‹ Histoire de la scarlatineChapitre 5 sur 72 · AGE · texte numérisé non relu

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ries proposées par M. Barrier se trouvent, pour ainsi dire, naturellement en présence : c’est lorsque la scarlatine, après avoir épargné une localité pendant un certain nombre d'années, y ap paraît tout-à-coup sous forme épidémique. Or, dans cette circonstance, les enfants n’en sont pas moins affectés dans une proportion considérable relativement aux adolescents, quoique ceux-ci n'aient, pour la plupart, jamais été atteints de la maladie dans leur enfance.

Le jeune âge joue donc un grand rôle comme cause prédisposante dans létiologie de la scarlatine. Mais cette affection n’en attaque pas toutes les périodes avec une égale fréquence. C’est moins une maladie de la première enfance que de la seconde. Elle nest pas rare chez les enfants à la mamelle; mais, suivant MM. Rilliet et Barthez", elle s’observe principalement de trois à dix ans, et surtout de six à dix ans. Aucun âge n’est, du reste, à l'abri de ses atteintes : car elle n’épargne ni le fœtus ni le vieillard. Baillou paraît avoir constaté dès 1574 plusieurs cas de scarlatine congéniale, si l’on en juge par les passages suivants : « Uxor Bodini septimestrem partum excussit vi

(4) Traité des maladies des enfants, Paris, 1843, t. 11, p. 640.

me

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» morbi, eodem modo maculatum quo mater...

» Duæ uxores excusserunt partus eodem modo » maculatos ".» Depuis cette époque, Ferrario et Tourtual* ont décrit deux cas analogues, dont la possibilité ne peut être révoquée en doute, puisque d'excellents observateurs ont vu des enfants présenter à leur naissance des traces de rougeole’, de variole *, de pemphygus°, etc. MM. Blache et Guersant® n’ont jamais rencontré cette maladie au-dessus de cinquante ans : mais Withering * l’a constatée chez un assez grand nombre de sujets qui avaient dépassé cet âge; et il a remarqué que parmi ceux-ci il y avait beaucoup plus de femmes que d'hommes, ce qui s'accorde avec les résultats obtenus par Clarke, Heberden, etc. Storch* a observé la scarlatine chez un homme de soixante-quatre ans; et Fischer”, chez un vieillard dont il ne dit pas l’âge, mais qui avait

(1) Epid. et Ephem., lib. 1, p 56. —(2) Hufeland’s und Osann’s neues Journ. der pract. Arzneïk., 1826, n° 3, p. 16. —(3) Ledel, Hildanus, Willan, etc. — (1) Wattson, Mællenbroccius, Lanzoni, Wright, Van Spern, Bartholin, Méjean, Bouteille, Mauriceau, etc. — (5) Osiander, Lobstein , Gilibert, etc. — (6) Dictionnaire de médecine, Paris, 1844, t. XXvr11, p. 174. — (7) An Account of the scarlet-fever and sore-throat. London, 1779. — (8) Fheoretischer und praktischer Tractat vom Schariachf., Gotha, 1742, Theor. cas. 13. — (9) Gründliche Darstellung des Scharlachfiebers, etc. In-8°, Prag., 1832; p:10.

ÂGE, 97 déjà subi deux attaques d’apoplexie. En général , quand les épidémies atteignent les adultes, ce n'est pas à leur début, mais seulement lorsqu'elles ont fait des progrès et qu’elles ont acquis de la malignité (Nasse, Thomassen à Thuessink).

Certaines épidémies de scarlatine affectent spéclalement des sujets d’un âge déterminé. Celles de Saalbourg * (1785) et de Washington * (1821) épargnèrent les nourrissons, et n’attaquèrent que les enfants de un à douze ans. Celle de Halle (4818) n’atteignit que les sujets de un à sept ans*. L'épidémie de Hanau (1819) respecta tous les enfants au-dessous de huit mois. À Birmingham (1778), les enfants âgés de moins de deux ans furent presque aussi rarement attein{s que les personnes au-déssus de cinquante ans *. Dans lépidémie de scarlatine angineuse observée en 1841 au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire) par M. Guérétin®, les personnes de vingt-cinq à trente ans furent prises, à peu de différence près, tout aussi souvent que les enfants. Reil a relaté des épi-

(4) Zinke. Dissert. de epidemià febr. scarlat. Saalburgæ grassatæ, 1786, p. 4. — (2) Huntt. Frorieps Notiz. a. dem Geb. der Naturund Heilkunde , 1823, n° 77.— (3) Most. Geschichte des Scharlachfiebers, Leipzig, 1826, t. 11, p. 299. — (4) Withering. An Account of the scartet-fever. London, 1779. — (5) Archives généra'es de méd., juill. 1842, p. 295.

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démies très-malignes qui attaquaient presque exclusivement les adultes. La même particularité a été signalée à Paris en 1762 par Dupuy de la Porcherie .

On a cherché à expliquer la fréquence de la scarlatine dans les premières années de la vie. Suivant Gendrin, elle serait due à l’activité extrème de la circulation et à la perméabilité des tissus ; suivant d’autres auteurs, au développement du système lymphatique. Dæhne”, qui, comme nous le verrons, attribue la scarlatine à l’accomplissement trop précipité d’un acte physiologique analogue à la mue des oiseaux, à la reproduction du test des écrevisses, et au renouvellement de la peau des serpents, admet que la scarlatine règne surtout dans l’enfance, parce que c’est la période de la vie où les animaux changent ordinairement de peau, et où les tissus se réparent avec le plus de facilité.

D’après Kiesser *, qui voit dans la scarlatine un moyen employé par la nature pour perfectionner la race humaine, cette maladie sévirait dans

(1) Journal de médecine, 1765, t. xvurx, p. 496. — (2) Einige Beyt. zur Ætiologie und Cur des Scharlach- oder Hautungsfebers .. Leipzig , 1810 , p. 37. — (3) Ueber das Wesen und die Bedeutung. der Exantheme. Iena, 1812.

AGE. 39 l'enfance, pour atteindre l’homme à l’époque de la vie où il se prête le mieux à l'amélioration physique et intellectuelle.

SExE. — Suivant Stoll', Rayer* et Alibert*, les femmes sont plus exposées à la scarlatine que les hommes : ce qui tient, dit ce dernier, à ce qu’elles ont la peau plus délicate et plus susceptible. MM. Billiet et Barthez “ prétendent au contraire que cette maladie est plus fréquente chez les garçons que chez les filles. MM. Blache et Guersant * pensent qu’elle affecte indifféremment les deux sexes. Jos. Frank, Clarke ?, Heberden * et Sims ”, en faisant la distinction non-seulement du sexe, mais de l’âge, sont parvenus à des résultats qui expliquent jusqu’à un certain point cette divergence d'opinions. L'observation paraît leur

avoir démontré que les deux sexes, jusqu’à l’âge

(4) Ratio medendi, p. 2, cap.apr.— (2) Traité des malad. de la peau, Paris, 1835, t.1, p.210. — (3) Monographie des dermatoses, t.1, p.383. — (4) Traité des malad. des enfants, 1843, t. 17, p. 640. —(5) Dictionnaire de médecine, 1844 , t. XxvIIt , p. 174. — (6) Pathoïogie interne, t. 11, p.112. (Encycelop. des se. médic., Paris, 4837.) — (7) Observations on fevers and on the scarlet-fever. London , 1780. — (8) Commentarii de morborum historià, Francof. , 4804, p.15. — (9) In Memoirs of the medical Society of London, vol. 1, p. 458.

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de vingt ans, sont également sujets à la scarlatine; mais qu'à partir de la vingtième année, les hommes y sont moins exposés que les femmes.

Chambon ‘ a aussi remarqué que les femmes conservent beaucoup plus long-temps que les hommes une disposition à être affectées de la maladie dont il s’agit. Cette fréquence relative de la scarlatine chez les femmes adultes ne pourraitelle pas s’expliquer par cette circonstance, qu’elles s’exposent à la contagion en soignant les malades ?

Bicker * et d’autres auteurs prétendent que les jeunes filles sont particulièrement sujettes à cette fièvre éruptive peu de temps avant l’établissement de la menstruation. L’irrégularité de cette fonction a été également signalée par Stoll * comme une cause procatarctique de la scarlatine.

J. Frank assure que la variole et les autres maladies dela peau, au nombre desquelles il faut probablement mettre la scarlatine, sont très-rares chez les castrats *.

(1) Traité des maladies des femmes, etc., an vix, t. 11, p. 253. — (2) Sammlung auserlesener Abhandi. zum Gebrauche pract. Aerzte, t.1xX. — (3) De cognosC. et eur. Febribus , Parisiis , 1787, pars 2, p.190.— (4) Pathol. interne (Encyclop. des sciences médicales , Paris, 1837, 11, p.77.)

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