FONDÉES SUR LES SYMPTOMES GÉNÉRAUX
pagnée d’un reste de mouvement fébrile. Enfin, la maladie se juge par des sueurs abondantes, des selles bilieuses, et quelquefois, surtout chez les enfants, par des épistaxis. Il y a pendant la convalescence une grande tendance aux rechutes et aux accidents secondaires; mais le plus grand danger pendant le cours de la maladie vient des phlegmasies locales qui la compliquent, telles que méningite , etc.
Une remarque importante, due à J. Frank, c'est que, dans la variété dont nous venons de donner la description, le pouls n'offre pas toujours la dureté propre aux autres affections inflammatoires; mais qu’il garde quelque chose de cet état faible, obscur et vacillant que ce praticien a regardé comme spécifique, et que Plenciz ‘ soupçonne résulter de la pression qu’éprouvent les nerfs vagues dans la région du cou. Il ne faut pas oublier, en effet, que la forme de scarlatine dont il s’agit n’est point franchement inflammatoire, puisqu'elle est le résultat de la contagion. Quant à la manière dont Plenciz explique la condition du pouls, elle ne saurait s'appliquer qu'aux cas où la scarlatine est accompagnée d’une
(1) Tractatus de Scarlatinà, p. 91.
violente inflammation et d’un gonflement considérable de la gorge ; encore n’observe-t-on rien de semblable dans les autres espèces d’angine, où l'on devrait également supposer la compression des nerfs dont il s'agit.
il est rare que la scarlatine conserve jusqu'à la fin son caractère inflammatoire ; les symptômes sthéniques ne sont souvent que le prélude de ladynamie.
SCARLATINE NERVEUSE, ATAXIQUE, — Dans cette forme de scarlatine, la période d’invasion est ordinairementlongue, et les prodromes mal dessinés. Le malade se plaint de lassitude, d’abattement; il éprouve des défaillances, et quelquefois des convulsions. Le pouls est très-fréquent et petit, la face pâle, les extrémités froides. La fièvre se déclare par des frissons violents, suivis d’une chaleur brülante très-pénible pour le malade, mais que le médecin ne peut percevoir au toucher. Les symptômes cérébraux augmentent pendant l’éruption; il survient du délire, des spasmes; la peau est chaude, mais elle a toujours un aspect terne, flétri. La soif est très-vive. L'éruption est souvent accompagnée de selles cholériformes et de vomissements. L’exanthème est irrégulier, les taches
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sont pâles, quelquefois livides, et ont une grande tendance à la rétrocession. Tous les phénomènes de lataxie se dessinent encore mieux pendant l'efflorescence, et durent jusqu’à la desquamation. Celle-ci marche avec lenteur, et se fait par trèspetites écailles. Les crises sont incomplètes. C’est surtout dans cette forme que les accidents secondaires sont à redouter : il n’est pas rare de voir une scarlatine normale prendre le caractère nerveux à la suite d’un traitement inopportun.
SCARLATINE SEPTIQUE, PUTRIDE. — Cette forme est rarement sporadique; on l’observe surtout en temps d’épidémie, et alors il n’est pas rare de voir le caractère putride se dessiner après des prodromes de très-courte durée. La langue, chargée à sa base, offre sur ses bords une rougeur livide; le goût de la bouche est mauvais; 1l y a anorexie; 1l survient souvent des vomissements de matières bilieuses abondantes ou une diarrhée très-débilitante. La peau est turgescente, trèschaude, le pouls fréquent, large, redoublé, dépressible; l’urine est jumenteuse, sanguinolente, quelquefois noirâtre. L’épistaxis, l’hémoptysie et l’entérorrhagie ne sont pas rares, surtout pendant la période d’éruption. Il survient à la même époque
du délire ou un état soporeux. L’exanthème est assez abondant et régulier, mais les taches sont livides, pourprées ou bleuâtres, blafardes, et entremèlées de pétéchies. Les symptômes de la fièvre putride se prononcent encore davantage pendant l’efflorescence. La desquamation est lente, les crises se font mal, et il y a une grande tendance aux accidents secondaires. Les phénomènes angineux sont généralement peu prononcés dans la scarlatine putride, mais l’inflammation prend promptement un caractère gangréneux qui se traduit par la rougeur sombre et le gonflement des amygdales, par la formation sur ces organes de membranes grisâtres et fétides, par une grande disposition aux hémorrhagies. Dans la dernière période de la maladie on voit apparaitre des pétéchies sur différentes parties du corps. Suivant Braun", qui les a étudiées avec beaucoup de soin, elles se montrent d’abord aux parties génitales, puis aux lombes et le long du dos, puis aux extrémités, mème quelquefois au cuir chevelu. Cet auteur pense qu'elles sont dues à la stagnation sous la peau de matières excrétionnelles qui comprimeraient et mortüifieraient le système capillaire ; car, dans cette variété, les sueurs sont nulles, ou
(1) Bayer. med. Correspondenz-Blatt, 1840, n9 18.
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n ont lieu qu’au début pendant quelques heures seulement.