‹ Histoire de la RussieChapitre 35 sur 269 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

La Providence semblait avoir composé le fils de Nathalie des éléments vastes, confus et contradictoires qui composaient la nation russe elle-même à l'époque où il allait personnifier la Russie. L'excès de séve et le débordement de force étaient empreints dans l'âme comme dans les traits de cet adolescent.

Sa taille était élevée, ses épaules larges, ses membres bien attachés au tronc, ses mouvements souples, sa démarche vive et ferme; son cou long, mais musculeux, portait majestueusement sa tête; son visage plus carré qu'ovale éclatait, par les yeux et par la bouche, d'intelligence autant que de beauté ; sa physionomie très-mobile passait sans transition de la mollesse à la grâce et de la bonté à la brusquerie. On sentait à son aspect une grande nature, mais une nature âpre, sauvage, disproportionnée, qui pouvait déborder en bien comme en mal, et qu'une antique civilisation n'avait pas douée encore de la mesure, de la proportion et de l'harmonie des facultés, caractères des nations mûres.

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