‹ Histoire de la SavoieChapitre 15 sur 36 · XII. 39. Edition du · texte numérisé non relu

XII. 39. Edition du

* Aliterli. Storia di Sospello. Parte II. cap, XI IL

■ Diedo. Storia délia Reppublica di y'enexia. 111. Lib. III.

* Fiochetto. Trattato délie peste del IG30 in Piemonte. Celle que Manconi p«int dans lea ^fomttH tpotù

tueuse et irascible jeunesse'. On le voit de piulii, (le nirine qu'où ne le devinait jamais qu'à demi. H a les cheveux et la barbe courts, la mousUiche au vent comme tous les princ( s militai les de sa maison. L'œil est vif, le fronl o])stiné ; la lèvre, sensuelle, cache des dents de béte fauve ; on ne sait s'il va sourire ou s'irriter ; mais on devine que sa colère sera terrible ou sa grâce irrésistible.

Sa mauvaise ibi devint proverbiale en un temps où Ton avait peu de souci de la parole jurée ; il faut remarquer, toutefois, cjua ceux qui Faccusèrent avec le plusd' indignation furent ceux-là mêmes qui provoquèrent ses défaillances ou en tirèrent profit. Ma casaque n'a pas éPenverSy disait-il à don Pédre, mais elle eû de deux couleurs ; voulant exprimer çar là qu'il était prompt au changement ; aussi redoutaitil trop chez autrui ce dont il se sentait capable lui-même*. Il avait horreur du repos^ et ne sembla jamais mieux à Taise qu'au milieu des périls les plus multipliés et des complications les plus hasardeuses. Un Etat ne se maintient que s'il est en action de croître, disait-il ; l'exagération de cette idée l'entraîna dans une série d'aventures où il compta trop sur les fautes de ses adversaires, pas assez sur la justesse de ses plans et la solidité de ses alliances. II faisait

' Sou porlrait du Musée de Chambéry le représente rose et pâle, languissant et attentif ; on hésite, à le voir, entre un mi> gnoo d'Henri III oa un page des Médicis. Cette peintnre, signée Cnrrachio et datée de 1580, est an cheM'œavre trop

peu connu.

s II -îo pr»rf f» à de iVu lieuses e^■tré^^lit^':^ i nuire des personnes de condition dont la fidélité était irréprociiubie, dit Guichenon fSoxiok* II. 866). Se rappeler l'effair^ de Jacqueline de Hontbel (1599) et les lettres de saint François de Sides(1616).

peu de cas des hommes et B*y voyait que des mstraments ; prodigue plutôt que libéral, il donnait avec une hauteur qui marquait tout ensemble le mépris du don et rindifférence de la personne. Résumanten lui seul le droit et la justice, il disait avant Louis XIV : l'Etat c'est moi ! quaiid il se vantait de tirer par un éâit tout Vargeni do la Savoie, et de compter autant de soldats que de sujfe/s.Inloiéraut, parce qu'il n'admettait pas une liberté qui fût à l'abri de ses caprices : injuste, parce qu'il sacritiait tout aux nécessités du jour et de Theure ; inconstant, parce qu'il ne représentait que l'intérêt immédiat et variable de sa dynastie, le dnc Cliarles-Emmanuel, s'il eut les brillantes et dangereuses vertus de l'homme de guerre ou du diplomate, ne posséda point assez celles du prince ' .

Il ne mérite pas les éloges austères de l'histoire ; mais son caractère inflexible, cette vigueur qui ne se démentit jamais, ces ressources hardies qu'il puisait au miUeu des désastres, font du duc Charles-Emmanuel un type puissamment original, qui participe à la fois de Waldstein et de Ricnelieu. Il mourait à soixante-huit ans, après en avoir régné cinquante. Il est malaisé de supporter pendant un demi siècle la responsabilité du pouvoir suprême. II faut des aptitudes de corps et d'esprit^ bien

* Guichenou remarque avec uAeclation qu'il imita la légèietë d'Henri IV, matf sans chercher sss amies ailleurs que dans les plus grandes maisons, et qu'il eut vingt enfants reconnus, dix de l'infante Catarina, et dix des autres. — Saint François de Sales a dit de lui quil était très habile selon les hommes» et un perdu sdonlHeu (MHn, pour servir à Vhist. de Pori^Roifal* Utiecht. 174S. — tome 11. 301.)

* Il s'étaH formé une riche culIecUon de gravures rares, de manuscrits grecs, latine, arabes et de marbres antiques. Jamais

variées, une force d*àme singulière, une étonnante souplesse, pour répondre successivement aux intérêts de trois générations, pour tenir tète, Tun après Fautre, aux capitaines les plus heureux, aux diplomates les plus déliés du siècle : Lesdiguières, Sully, Henri IV, Philippe II, Santa-Crux, Spinoia, Olivarès, Richelieu. Il y a, dans cinquante années de responsabilité politique, assez de surprises, d'accidents et de fatalités pour user trois princes. Que doit-on penser de celui qui put se flatter un instant de monter sur le trône de France ; qui rêva le royaume des Alpes, et eut la pensée de reprendre Genève aux Protestants. Tile de Chypre aux Turcs, Gênes aux républicains, le royaume de Portu^ à l'Espagne, TEspagne ellemême à la Maison d'Autriche ; qui disputa l'empire à Ferdinand et lui ravit un instant la Bohême ; qui, se passionnant trop tard pour les libertés italiennes, convoita la pourpre cardinalice pour se faire pape ' et jouer le rôle d'un Félix V moins irrésolu, d'un Pie V plus heureux ou d'un Clément VIII plus hardi; qui, enfin, vit briller à ses yeux les couronnes de Lombardie, de Lii^urie, de Corse, et ne succomba épuisé, trahi, serrant d\uie maiu eonvulsive son iiii puissante épée, que lorsqu'il eut fatigué son peuple à le suivre, et l'Europe à le détester!

îi ne ût un voyage ou ne parUl pour l'urméc sans ouipoiter dea livres.

* Voir l'&hhè ViU. Siri. — (Memorie recondile. 1 et 111). — Moraton. (AnnaU d'Italia. II. comfe de Salaces. fBist,

milit. TH.), el surfont; AR. CH. C. Comptes des trésoriers généraux et des contrôleurs des gnerres, (Missions U'AUema-» gne ; secours aux BoU<^nies ; elr.)

Victor-Araédée * , retranché à Savillan , ne put résister aux attaques simultanées des Génois et de trois armées françaises aui, menaçant Turin'^ le forcent à s'y jeter et le coupent des Impériaux. diète de Ratisbonne amène la trêve de Riva ; mais, en Allemagne comme en Italie, les efforts de Richelieu sont comprolius par rimpatieiice des armées. L'armistice expirait le 26 octobre ; les armées combinées se seraient heurtées sous les murs de Casai sans Fintervention chevaleresque (Vil stijnor Giulo Mazarini, comme on disait alors, les arrêtant d'un coup de chapeau, au péril de sa vie. La peste de Turin, la maladie de Louis XIII à Lyon, puis la journée des dupes (11 novembre 1630) retardèrent l'issue des conférences. L'énergique main de Richelieu réussit enhn à briser la coalition; en Autriche, le capucin Joseph décide Tempereur à reconnaître le duc de Nevers comme héritier du Mantouan et du Montferrat et siçne avec Gustave-Adolphe le traité qui livre l Allemagne au héros au Nord (Berwald , janvier 1631); en Italie^ VaJ)bate Mazarini rédige la convention de Cherasco (6 avril) qui rouvre aux Français , par la remise de Pignerol^ cette porte que leur avait fermée le traité de Lyon; Casai et Ghambéry sont restitués.

Depuis cinquante ans, la Savoie ne respirait plus ; il lui sembla renaître avec la paix de Che-. rasco et le printemps de 1631.

' Né à Turin I le 8 mai 1587 1 son frère ainé» PliUibert, Diourut en Espagne en 1605.

* Le marëehalde Scbomberg força les redoutes d'AvcillaDe, défendaes par un gentilhomme de Savoie, M. do Manuel, qui résista, derrii^re des épaulemeats de torroi à neuf jonrs de tranchée ouverte.

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