DÉVELOPPEMENT SPONTANÉ
constances, auraient produit une fièvre catarrhale, peuvent déterminer la scarlatine.
Malgré l'autorité des praticiens que nous venOns de citer, reconnaissons qu’il est très-difficile de prouver d’une manière rigoureuse la spontanéité d’un cas isolé de scarlatine. Il est souvent impossible, malgré les recherches les plus exactes, de découvrir le point de départ de la contagion ; mais on concevra que ce résultat négatif a trèspeu de valeur si l’on considère la volatilité du principe scarlatineux, la longue durée de sa puissance infectante, et l'intervalle quelquefois considérable qui s'écoule entre le moment où il pénètre dans l’organisme et celui où il révèle sa présence par des symptômes extérieurs.
Quoi qu'il en soit, M. Janin de Saint-Just ‘ prétend que la scarlatine spontanée se déclare plutôt pendant les chaleurs d’un été très-pluvieux que dans le cours d’un hiver très-froid; dans les pays voisins d'eaux marécageuses que dans les lieux élevés ; plutôt chez les personnes d’un tempérament lymphatique, qui ont peu de force, mènent une vie oisive, sédentaire, que chez celles qui sont douées d’un tempérament sanguin,
4) Dictionn. des sciences médicales en 60 vol., 1826, t L, p- 121.
54 ÉTIOLOGIE.
fortes et très-actives. Pflug' et Chambon” regardent la suppression de la transpiration comme la cause unique de la scarlatine. &« La matière de la transpiration répercutée, dit le dernier de ces auteurs, estun levain assez actif pour occasioner dans le sang l’effervescence capable de donner naissance à la fièvre ; et c’est par une espèce de dépuration que le sang se porte à la peau pour former l’éruption. » Seifert® partage les mêmes idées, mais d’une manière moins exclusive; et il ajoute : « Si une constitution atmosphérique chaude et sèche favorise la propagation de cet exanthème d’un individu à un autre, il est de remarque qu’un temps froid et humide, surtout à la fin du printemps et au commencement de l’automne, favorise le développement de la scarlatine spontanée. » Morton avait déjà dit, il y a long-temps, qu’indépendamment de la contagion, la scarlatine pouvait être déterminée par les intempéries : « Ambientis » aeris injuriis sive frigore in poros cutis admis- » so*.» Fuchs et Schœnlein” pensent que la scar-
(1) Plenciz, vom Scharl., übersetzt von Pflug. Koppenh. u. Leipz., 1778. — (2) Maladies des femmes, etc., an vrr, t. 1, p. 254. — (3) Nosolog. therapeut. Bemerkungen über die Natur, etc., Greifswald, 1827, p.18. — (4) Opera medica, Lugduni , 1737, t. 1. Tract. de febribus inflammatoriis, p.28. — (5) Analect. der Kinderkrankheïten. Stuttgart, 1837.