‹ Histoire de la scarlatineChapitre 6 sur 72 · TEMPÉRAMENT. A · texte numérisé non relu

TEMPÉRAMENT. A

TEMPÉRAMENT. — La scarlatine attaque principalement les sujets lymphatiques , dont la peau est fine, irritable, les hommes à fibre molle, les enfants blonds, pâles, et doués d’une intelligence précoce. Cette assertion de Broussais”, qu'on l’observe le plus souvent chez les individus d’un tempérament sanguin, ne me paraît pas exacte.

DisPosiTion MORALE.—La peur joueun si grand rôle dans l’étiologie de quelques maladies épidémiques, que an Helmont l'a presque identifiée avec la contagion, et que Gaubius se demande si les peureux ne seraient pas seuls attaqués des affections de cette nature. Un médecin hollandais, Thomassen à Thuessink *, est porté à croire que les prophylactiques vantés contre la scarlatine agissent uniquement par l'influence salutaire qu'ils exercent sur l'imagination du malade. Nous croyons qu’on à beaucoup exagéré l'importance de la crainte comme cause procatarctique dans la scarlatine : car c’est à un âge où les sujets y sont

(4) Stoll. Aphor. de cogn. et cur. Febr., n° 584. — (2) Comment. des propos. de pathologie , Paris, 4829, t. 1, p. 263. — (3) Over de voorbehoeding van de scarlatina , etc. Groningue, 1809.

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peu accessibles, que cet exanthème sévit avec le plus de fréquence.

On a expliqué l'influence de la crainte par l'ac= tion sédative qui l'accompagne , et qui facilite l'absorption du principe scarlatineux.

CONDITION SOCIALE. — La classe indigente est toujours celle où les épidémies de scarlatine font le plus de ravages ; ce qui s’explique facilement : car, d’une part, l'encombrement facilite la contagion; et de l’autre, l'absorption du virus est facilitée par l’état de débilité résultant, chez les sujets de cette classe, des mauvaises conditions hygiéniques auxquelles ils sont soumis. Dans beaucoup d'épidémies, notamment celle de Greifswald (1827) ‘, la maladie n’attaqua les gens aisés que lorsqu'elle fut parvenue à son apogée et qu'elle eut pris un caractère plus malin, plusieurs mois après son début ; et même lorsqu'elle sévit sur les riches, elle se montra toujours beaucoup plus bénigne chez eux que chez les indigents.

LocarirÉs.— Certaines conditions de topogra-

(1) Seifert. Nosolog. therapeut. Bemerkungen über die Natur und Behandl. des Scharlachf., in-8°, Greifswald , 1827, p. 18.

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phie sont si favorables au développement de la scarlatine, que cette maladie semble, pour ainsi dire, endémique dans quelques localités : « Febris » scarlatina nostris incolis admodum adeo fami- » liaris est, ut morbus endemicus dici possit". »

On a remarqué qu'elle était fréquente dans les endroits où l’air circule difficilement, où l’atmo=sphère est chargée de miasmes qui s'élèvent des marais, des égouts et des eaux basses ?

exemple au bord des rivières qui charrient beau-

: par

coup de matières putréfiées, et dont les rives sont à nu pendant une partie de l’année; dans les villages placés au milieu des bois, dans les vallées, etc.*. « Plerumquè grassantur epidemicè et magis » in locis planis quàm montosis, » disait Saalmann”. Mais la stagnation et l'humidité de l'air sont-elles bien en elles-mêmes une cause prédisposante de la scarlatine ? N’agiraient - elles pas plutôt d’une manière indirecte, en donnant aux individus qui y sont soumis cette constitution lymphatique et cette débilité si favorables à limprégnation du virus scarlatineux ?

(4) Finke.. De Morbis biliosis, 8. Munster, 1780. — (2) Guersant. Dictionnaire de médecine en 21 vol., t. xIxX, p.158. — (3) Michael Underwood. Traité des malad. des enfants, Paris et Montpellier, +823, p.101. — (4) Descriptio febris urticatæ , scarlatinæ et pur pureæ. In-1°, Monasterii, 1790.

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Les localités montueuses ne sont, du reste, pas à l'abri de la scarlatine : car Robert" a observé qu'elle était assez fréquente à Langres, quoique la ville soit située sur une montagne élevée.

On a dit que la scarlatine ne s’observait jamais dans le voisinage des salines. Nous ne connaissons qu'un seul fait à l'appui de cette assertion : « La scarlatine, disait M. Hunderlich en 1809, » est encore inconnue à Sulz; du moins personne » ne se souvient de l’avoir observée, et les mères » de famille n’ont aucune idée de ses symptômes. » Cette ville a toujours été épargnée, quoique la » maladie ait sévi avec violence dans les environs. » Ne serait-ce pas l’eflet des émanations qui s’é- » chappent des salines, et qui agissent alors comme » prophylactiques * ? »

SAISONS.—La scarlatine sporadique se montre dans toutes les saisons de l’année. Quant aux épidémies, quelques auteurs ont cru observer qu’elles débutaient le plus souvent en automne (Sydenham, Gardien, Underwood) ; d’autres, qu’elles se

(4) Journal de méd., chir. et pharm de Corvisart, Leroux, etc., t. XXI, p.258. — (2) Topographie der Stadt Sulz, 1809, p. 56.

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