‹ Histoire de la SavoieChapitre 9 sur 36 · SM»16Û · texte numérisé non relu

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moyens extrêmes que lorsqu'il eut épuisé [mites ses ressources, poursuivi ses débiteurs à Fétrani-'er*. aliéné son domaine et ses rêvenus J)e cette époque <iate ia création du mont de piété de Thonon, rendue nécessaire par la misère publique \ l.a paix seule aurait pu cicatriser ces phv/es saignantes ; mdLÏs elle devait à peine durer deux ans. Si, pour apprécier la condition des populations de la Savoie à la fin du XVI^ siècle, on hésite à accepter les témoignages des chroniques contemporaines, continuons à nous renfermer dans T étude des documents officiels. Jamais, depuis la disette de 1477*, la misère n'avait été plus grande. Il y avait un demi-siècle que la peste désolait le midi de l'Europe^ faisant de temps à autre de subites et terribles aDparitions dans la région des Alpes. En 1530, Genève et les rives

* Le 23 septembre uiandat au âéaaleur Cavet de 6p traDsporter dans les provinces d'ÀHemagod, Pays-Bas , Flandres» Bourgogne, Aulricho. France, Lorraine, pour y retirer,

par justice ou par accord, des sujets flo S. A., vassaux censifs ou taiilables, les servis ot droits qui lin sont dus. (AR. CH. C.)

' Contrats avec la dame d'Urlé et d'aulrcs pour ia terre de Meximioux, la baronnic do Salncuve, la seigneurie de Virieu, la eassine de M'"* de Raconis, etc. (Aieh. do Sénat. Reg. XXIII ot XX lY. 47 et 42.) — Vente par le duc de son revenu de Tarentaise, valant, d'après les baux à ferme, 1,571 érns d'or pistoletg et 3 florins de Savoie, à Chabod de Jacob, i>ous grâce de rachat perpétuel, pour le prix de 25,000 écns d'or. (Protocole da notaire Pompée Bmiset.)

* 19 novembre 1598. Cet établissement officiel de prêt sar gage fut entretenu par une taxe de deux florins sur chaque tonneau de vin vendu en Chablais. Le tonneau appelé char contenait liuU sciiers. (R. XXVill. 223). Le pot de vin ou d'hnile s'appelait quarurm à Thonon ; le tonneau valait SCO pois de MoBlmélian, 940 de Chambérjr, on 445 liiret.

* Pendent laquelle la conpe de blé valait sept fta/rint, (Re^

du Léman sont affolées de terreur*; de 1554'' à 1570, la contagion no cesse de décimer les villes ; elle sévit dans la vallée du Rliune et le Jura, de mars 157i à juin 1576; les bour- ••eois de Bourg, épuisés, empruntèrent à Lyon 1,200 ducats, a 12 0/0, pour faire face aux approvisionnements de la cité et ne furent soutenus que par Fénergie de leur syndic Ribod; les registres sont muets de 1576 à 1582, pendant mie cruelle période de cinq années. En 1580, la peste ayant envahi la Savoie par les vallées du Piémont et par celles de Flsère et du Rhône, le duc institue à C!hambéry le mor gi$tr€d de la $an(^, tribunaP chargé de pren* dre toutes les mesures utiles pour le maintien de la santé publique. La contagion se développe avec une telle intensité que, le 31 octobre 1587, le Sénat fait publier à son de trompe, dans les rugs de (Ihauibéry, le ré^^dement dont je résume ici les dispositions essentielles.

€ Comme le malbeur des temps, etc., outre la malice de plusieurs qui, poussés du mauvais esjpritf 9e seroieut moliés d€ tant que d'attenter à la vie d'une infinité de personnes par engraissement^ et mpoimnnemenl. otc; —il sei*a l'ait des prières publiques, trois fois le jour,

* Voir le curieux procès du «emeur d« peste àlichol Gaddo2.

- La peste fit sa première viclime en Bresse» le 4 oovembrc 1554. (Registres de Bourg.)

^ Les attributions de oc tribunal lurent cooûées au conseil d'Etat le 1*^^ août 1583 ; puis le magistrat de santé rétabli le S6 avril 1588. (S. Reg. XXIV, folio 262.}

* Un mandat dn eonseil d'Etat suppléant le conseil de santé.

(lu 19 juin 1587, alloue cinquante florins pour achat de bois, paille et soufre, nécessaires à l'exécution de Claude Robat, semeur de peste, (Àrch. Ch. des comptes.; En 15C7, le sénateur Baltaad avait été chargé dMnformer à Saint^Jean de Hanrienne à Poeeumn de etrtaines smmeei de pntt, (R. do Sén. IX. 62).

à rheure de TAngeltis ; chacun, sans exc«|>lion9jeûaen trois fois la semaine, pendant quarante jours. Ordre i

aux vagabond*^, fainéants et (étrangers de vider les Etals dans les trois jours, à peine dp !a harl pour le^i vagabonds, du fouet pour les porte-balle? «'l merciers. Ordre à tous en l('^i;is(if|ues qui lèvent des dîmes de distribuer aux pauvres une part de ce revenu avfsi forte ffu'H sera juste ; après eux, pareille anmAne sera faite par les habilauls aisés des lieux barrés à cause de la contagion ; s'ils ne le fant de bonne grâce, ik y seront contramU, Mettre des gardes aux portes et n^en laisser qu'une ouverte pour la visite de ceux qui entrent et sortent ; défense de circuler sans un billet du magistrat. Dans les villes, ordre de dresser par quartiers et par rues le rôle des habitants qu'on distribue par dixaine ; chaque matin, le dizenier fait descendre tous ceux dont il a la charge; s*il y a im absent ou un malade, la maison est î)an'ée et les habitants sont conduits aux cabanes' des pestiférés. Quiconque refusera de sortir de sa maison pour aller aux cabanes sera tué aussitôt pour éviter un plus ^Tund dommage. Les cureurs ieroiit, dans les maisons infectées, les fumigations habituelles, et brûleront lus meubles. On ira deux fois le jour aux cabanes porter Teau et le pain; ceux qui essayeront de sortir de Tenclos seront arquebuses. Défense aux valides de s'assembler, soit aux tavernes ; soit à la fontaine ; d'aller la nuit par les rues sous peine de lahart pour les vilains, de trois tours d'estrapade pour les autres; etc. »

Toulet^ les villes de la Savoie étaient barrées ; on ne voyageait plus qu'en troupes nombreuses et bien armées pour résister aux attaques des paysans qui coûtaient sus à Tétranger. L'arbi-

^ Du 8 juillt-f an 20 novembre 1587, 365 maisons infectées par la contagioa furent murées à Chambéry; il y mourut 1,188 pertomiefl; 18 malàdet Aitent laissé en qnaranftiDt dans les cabanes da Terney. — Certificat du tj/ndics du 5 janvitr 1688, à la immiit du fmeil dEtàt, (Manuscrit 2430.)

traire et la violence servaient toutes les mauvaises passions; les régiments espagnols etna-

Eolilaiiib étaient plus redoutés encore que les uguenots de Lesdiguières; les soldats des milices eux-mênits traitaient parfois leurs compatriotes comme des vaincus. En 159J , Cliabod, juge-mae^o de Savoie, et Duverney, audileur des camps, sont délégués pour informer summairemenl contre les voleurs, assassin^, incendiaires, tant fie gens de guerre que d autres imgabonds , et en pnrger le poi/s. De 1592 à i599, des peines sévères sont édictées contre les syndics, procureiu's et autres qui ont prévariqué lors des levées de subsides ou réquisitions, ainsi que contre les seigneurs qui exigent de leurs vassaux au-delà de leur dû. Les sena* teurs et maîtres des comptes, Crassus, Favre, Empereur, de Lespigny, etc., finent fréquemment chargés dlnl^rmer pour de pareils faits; les enquêtes aboutirent toujours au payement de l'ortes amendes au profit du prince Jamais à la restitution des deniers ou biens spoliés. En 1601 , le nombre des accusés détenus dans les prisons de CSiambéry était tel cjue, faute de place et de pain, il fallut s'en débarrasser au plus vite; le Sénat siégea matin et soir, même les jours de vacances, pour juger au criminel'.

* Toutes les fois que le gdin^ral des galères du duc de Savoie manquait de rameurs» on ramastaU ht nupeetsf il n'y

avait plus d'exéculion h mort que pour les cas olrocc s.et lous les (Tïniincls étaieut dirigés sur "Skc. Après la paix, nouvelle coiiiiaulation de peine, des galères eu bannissement, pour évUer deiioiirrirde8hoiicIie8in.ii(iTes ; on appelait rela rappif dti berne.

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