‹ Histoire de la scarlatineChapitre 14 sur 72 · INOCULATION · texte numérisé non relu

INOCULATION

résultat. Nous reviendrons sur cette opération quand nous parlerons de la prophylaxie. Nous nous bornerons pour le moment à citer une observation curieuse du Docteur Harwood, de Cambridge, dans laquelle la scarlatine parait s'être inoculée accidentellement : & M. N. ..... était atteint de la scarlatine avec un délire violent ; la peau s’était ouverte en plusieurs endroits, et donnait issue à une matière ichoreuse. Il était soigné par un pauvre homme qui, peu de temps auparavant, s'était coupé la main avec une bouteille cassée ; et, le malade faisant de fréquents efforts pour sortir de son lit, la main blessée dut souvent être appliquée sur le corps. Cette circonstance arriva le vendredi soir; le jour suivant, la main de cet homme s’enflamma et son bras enfla; le lundi, il fut attaqué de la même fièvre que celui qu'il soignait, et mourut le mercredi suivant au matin. »

Éprrnémres.—Lascarlatinerègne presquetoujours d’une manière épidémique, quoiqu’elle soit plus

(4) Darwin. Zoonomie, trad. de Kluyskens, Gand, 1811, D. 458.

60 ÉTIOLOGIE.

souvent sporadique que la rougeole. Elle présente alors souvent des particularités qui lui impriment un caractère spécial. Certaines épidémies sont remarquables par la fréquence et la gravité de quelque complication importante : angine, anasarque, parotides, otorrhée, douleurs rhumatoïdes, etc. D’autres se distinguent par la fréquence de quelque phénomène secondaire particulier, tel que : une sensation de pesanteur à l’occiput (Essex, 1770) ; des maux de dents violents (Halle, 1764); une sensibilité extraordinaire de la peau (Wittemberg, 1800); des hoquets (Upsal et Stockholm, 1741), du tenesme et de la dysurie (Halle, 1764); une toux férine suivie de péripneumonie (Chälons-sur-Marne, 1751); l’'ulcération des parties génitales (La Haye, 1748); la présence d’ampoules extrèmement douloureuses sur les côtés et à la base de la langue (Birmingham, 1778); une expulsion abondante de vers par l’anus et la bouche (Céphalonie, 1763); des accès de fièvre rémittente (Entrecastraux, 1809); une sensation de raideur au bas-ventre et d’engourdissement aux lombes (Kænigslutten, 1799), etc.

La scarlatine peut offrir, suivant la constitution épidémique, tous les degrés de gravité possibles, depuis linnocuité d’une piqûre de puce,

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