IX. 730, îeltre
* Videl. Vie dt Lesdiguiirns, I. 2-^0.
* Journal du rigm d'Henri IV, h %19.
du Rhône ; niais, capitale d une grande opinion, refuge de libel lés compromises, Genève, à cliaque péril couru, recrutait des amis nouveaux'.
L'échec du duc de Savuie déconcertait toutes ses prévisions; d méchante affaire, mé^ chante excase, répondirent les Cantons suisses quand il essaya (ie motiver cette violation du droit des gens*. Les Genevois, secourus par 500 hommes de Berne et 1 ,000 de Zurich, lirent des courses dans la vallée du Pdiùne, prirent Belley et se fortiliùrent dans Saint-Genix d'Aoste. La médiation do la France amena des pourparlers ; les prétentions de Genève et les réclamations du duc furent arbitrées par le traité de Saint-Julien (21 juUlet 1603).
M Cet ai lt; i (uistale i{m GtMièvc est coiapriï^e dans le traité de Vervins et dans la détlaralion de Lyon du 13 août 1601 ; il renouvelle la convention coininerciale de 1570; stipule la restitution aux genevois des terres ^ de Saint-Yictor et de Saint-Pierre, telles qu'ils les possédaient avant 1589; interdit au duc tout rassemblement de troupes et toute construction militaire dans un rayon de quatre lieues; autorise les citoyens de Genève à vivre sur terre de Savoie, à la condUim de n'y point dogniatiseï^ ; permet aux réfugiés savoyens de revenir dans le duché quaire fois l'an 'pour visiter leurs biens et maisons^ s^ jours chaque fois ^ >
' Voir HMx PREUVES, no» C\î !\ à CXLVII, l'iiiténH que Venise prenait a la liberté de Genève, et les sommes considértbtos qo'elle consacrait à sa défense.
* La paix n'txistaU pa< entre Genève et h duc , persisteot k dire les apologistes delà Maison de Savoie. — « L'entreprise
qui faillit à la remettre soun le joug. t^iTil le maïquis Costa (Mém. hist. n. 194), n'éfaii pas iikis attentatoire au droit dos gent» que ne le fui pius tard celles sur Crémone et le vieux Bri- •ach exécutées par le prince Eogèoe. >
* B§cunl ofiàel des iraUii publies, L dl6. (Edit. de 1880. — > Turin. Publiée par le comte Solar de la Marguerite.)
Parmi les négociateurs du traité turent, du côté de Savoie ^^^Ch. de Rochelte, malgré rembarras qifil dut éprouver en se retrouvant en face des députés genevois, et, du côté rie Genève, 1^^ syndic Dominique Chabrey, maicrré la senteru (' de mort qu'il avait prononcée contre les victunes do l'escnlade. T. a signature de la paix fut accueillie de pari et d autre par d'enthousiaste'^ et universelles démonstrations. Les paysans du Chabiais, interrompant les travaux de la moisson , coururent à Genève où on les reçut à bras ouverts ; prières dans les temples où se confondirent catholiques et protestants, tables dressées dans les rues, vieilles amitiés renouées , tel fut le spectacle qu'offrirent aux membres du congrès de Saint-Julien, sept mois après Tescalade, ces deux peuples qu'on disait ennemis. A cette joie publique, le duc répondit par le plus sombre desespoir : Cest meschante ruyne que de signer tin accord qui me ravale"^ presque â V égalité ai'ec ces rebelles hérétiques!
Le traité de Sainl-.lnlîen, en consacrant par des garanties internatiunales, par l'intervention des Cantons et de la France , Tindépendance de Genève, marque aussi TalTranchissement diplomatique do la Savoie. Ce pays gagne en liberté d'allures l'équivalent de ce qu'il perd en impo] tance politique; il cesse d'être lié au Piémont par les équivoques qu'amassaient la soif de Genève et la faim de Grenoble, selon les expressions de l'ambassadeur du Fresnes. Délivré de cette passion séculaire, le duc de Savoie se fera prince italien et n'aura plus, de ce côté des Âlpes, que des retours apparents mais point décisifs.
Charles -Ëmmanuel changeait d'alliances
comme d'ambitions, avec aussi ]peu de mesure; il charge le vieux comte Martmengo de s'entendre avec la république de Venise et de renouer avoc^I. du Fresnes, ministre de France, qu'il avait déjà pratiqué à propos de Grenève. Henri IV n'avait iml besoin d'acheter une alliance offerte: il dicta des conditions fort dures : désaveu de l'escalade, renvoi des Espagnols. Là mort d'Elisabeth ^avril 1603), la défection de Jacques 1^^ (août 1604), les trahisons de la marquise de Verneuil, les intrigues des florentins de Paris, le décidaient enfin à prendre parti pour les Protestants d'Allemame en s'aidant de Venise, du duc de Bavière et du duc de Savoie ; les cours de Rome et de Madrid flirent battues dans cette lutte diplomatique. Don Pèdre échoue au Louvre; Ghabod de Jacob y règle avec le roi un partage de l'Italie, et le duc Charles, toujours impatient d'escompter ^avenir, se hâte de marier ses deux filles à des Italiens'. Se sentant isolé, malgré les sollicitations dont il était l'objet, le duc s'é[)iiisail eu eftbrts stériles, ici d'ambassades à grand fracas, là de surprises déguisées % ailleuis, .de
• • 'l.'tnfaotc Marguerite de Sav oie é^jousu Fran(;oi8 de Gonzague, prince de Mantoue ; née en 1589, ellemoarot en Espagne, l'an 1665, après une vie fort agitée. L'infanto Isabelle époosa Alphonse d'Est, prince de Modène; née en 1.'91, elle n.ourut en 16-26. — Les fêles du double mariage t>c firent à Turin, du 9 an 16 mars 1609, arec un grand éclat. Les gentilshommes venus de Savoie y portaient des casaques de velours noir et de brocateile : les ar( îinr=! de la garde étaient vf^tus de velours ronge et de toile d'ov. tUisf. gén. des guerres de Piémont par le continuateur de Villars. Curieux détails de niœur-. l.iv.XV. 444.)
* Deux capitaines franrais furnient le projet d attaquer du tfôtë do lae avee des barques chargées de bois a B?ian et à Thonon, et où ils auraient caché des soldats. On les attire à Yverdoo soQs prétexte d'enrdier des Suisses catholiques ; dès qu'il
missions secrètes. Henri IV lui propose Té* change de la Savoie contre la Lomlmrdie; le duc réplique par Toffire du Milanais contre la Bresse et là Bourgogne. Tandis «[ue le roi veut rejeter au-delà des Alpes ce voisin brouillon et en faire, en Italie, le rival de la Maison d'Autriche, le duc continue son rêve de royauté des Alpes et consent à installer les Français en Italie pour s en faire une arme contre l'Espagne. Il savait que les conquêtes des Français dans la Péninsule ne sont point solides; poui^ les y remplacer plus sûrement, après qu'ils auraient déblayé le terrain de la souche hispanotudesque, il se rattachait déjà aux vieux patriotes lombards, aux marquis d'Ivréc, par cette fable de l'ori^dne italienne de la Maison de Savoie* qui appai'aiit on '1(K)8, en même temps que se formulent les desseins d'Henri IV. Ce n'est point ici le lieu de discuter la réalité du plan fédératif de Sully; toujours est-il que le but incontesté du roi était l'abaissement de la Maison d'Autriche; ses moyens, la liberté de conscience, la coalition des Etats secondaires; l'occasion, la double succession du Montf errât et du Mantouan sur le Pô, de Gléves et de Juliers sur le Rhin^ Henri IV se trouvait, mieux que
y a preuve sutlisante du complot, on les livre aux bourgeois de Genève et ils sont eiëcntés. (Arthibm dê Geniw, — ltf09.) Les comptes des trésoriers» de 1605 à 1610, mentionnent des achats considérables de poudres, armes , matériel de guerre, des travaux de fortifications sur les frontières et surtout à Montmélian. En 1609, on payait encore aux troupes espagnoles un fort subside en argent et quantité de fonmitnres en nature.
* Lodorico délia Ghiesa, le premier, imagine, sur l'ordre dn
duc, cette tradition que défendront successivement , avec les mêmes intentions dynastiques, Tesauro, Maffeii Napione et Cihrario, de 1608 à 1860.
* Consulter les pièces diplmatiqwt des Archires de Paris,
jamais, en situation d'imposer sa volonté à l'Europe^; Philippe III venait de se porter à luimême deux rudes cou[)s par l'expulsion définitive de ses sujets non catholiques et la reconnaissance tacite des Provinces-Unies; lu Diète de Wurtzbourg fait appel au pape et au roi d'Espagne; Henri IV se déclare ])oiir les princes proteslants, adhère à la Diète de Hall et se prépare à l'invasion de l'Allemagne. 11 presse le duc de Savoie, toujours hésitant, équivoque, de se déclarer; Charles, entre M. de million qui demande ses passeports et le comte de Fuentès aui menace le Piémont , recule , s'embarrasse aans les faux-fùyants, fait endiabler quiconque le veut servir f tout autant que ses ennemis; Lesdiguières, à bout de patience, brusque la si* tuation^ entre en Piémont avec six mille hommes , rencontre le duc à Brusol , village de la vallée de Suze, et lui fait signer le traité du 25 avril 1610, dont les articles publics règlent la coalition contre TEspa^ne et les articles secrets l'annexion éventuelle de < la Lombardie au Piémont et de la Savoie à la France^ ; mais, dix-huit jours s'étaient à peine éôoulés, que l'assassinat d'Henri IV (vendredi,, 14 mai 1610) consternait la France , sans surprendre l'Europe -, et fit tout avorter.
Tnrin et Venise ; le maniiserit n» 9$90 de la Biblieih. imp. et les Xémoiret de Sully (tomes IV. ACn. et VIII.
' TfoiLpub, 1. 280 & 884.Vittorlo Siri. Jf^m. rnond. IL 238.
* L'assassin déclara muloir servir la cause de la religion en tuant un prince ennemi des eaiKoUques. Consulter, sur la part qiif la rour d'Espajînc prit h ce crime, VAlmanach de Jérôme Olerius. bénéficier de Barcelone, imprimé à Valence (Espagne), en novembre 1G69 (Biblujth. imp.J, et annonçant la mort du roi ponr les premiers mois de 1610 -, et le trava'll de M. Misard sur tes prophéties, {Moniteur du 16 septembre 1864,)