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qu'elle le sépaimt des âpretés sensuelles ou fanatiques des moines de Savoie. En 1607, le P. Chérubin le dénonça à Rome comme pet^ dant son temps à confesser les dévotes, à échanger avec elles des lettres mielleuses, au lieu dVcraser l'hérésie K Les femmes furent, en efiet, la grande préoccupation de sa vie ; il ne voyait qu en elles le salut de mœurs fort compromises et le réveil d'une société frivole; le souvenir de sa mère y ajoutait le sentiment d'un devoir. A dater de 1604, il échange avec M»»« de Chantai cette correspuiidaiice pathétique qui fait penser à M'"^ Swetchinc ; ca 1005, il écrit pour M"»'- de Charmoisy [ Introduction à lavie dévote.
Peu de traits suffisent à jieiiKhe cet esprit amom'eux de poésie et tout pénélré de mansuétude. En 1599, fort malade et croyant qu'il allait mourir, il demande les musiciens de la cathédrale et fait chanter à demi-voix l'hymne de sainte .Madeleine (Ardcns est cor meumjy et le psaume qui commence par cet élan sublime : Comme le cerf altère brame après Vcav des f on-laines! Est-il dans l'antiquité un tableau plus toucliant que celui de cet homme de bien prêt & s'endormir dans le baiser du Seigneur, au bruit des vois alternées, au son des instru- . ments? Comparez à cette sereine préparation à la mort les scènes les plus vantées par les rhéteurs : Socrate laissant pour adieu à ta terre une épigramme de mauvais goût, Caton, Tironie dn doute, Brutus, une insulte à la vertu.
Dur à lui-même % fadle à autrui, le saint
* Fte dê saint François de Sales, Tome page 583* Voir mû les lettres de M"» de Chantai.
* /Rè^meiit de vie de l'év^qae de Genôve Optitewlet. lt4S^«
évéque consolait ainsi une pénitente qui se repentait tous les mois : Je vois bien^ ma chère fille, que vous n'irez jamais à Dieu tout droit; vous n'y arriverez qu'en passant par les créatures. Sa douceur évanoélique n'excluait pas, à l'occasion, une fermeté réfléchie. Il devinait les infinies bontés de la Providence; et y engageait les âmes temlres; avec les liommes, il était moins accommodant et ne transigeait pas sur riionneur. Servez Dieu fjaijeinent et en liberté d'esprit, disait-il à une dame ; il importe infiniment de se faire comioisfre de bonne heure tel qu'on veut estre toujours, écrivait-il à un liounne de cour ^ . En 1(303, malgré sa tolérance des habitudes mondaines, il supprima dans la société d'Annecy Fnsage, importé d'Angleterre, de fêter la Saint- Valentin par des badinagesqui dégénéraient souvent en scandales.
L'influence que l'évêque de Genève exeri;a, au XVII® siècle, par sa doctrine et ses écrits, fut immense et durable. Saint François de Sales a produit beaucoup et sans effort; l'oranger de la Florimontane est son emblème ; des fleurs et des fruits à la fois, de la douceur, de la grâce, la saveur du miel, toutes les séductions. Il résume, en leur doimant un cachet personnel de caressante sagacil(S la gravité d'Amyot, l'imprévu, le naturel de Montaigne, qu'il aimait à citer quoyque laïc, et quelque peu la bizarrerie de Ronsard. Aussi clair, aussi simple que son contemporain Malherbe, il ne sut pas, comme lui, réprimer Tabus de Véradition, et ce flot ondoyant de métaphores et de figures où se per>-
• Œuvrea, Ëdil. de Paris. 1669. tome I. lûôû et 1085. Yiê di saint ^ran^t, tome 1. 411 .
dent ses plus tendres harmonies, ses plus subUmes méditations. Il participe de Claude de Seyssel dont il a le trait, de Claude de Buttet qui lui légua le sentiment passionné de la nature, de Fabbé des Portes dont il surprit la poétique capricieusemeat délicate. En religion, il ouvre la voie large et la parfume dès l'entrée; en littérature, il met la plume aux mains des femmes par ces milliers de lettres, et ces livres pleins d onction où il traduit si complaisamment aux âmes tendres un monde idéal fait de soumission et de joie, où il transporte dans les sentiments le charme voilé, alliédi des lacs de Savoie, la senteur résineuse et vivifiante des forets de sapins, les éclats de lumière des hautes cimes. La Philothée^le Théoime lus partout, ses lettres qui passaient de cercle eu cercle, eurent une action très cnei-i^ique sur l'esprit ries femmes de ce temps, si mêlées à la politiqui r t aux affaires. Balzac et Voiture lui empruntèrent leurs qualités les plus heureuses ; mais sa merveilleuse abondance , ses badinages persuasifs devinrent des fautes sous leur plume. Chez ses disciples directs, Févèque Pierre Camus, le marquis d'Urfé , le P. de La Rivière , Nicolas de Haute vinn et beaucoup d'autres^ la délicatesse est elTéniinéc et la logique subtile, Fidéal s'est voilé de brouillards ultra-mystiques ; un parti pris de raffiner sur tout a changé en idées vagues, en réflexions abstraites, en leçons tâtonnantes les simples vérités que le maître traduisait avec bonheur et clarté.
François de Sales se piquait peu de politique. Il disait à Henri IV : Je ne suis pcus assez inlelligeni (ou dissimulé; dans les ajjairesdc V Estât pour m'en rnesler. Plus tard, il écrivait au due
de Savoie : Les affaires d' Estât ne sont pas de mon goiist ; jen'en pa/rle qu'àcontre'eomr et je n'y pense qu'involontairement \ Aussi je ne le crois pas 1 auteur des requêtes, si minutieuse* ment détaillées, présentées à Turin pour sévir contre les Calvinistes du Ghablais ; l'y retrouve les précautions de style et de procédure du président Favre, cet ami iVencpérience que le prince impose à l'apôtre, et qui cherche le défaut delà cuirasse, chez ses adversaires, parmi les plui^ mauvais côtés du cœur humain. — Crst ffntndcas combien la eohiniodité île la vie a de pouvoir sur les liomme^, écrivait François au duc, le 7 avril 1595; et il ajoutait avec une nuance de tristesse : Il ne fau t pas penser d'apporter aucun remède à cela. Le mémoire de 159i, les lettres admiiiistratives de 1598, dOOO, 10()i ■ ne sont plus dans ce ton ; le Saint, à cet te date et pour ces occasions, écrivait sous la dictée de l'homme d'atVaii'es. Malf^i'c ràprctc. du sujet, le chavîno du style y trahit son àn^e, comme dans io Méiuoire contre Genève; après les attaques i(^s plus vives, les termes les plus acerhes, il s'écrie, par un retour de charité : l/rt/s ce n'est n'y de mon gibier ny de mou humeur.
Cliarles- Knnaanuei abusa pourlajil de son désintéressement et de sa i^randc i'épulati(»n ; il ne cessa dV^ivoyer en ambassade ce prélat dont la loyauté proverbiale couvrait, sans cpTil s'en doutât^ les manœuvres d'agent secrets. A
' Lentes, tome I n - 49 ei 185. — Vie dt taint Françwt par le curé dê SaintSulpice. i. 405.
2 Lettres inéditet publiées par M. Dalla. Tomo L pages 128, 170 et 247.
Rome, en 1599, à Paris, en 1602, 1608 et 1619, comme à Thonon en 1597, partout François de Sales est précédé ou accompagné par Antoine Favre qui, près de lui, joue le rôle actif. Il ne fut point, cependant, à Tabii des soupçons dont le duc poursuivait ses plus fidèles serviteurs; une candeur aussi juvénile parut inquiétante ; on lui fit un crime de ses succès à la cour de France et des relations qu'il y conserva; on lui refusa d'aller prêcher à Dijon, on le fit épier dans ses voyages au pays de Gex^ et à Grenoble*; il fut obligé de se défendre de calomnies incessantes, et il le fit dans une lettre du 8 mars 1616, très belle et très ferme. Ce sont les petites persécutions comme les grandes qui font les vrais apôtres Le duc Charles-Emmanuel avait sur la liberté de TE^lise et sur le rôle de Tépiscopat les idées
3ue Victor-Amédée II mit plus tard en pratique ans ses Etats, à Texemple de Louis aIV, ne dégageant les prélats de Tobéissance due à Rome que pour leur infliger, au profit personnel du j^rince, la double servitude du temporel et du spirituel. Mais François de Sales n'eut pas été de l'humeur de Bossuet.
L'établissement compliqué fondé à Thonon, sous le nom de Sainte-Maison^ ne produisait pas tous les résultais qu'on en avait espérés, surtout au point de vue de renseignement pro-
* L'évôque de Geuève avait Ucs t eluuons d'aU'aircs, pour les paroisses do paya de Gex qui dépendaient de son diocèse, avec les Etats de Bourgogne» le baron de Lnz et d'antres seigneurs franrais influents.
* Où il pr. cha deoi ioU l'arenl ei le carême (1616—1617 etl6i7 — îtiiHV
> Lire la lettre^ i^u il écrivit è M"^ de ChanUl le 6 sept. 1607.
fessionnel des lettres et des arts. Vers 1607, François de Sales et son ami Antoine Favre eurent Vidée de réunir sous leur influence, dans la idlle d'Annecy, les lettrés et les savants du pays, autour desquels on grouperait les hommes intelligents du tiers-état; cest la plus pratique, la plus originale et la moins connue des fondations du saint évêque. 1. Académie florimantanc reçut pour emblème un oranger chargé de fruits et de fleurs: souriante image, mais qui semble dépaysée au flanc des Alpes ; les châtaigniers du Faucigny, les noyers superbes du Cnablais, arbres utiles et robustes, auraient mieux symbolisé peut-être l'esprit pratique de l'institution. UAcadémie a pour Aqei la gloire de Dieu et le service des princes^ disent les statuts ' ; le bien public vient ensuite. Les idées du saint évéque sur Faumône et la visite des pauvres , la déviation qu'on imposa à la règle des Visitandines, permettent de croire que, dans sa pensée, l'enseignement libre des adultes devait être le corollaire de F éducation des enfants dans la famille et du rôle considérable qu il attribuait anx femmes. Le bien public se confondait, dans cette belle âme, avec Famour de Dieu et le respect du prince. L'Académie delta Crusca existait à Florence depuis 1582; on lui a comparé F Académie d'Annecy; mais cette dernière société n'avait avec elle qu une appannite similitude. Ses statuts renfer- • ment une disposition neuve, utile, et qui aurait pu modilier, dans cette compagnie, la stérilité
* Finiê Àeademiœ virtutum ommum exereitiuin esio, supretna IM glorto, sermiss. principum obtequnm %î «Itb'fat
ÎMUa. ("Œuvres de saint Franem» de Salet, — Edil. de Didot. Ibap. IIV, pag« in,)
habituelle de ces sortes de cénacles. Il s'agis* sait de renseignement|mbltc et gratuit des langues, et mrtout de la française *y des mathématiques, des arts appliqués , et des lois. On convoquait aux assemblées générales peintres, sculpteui^, architectes, artisans, et quiconque voulait secouer Voisivcté d*Annei'y ou perfectionner ses étiîch.'s ; les membres de F Académie traitaient, àtoui' de rôle, uji sujet annoncé d'avance; des affiches iriilnjUident la matière, le lieu et l'heure des leçons ou lectures. C'étaient, on le voit, des conférences publiques, semblables à celles que donnait Platon dans les jardins d'Académus, plutôt que de stériles dissertations dans un cercle de littérateurs comme on le fit au début de la Société del Cimento à Florence (1657) , de celle des Arcades à Rome ^ (1690), de rinsUtut de Bologne (101)0), ou de la Philosophical society d'Oxford (1645). On peut aussi comparer cet essai d'enseignement supérieur, religieux, littéraire et scientifique, aux grandes écoles d'Allemagne, analogues ellesmêmes à nos Facultés, et qui ne sont qu'une ' faible imitation de Tenseimement public au moyeii-â^e.Les professeurs de l'Académie d'Annecy ays^ienimvsBiond' enseigner lnen,beaucmff et eu peu de ^emps. Cet article du règlement était <rune pratique trop malaisée pour ne pas tomber en désuétude; et l'Académie ilorimontane ne lit ni plus ni mieux que ses sœurs de pro-
* Le développement Uu géoin et de l'esprit n'aar^is, étoincmnicDt logique et vulgarisateur, est le but vers lequel tout converge dans ce plan d'eludes. Quant mix sciences appliquées,
riddc sera reprise p;ir les pères ilo rOratoiro, en 16M0,dans leur rnllt^ge de Juilly.ri, en 1043, par les ^olitnirej; de Port- >Hoy.il ptjur leurs petites écoles.
vince dont Voltaire écrivit l'histoire en treize mots. La Compamie ^étahlit de la sorte, dit un des biogi aphes de saint François de Sales % et le prélat en tira tous les avantages quHl s'étoit proposés. Mais les travaux de la Société sont perdus. Il serait intéressant de retrouver la liste des fontlateurs, celle des conférences, le choix des sujets^ et d'étudier si cotte institution, à deux pas du centre intelli^eut et du foyer de Genève % n*avait pas une haute portée poliliquc. Un émiiieiit critique, familier avec tous ces délicats problèmes de rérudition, pense (jue, dès iOlO, au départ rrAntoine Favre, TAcadémie ralentit ses réunions et que la mort de l'évêque, en U)22, lui causa lui dernier préjudice, si toutefois ù cette époque elle subsistait encore \
L'opposition que l'évêque de Genève rencontra, cnaque fois qu'il osa heurter les préjugés du siècle, est une marque de la pureté de ses vues, de la droiture de son cœur. Il scandalisait les Capucins par la façon dont il comprenait la conversion du Ghablais; il scandaBsait
* MarsoUier. Tome I, page 438. Bdit Didot.
* Où il y ayait toujours des cathoUqnea» anrtoat parmi le peuple ; où le» eapneine reeevaient d'abondantes amnônes ; etc.
^ Saiate-Bènve. Hist. de Port-Royal I. 2*70. Edit. de 1867. Trente ans pins tard, Richelieu cn'nit l'Aradémie française qui procède des Académies itaiieuaes, provençales et langucdot-ienues, comme l'attcsteat les litres de son établissement. Vangelas y apporta pent-Stre le souvenir de oe prâlnde d'Annei^; mais avec le scrupule excessif du grammaiifen plnfôt que par les grâces familières et les libertés heurenses de ce style à la bonne et fine fleur gauloise, dont son enfance avait dâ élre nourrie, Henri de Savoie, duc de Nemours et Suzerain du Genevois» aecepla le titre de prince de Ti^adëmie florimontaoe ; Charles-Emmanuel en approuvait les statuts à la condition que le choix dee membres fût aownis à son conurdle*
le prince paï* Fessai des écoles d'adultes dont l'Académie ilorimontane était le prétexte; il scandalisa Fépiscopat par sa tentative de réforme des couvents de femmes. Le courant d'idées du siècle, les débats religieux, la tournure d'esprit des gens du inonde, les mœurs, la législation, tout se réunissait pour contredire et contrarier les instincts de nouveauté de Fapdtre. Dans la défaillance de la foi, dans le renouvellement des intérêts politiques , il fallait qu'à défaut de principes admis sans conteste, le frein du passé retînt le présent. Saint François de Sales voyait un péril pour TEglise dans l'esprit qui animait les ordres monastiques, bien déchus déjà de leur primitive noblesse. Entre les danc^ers <le la cl()titre, 1 abus delà commende et les tristes résultats du désœuvrement, révt que de Genève eut pour dessein de créer une association de femmes saintes, de tout âge, de toute condition, liées par la charité plus que par des vœux, destinées à servir Dieu par une active sollicitude tout autant qu'avec la prière. Visiter les pauvres, panser les malades, catéchiser les enfants et les vieillards, et surtout toucher les plaies secrètes le prêtre est inhabile, où l'homme devient impuissant, raffermir Tesprit de famille, réchauffer le foyer domestique^ confier aux mains discrètes de femmes instruites cet obscur et magnifique apostolat, tel fut, si on l'étudié dans toutes ses phases, le vaste projet du Saint. Il ébranlait trop de préjugés, il menaçaittrop d'abus pour réussir *. Quand on apprit que sainte
* ht eardinal âe Marquemont, areheyèqne de Lyon, empêcha que rinstitut fût approuvé à Rome ; les statuts primitifs foraot oomplèlement chûigés (16X5 16ia) ; il n'y resta prêt-
Chantai consentait à substituer le silence de l'adoration perpétuelle à la visite des pauvres, ce fut un véritahle enthousiasme ' ; les obstacles tombèrent comme par enchantement; Fidée hardie de l'apôtre, accablée par la routine, était morte en naissant. Toutefois, les idées de saint François sur Taumône et l'éducation ne furent
«oint entièrement perdues pour la charité. Ses isitandines sont les mères des sœurs de Saint- Vincent de Paul. La duchesse de Mantoue, fille du duc Charles-Emmanuel, prit l'ordre sous sa protection ; plus tard, les régentes Gbresttenne de France et Jeanne-Baptiste de Nemours réa- ' lisèrent, par des mesures lérislatives et de riches fondations, une partie de ce vaste et délicat problème de Tassistance publique qui, depuis les premiers siècles de l'Eglise, a préoccupé les meilleurs esprits de la Savoie ^
Ce rapide aperçu de IVeiivre du saint cvêque prouve quelle influence générale et persistante il exerça sur le pays au milieu duquel il vécut. Ses ensei<incments et ses fondations présentent un admii able caractère d unité doctrinale et do vues pratiques : la charité et le travail sont les instruments que Dieu met aux mains des hommes puur faire avancer vers le bienThumaMité, vaste liaï uionie où tout s'accorde, s'appuie, s'équilibre et s'eidr'aide. En haut, la religion qui tient l'âme dirigée vers l'idéal; en bas, le lien de la discipline qui empêche le corps social de
que rieu de Tiiléu uière (Uisl. de suinte Chantai d'aurèn les doeumentt inédits, par rabbé Bongaud). Remarquez-le, aon
échec à Rome coïncide avec le mécontentement de Charles^ Emmannel et les essais d'éducation populaire à Aonecy.
* L'abbé Bougaud. Loco citato. Tome I. 524.
* Voir, ci-aprto, le cbapitre XIY,
se dissoudre, la famille qui reste la sul»stance de la société, le travail qui en est la vie et le nerf. C'est à tous ces titres que saint François de Sales laissa dans les mœurs une empreinte durable, la plus énergique peut-être, et la plus délicate à coup sûr, que le génie d'un liomme ait jamais imposée à une société civilisée * .
* J'ai développé ces idées dans une étude inédite sur l'Àpogtolat de saint Francis de Saks en Savoii, dont je détache le passage suivant :
« Tout le géuic de saint t'rançoiâ de Sales est dans son cœur de chrétien. U avait, pent-oîi dire, une de ces AmeB dé~ lirates qui, pareilles ù un parfait instrument de musique, vibrent d'elles-mêmes au n)ointlre attouchement. 11 possédait au plus haut degré ce don de la sympatliic qui groapait autour de lui, aane effort , les esprits rebelles on preVenas. Les tendresses exquises, l'abandon demi-féminin de cet orateur persuasif, de ce fécond écrivain, de ce causeur inimitable, ont laissé une empreinte profonde dans le pays où il a vécu -, ses contemporains n'ont pas seuls senti le charme et snbi Tétreinto fascinatrîce. Notre siècle est encore séduit par ces grares pénétrantes, en\ î înppé dans les ofTnsions de celte rbririté qui, hardiment et voloniiors, drscendait des sereines hauteurs de l'enseifînonienî pour donner au monde, jusque dans les détails que dédaiguau la brillante et sensuelle société du XYlle siècle, la forte leçon de Vesemple. »