‹ Histoire de la RussieChapitre 3 sur 269 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Solon, et fut immolé comme sacrilège de la barbarie.

Philippe de Macédoine, Alexandre, et Milbridate, roi de Pont, furent les premiers conquérants qui les heurtèrent et les refoulèrent, avec les armes des peuples civilisés, dans leurs déserts. Mithridate, maître déjà des rives méridionales de la mer Noire, s'appropria tout le royaume t}u Bosphore. Les Romains le repoussèrent à son tour jusqu'au pied du Caucase. Les Sarmates, qui. furent depuis les Polonais, peuple inquiet et belliqueux, campé sur les bords du Don, exterminèrent les restes des Scythes en se conquérant, par effroi des Romains, une partie moins exposée à l'invasion dans le nord. Les Scythes disparaissent à cette époque de l'histoire pour reparaître plus tard sous le nom de Bulgares, de Huns, de Slaves, peuplades détachées du bloc scythe.

« Qui peut nous ravir notre liberté? répondaient-ils 500 ans après J.-C. aux généraux de Byzance qui les combattaient déjà sur le Dniester et sur le Danube; nous sommes accoutumés à conquérir les terres de nos voisins et non à céder celles que nous conquérons, et il en sera ainsi tant que la terre appartiendra aux braves, et tant qu'il y aura du fer entre les mains des hommes. »

Les Slaves étaient, dès cette époque, répartis en tribus disséminées et de mœurs diverses, depuis les bords de l'Adriatique, vers Venise,jusqu'auxbordsdeIamcrNoire, vers le Don, et jusqu'aux bords de la mer Baltique, vers la Suède. C'était la race mère des Russes, des Polonais,

des Bohémiens, des Croates, coupée en tronçons et se renouant ou se séparant tour à tour. Leur nom signifiait gloire. Ils dominaient partout où ils se montraient ; mais ils avaient la mobilité et l'inconsistance des races où l'imagination prévaut sur la raison. Tantôt héros, tantôt esclaves, mais toujours remuants comme de nos jours. Ceux de Ja mer Baltique avaient été engourdis par le climat du Nord, qui rend sédentaire et pensif; ils avaient perdu leur aptitude à la guerre et s'étaient efféminés dans leurs foyers.

> Les Grecs, dit un historien byzantin, avaient fait prisonniers trois hommes qui au lieu d'armes ne portaient que des harpes et des luths. L'empereur leur demanda qui ils étaient.

» — Nous sommes Slaves, répondirent les captifs, de » ceux qui habitent les bords de la mer Baltique. Inha- » biles à manier les armes, nous ne gavons que jouer des » instruments. Le fer est inconnu dans notre pays, et, » passionnés pour la musique, nous y vivons en paix. •»

« L'empereur admira les mœurs douces de ces hommes du Nord, leur haute stature et la beauté de leur corps; il leur accorda l'hospitalité et leur procura les moyens de retourner dans leur pays. Ils avaient marché quinze mois à travers les forêts et les neiges pour venir en embassade auprès du khan des Avars, qui leur avait fait demander leur concours pour combattre Byzance. •

Ils se répandirent de la Russie centrale, où ils labouraient la terre, dans la Moldavie, la Yalachie, la Servie, la Bosnie, la Dalmatie, emportant partout un souvenir lointain et une parenté occulte avec les Slaves de la Baltique ; éléments concassés de peuples propres à se recomposer dans une unité lointaine sous un autre nom. Ils se confondirent tellement avec les Scythes russes, qu'il est

Page 1