‹ Histoire de la scarlatineChapitre 19 sur 72 · PÉRIODE D'INVASION · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'INVASION

pour les aliments excitants, et que souvent il ne peut supporter l'odeur de la viande, du vin, etc. La soif est ordinairement très-vive. Les évacuations alvines ne présentent rien d’anormal, quoiqueen généralil y ait plutôt tendance à la constipation * qu’à la diarrhée, cette dernière n’ayant été observée par MM. Rilliet et Barthez que deux fois sur quatre-vingt-sept cas. L’urine présente au contraire des modifications importantes : elle est jaune ou pâle, très-rarement rouge, et, après un repos de quelques heures, elle présente un sédiment blanc muqueux qui devient plus abondant dans le cours de la maladie, et donne à l’urine une apparence particulière. Quelquefois il y a dysurie dès le début; l'urine n’est émise qu’en petite quantité ou goutte à goutte, avec sensation dé brülement et de douleur, et alors elle ne tarde pas à se troubler. Quelquefois il y a un flux de mucosité ou anurie complète. Ces symptômes, du resie, n'apparaissent le plus souvent que dans la troisième période (Reich).

Les fonctions respiratoires sont rarement troublées. « Interim, dit Borsieri ?, quædam pectoris oppressio, respirationem difficilem atque inæqua-

(4) Chambon. Traité des Maladies des femmes, des files et des enfants, Paris, an vir, t.11, p. 251. — (2) Loc. cit., p. 57.

lem reddens, supervenit, et quandoque tussicula sicca, sed non ita molesta nec constans, ut in morbillis. »

La peau est sèche, aride au toucher, tendue, et souvent le siége de picotements et de prurit'. Quelques sujets éprouvent une sensibilité extra ordinaire de toute la surface du corps, et d’autres uue moiteur continuelle qui ne diminue en rien l’ardeur des téguments *. La face est vultueuse et congestionnée. Les yeux sont quelquefois larmoyants et injectés, principalement lorsqu'il y a de la céphalalgie, et à la suite de vomissements prolongés. Un certain nombre de malades accusent dans ces organes une sensation de graviers, ou une espèce de tension, ou de pesanteur qui rend pénible le soulèvement des paupières.

Heim *, et après lui Joel, ont signalé comme caractéristique de la scarlatine une odeur particulière exhalée par le malade, et qu’ils ont comparée à celle qui émane des ménageries où l’on élève des animaux carnassiers, et des lieux où l’on conserve de vieux fromages et des harengs. Sunde=

(1) Gœden. Loc. cit. — (2) Chambon. Ouvrage précité, t. 17, p. 251.— (5) Hufelands Journal der prakt. Arzneikunde, mars +312.

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