 1505à 1533), continua son règne en l'adoucissant. Il vécut en roi et mourut en saint. Le récit de sa fin chrétienne rappelle la mort du juste bénissant la terre et voyant dé^à dans le ciel le prix de ses vertus. Son peuple assista à son agonie, et la Russie entière retentit de sanglots comme pour la perte d'un père. Un ambassadeur allemand envoyé à sa cour fait en ces termes le portrait de ce prince et de sa suite en 1523 :

« Le grand-prince s'occupait de l'administration des affaires depuis le matin jusqu'à son dîner, après lequel il prenait quelque repos. Aimant les plaisirs tranquilles de la campagne, il passait l'été à Ostrof, à Vorobief, ou à Moscou, dans le champ de Voronzof; il visitait souvent les villes des environs, et allait chasser à Mojaïsk et à Volok-Lamsky; mais les soins qu'il devait à l'État l'occupaient jusque dans ces divertissements. Il travaillait avec ses conseillers et ses secrétaires, et quelquefois donnait audience aux ambassadeurs étrangers. »

Voici comme le baron de Herberslein décrit la chasse du grand -prince :

« Dès que nous eûmes aperçu le monarque russe dans la campagne, nous mîmes pied à terre, et nous nous avançâmes vers lui. Il était monté sur un beau coursier et magnifiquement vrtu; satC-te était couverte d'un bonnet fort élevé, brodé en pierres précieuses et surmonté de plumes dorées que le vent faisait flotter; un poignard et deux couteaux étaient attachés à sa ceinture. Il avait

Page 1